Après le manège portugais de Portimão, où les pilotes ont joué aux montagnes russes sur deux roues, le World Superbike remet le couvert direction la « Cathédrale de la Vitesse » : Assen, Pays-Bas, du 11 au 13 avril 2025. Oui, ce circuit de 4,542km plat comme une crêpe, mais sacrément rapide, qui a vu plus de batailles épiques que Game of Thrones. 12 virages à droite pour 6 à gauche et évoluant dans le sens horaire, Assen est un monstre sacré de la moto quasiment sans ligne droite pour se “reposer” dans la bulle ! Troisième round de la saison, et déjà, on sent la tension monter comme un pneu Pirelli surchauffé. Nicolo Bulega tient toujours la tête du classement, mais Toprak Razgatlioglu, alias « El Turco », double champion en titre (2021, 2024), lui colle aux basques avec 29 points de retard. Autant dire une broutille pour un mec qui vient de claquer un hat-trick mémorable à Portimão – Superpole et doublé en course, merci bien.

Bulega, le petit prince de Ducati, avait pourtant démarré en fanfare en Australie : Superpole, deux victoires, zéro faute. Mais Portimão a rappelé que Toprak ne plaisante pas quand il s’agit de mettre du gaz. Trois courses, trois duels à couper le souffle, et trois fois où le Turc a laissé l’Italien dans la poussière – ou plutôt dans les gaz d’échappement de sa teutonne. Assen, c’est le prochain chapitre de ce bras de fer, et si Bulega veut garder sa couronne virtuelle, il va falloir arrêter de jouer les gentils. Toprak, lui, veut effacer son zéro pointé australien (une chute bête en course 2) et prouver que BMW n’est pas qu’une marque de berlines pour cadres supérieurs en manque de fightin’ spirit. Avec une seule victoire à Assen (2024, course 2), il part outsider sur les stats, mais vu sa forme, il pourrait bien transformer la cathédrale en mosquée.

Et puis, il y a Alvaro Bautista, l’autre Ducati boy, roi incontesté d’Assen avec sept victoires, dont cinq des sept dernières. Le vétéran espagnol regarde les gamins se chamailler devant, mais ne vous y trompez pas : à 40 ans passés, il a encore des griffes. Assen, c’est son jardin, et si Bulega et Razgatlioglu se crament les ailes, Bautista pourrait bien cueillir les lauriers avec un sourire narquois. Derrière, c’est la foire : Jonathan Rea, recordman absolu avec 17 victoires ici, est toujours sur le banc de touche (remplacé par Jason O’Halloran, un Australien qui connaît Assen comme sa poche en BritishSBK). Yamaha, avec Andrea Locatelli et Remy Gardner, a montré du mieux à Portimão – un podium pour Gardner l’an dernier à Assen, ça donne des idées. Et les Bimota de Lowes et Bassani, ou encore la Honda d’Iker Lecuona (podium 2022), pourraient jouer les trouble-fêtes. Bref, ça sent le chaos organisé.
Toprak, lui, grimpe dans les livres d’histoire. Avec son triplé portugais, il a égalé Carl Fogarty (60 victoires) et n’est plus qu’à trois succès de Bautista (63). À 58,3 % de victoires et 86,1 % de podiums sur BMW, il ridiculise les stats de Ben Spies ou Rea – un extraterrestre, ce Turc. À Assen, il pourrait aussi faire passer la Turquie devant le Japon (62 victoires) au classement des nations. Pendant ce temps, Bautista vise son 150e départ pour Ducati, à quatre courses du record de la légende Troy Bayliss. Et Tito Rabat, sur Yamaha, approche des 100 départs en WSBK. Des chiffres qui donnent le tournis, mais sur la piste, c’est une autre histoire.
Assen, c’est 68 courses au compteur, juste derrière Phillip Island (73), et un terrain de jeu pour les Britanniques (35 victoires). Ducati domine avec 33 succès, contre 15 pour Honda et Kawasaki réunis. Mais ce circuit a aussi vu des premières fois : Chris Walker, Sylvain Guintoli et Nicholas Spinelli (2024, victoire dès ses débuts) y ont décroché leur maiden win. Et Razgatlioglu y a offert à BMW son premier triomphe l’an dernier. Alors, un choc en 2025 ? Pourquoi pas Danilo Petrucci (Barni Ducati), qui revient après une blessure en 2024, ou Andrea Iannone (GoEleven Ducati), quatrième l’an passé ? Les indépendants ont des dents, et Assen adore les surprises.
Pour Bulega, c’est simple : tenir la cadence. Avec 14 podiums consécutifs depuis Aragon 2024, il est sur une série digne de Rea (17 d’affilée en 2016). Une 10e victoire le ferait entrer dans le club des 15 pilotes Ducati à double chiffre – Bautista trônant à 63. Mais face à Razgatlioglu, qui roule comme s’il avait un compte à régler avec le destin, et Bautista, qui connaît chaque bosse d’Assen comme sa cuisine, ça va être une guerre de tranchées. Michael van der Mark (BMW), en terrain connu, rêve aussi d’un podium devant son public – il n’en a raté que quatre en 12 courses ici.
Alors, qui va dompter la cathédrale ? Toprak, avec sa furia turque ? Bulega, avec sa précision chirurgicale ? Ou Bautista, avec son expérience de vieux renard ? Une chose est sûre : entre les lignes rapides, les chicanes vicieuses et les ego surdimensionnés, Assen 2025 va être un carnage magnifique. Ajoutez à celà une possibilité de sable résiduel en cas de vent et vous avez la totale ! La messe n’est pas dite !
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Vendredi 11 Avril | ||||
| WSBK FP1 | 45′ | 10h20 | 12h20 | 15h20 |
| WSBK FP2 | 45′ | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| Samedi 12 Avril | ||||
| WSBK FP3 | 20′ | 09h00 | 11h00 | 14h00 |
| WSBK Pole | 15′ | 11h00 | 13h00 | 16h00 |
| WSBK Race1 | 20 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |
| Dimanche 13 Avril | ||||
| WSBK WU | 10′ | 09h00 | 11h00 | 14h00 |
| WSBK Superpole | 10 tours | 11h00 | 13h00 | 16h00 |
| WSBK Race2 | 20 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |