vendredi, septembre 11, 2026

Kirkwood s’impose pour la première fois sur ovale…(vidéos)

Saint Louis, 20h : à l’heure où l’Amérique profonde hésite entre corn dog et troisième bière tiède, Kyle Kirkwood a choisi de faire du ménage. Et pas n’importe où : sur l’ovale de Madison, ce grand ring trapu de 2,011 km qui broie les illusions et les ailerons à la chaîne. Lui qui était jusque-là étiqueté street circuit baby vient d’effacer l’étiquette avec un cutter en gagnant son premier ovale, et accessoirement sa troisième victoire de la saison. Il devient aussi le premier pilote à battre Palou ET l’inertie depuis des semaines. On a connu plus discret pour annoncer qu’on voulait garder son job.

Kirkwood : le nerd devenu gladiateur

Jusqu’ici, Kirkwood c’était le type qui brillait dans les ruelles de Long Beach et de Toronto, mais qui fondait comme un glaçon au Kentucky Fried Chicken dès qu’on le collait à 350 km/h contre un mur. Sauf que cette fois, la Honda n°27 d’Andretti Global a résisté à tout : au trafic, à la pression de Pato O’Ward, à la météo changeante, et surtout à l’effondrement stratégique des ténors.

Un succès dû à un choix de pneus, une stratégie de ravitaillement au poil et un timing de tueur à gages. Résultat : une victoire avec 0”5 d’avance sur O’Ward, mais un océan de symbolique entre les deux.

« Un ovale, c’est ce qui me manquait. Si je gagnais que dans les rues, on allait m’envoyer faire du kart à Macao. Maintenant, j’ai un peu de sécurité d’emploi », a-t-il balancé avec une franchise digne d’un plan de carrière chez McKinsey.

O’Ward deuxième, mais toujours sans solution

Le Mexicain a bien tenté de garder son brushing intact face à la bourrasque Kirkwood, mais sa P2 a le goût fade des podiums en plastique. Pourtant, Arrow McLaren avait sorti les bons outils : un set-up pas trop capricieux et des arrêts propres. Sauf qu’un poil de lenteur au dernier pit stop et une pointe de mollesse dans le trafic ont suffi pour voir le 27 s’envoler comme un ticket de loterie gagnant sous le nez d’un addict.

O’Ward réduit certes l’écart au championnat (73 points derrière Palou), mais il donne surtout l’impression de courir après l’image qu’on lui a promis chez McLaren : celle d’un champion.

Christian Rasmussen, le troisième larron venu de la 25e dimension

Celui-là, personne ne l’a vu venir. Parti 25e, le rookie danois Rasmussen a effectué 62 dépassements, soit autant qu’un UberEats dans une soirée foot. Il termine troisième dans une Chevrolet ECR qui, d’habitude, sert à caler les ralentis pour la réalisation télé.

C’est simple : Rasmussen a roulé comme si son avenir dépendait d’une appli GPS hantée, avec une trajectoire librement inspirée de Mario Kart mais une efficacité clinique.

Penske : cauchemar industriel

Si l’IndyCar était une série Netflix, l’épisode « WWTR » s’intitulerait « La chute de l’empire Penske ». Trois voitures, trois catastrophes.

  • Will Power, poleman, tape le mur au 47e tour à cause d’un pneu récalcitrant.
  • Scott McLaughlin, 51 tours en tête, mais out sur casse mécanique au 216e.
  • Et le pompon : Josef Newgarden, cinq fois vainqueur ici, explose au tour 130, percuté par un Louis Foster un peu trop amateur de carambolages. Bilan : une voiture retournée, des étincelles façon feu de camp, et un Newgarden sonné mais vivant, pendant que Foster cherche encore ses points de repère dans le paddock.

Une triple peine pour l’écurie la plus titrée à Madison, qui ressort avec zéro point sérieux et trois factures de carbone compressé.

Scott Dixon : le diesel ne brûle pas

Quatrième, Scott Dixon a encore joué à l’économe au volant, tentant de transformer un fond de cuve en miracle. Le Néo-Zélandais a bien mené la course à l’économie, en surfant sur la dernière neutralisation, mais la loi de la thermodynamique a fini par s’imposer : 60 tours sur un plein, ça ne passe pas sans un miracle, et Jésus n’était pas sur la liste des engagés.

Il termine tout de même P4, meilleur résultat depuis mars. À ce rythme, il gagnera peut-être une course avant sa retraite…ou pas.

Palou, discret mais toujours leader

Pendant que tout le monde s’excitait à l’avant, Alex Palou a passé la soirée à faire du damage control. Huitième à l’arrivée, mais encore leader du championnat avec 73 points d’avance, il reste l’homme à battre. Moins flamboyant que Kirkwood ou O’Ward, mais toujours diablement régulier, façon rouleau compresseur espagnol qui sourit désormais beaucoup mais ne laisse rien passer.

PosPiloteTeamChrono
1Kyle KirkwoodAndretti02:23:26.7757
2Pato O’WardArrow McLaren02:23:27.3155
3C. RasmussenEd Carpenter02:23:27.6653
4Scott DixonChip Ganassi02:23:30.9822
5Santino FerrucciA.J. Foyt02:23:35.7216
6Conor DalyHollinger02:23:37.0691
7Rinus VeeKayDale Coyne02:23:37.2275
8Alex PalouChip Ganassi02:23:40.8775
9Marcus ArmstrongMeyer Shank02:23:46.7322
10Robert ShwartzmanPREMA02:23:48.1861

Et maintenant ?

PosPiloteTeamMoteurTotal
1Alex PalouChip GanassiHonda335
2Pato O’WardArrow Mc LarenChevrolet262
3Kyle KirkwoodAndrettiHonda260
4C. LundgaardArrow Mc LarenChevrolet221
5Scott DixonChip GanassiHonda206
6Felix RosenqvistMeyer ShankHonda190
7Will PowerPenskeChevrolet181
8S. McLaughlinPenskeChevrolet171
9Colton HertaAndrettiHonda170
10M. ArmstrongMeyer ShankHonda153

Ce GP sur ovale a offert 254 dépassements, un record égalé, et une leçon : Honda est toujours invaincu cette saison, et Kirkwood est tout sauf unidimensionnel à l’instar de Palou qui s’était imposé aux 500 miles. Le championnat, jusque-là soporifique derrière Palou, s’offre un vrai duel à trois entre l’Espagnol, l’Américano-Floridien et le Mexicain.

Prochain arrêt ? Road America, le 22 juin, où les virages remplacent les murs, mais où la lutte pour le titre promet d’être aussi acide qu’une gorgée de Gatorade chaud.

D’ici là, que quelqu’un vérifie que les Penske savent encore faire des voitures de course. Merci !

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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