Elle était venue la chercher et l’annonçait clairement. Elle repart avec. Un an après avoir abandonné son trophée à l’Autriche, la France remporte le SuperMoto of Nations 2026 à St Wendel et remet la coupe à la maison pour la 14eme fois de son histoire. 24 points pour les Bleus, 26 pour la République tchèque et 31 pour l’Allemagne, pourtant installée sur son terrain. Deux petits points. Autant dire que Steve Bonnal, Sylvain Bidart et Raphaël Payet n’avaient pas franchement prévu le déménagement en camion.
Samedi avait donné quelques indices
La France n’avait pourtant pas attendu dimanche pour annoncer ses intentions. Steve Bonnal avait signé le meilleur chrono du Time Practice en 1’02”786 avant de remporter la manche qualificative devant Marc-Reiner Schmidt. Sylvain Bidart complétait le travail avec une cinquième place tandis que Raphaël Payet, treizième, permettait à la France de terminer les qualifications devant l’Allemagne et la République tchèque.

Mais ces points-là ne partiraient pas dans la valise du dimanche. Les qualifications avaient seulement donné à la France la première position sur la grille de Race 1. Le compteur des Nations, lui, repartait à zéro. Et avec trois pilotes engagés dans chacune des deux courses mais seulement les cinq meilleurs résultats conservés, il fallait désormais construire un résultat collectif.
Une première manche sans droit à l’erreur
La première course ne donne d’ailleurs pas à la France la possibilité de dérouler tranquillement le scénario esquissé la veille. Bonnal termine sixième, Bidart quatrième et Payet huitième. Pas de victoire individuelle, mais trois résultats suffisamment solides pour conserver la France dans la bataille. Deuxième à 4 points de la République tchèque, le team France pointe tout de même 5 points devant l’Allemagne. Et c’est probablement là que commence réellement le succès français.
Parce qu’un Nations ne demande pas nécessairement trois pilotes capables de gagner simultanément. Il demande surtout de ne pas laisser apparaître le trou qui transforme brutalement une addition en multiplication des ennuis. Avant la dernière course, tout reste donc à faire.
Bonnal prend les choses en main

Cette fois, Steve Bonnal ne laisse personne écrire le début de l’histoire à sa place. Il prend la tête et ne la quitte plus. Derrière, Marc-Reiner Schmidt reste suffisamment proche pour maintenir la pression jusqu’au bout. Mais le Français conserve 1”079 d’avance au drapeau et signe la victoire dont la France avait besoin. Bidart termine cinquième. Payet onzième.
Et c’est précisément ici que le règlement des Nations prend tout son sens : sur les six résultats obtenus pendant les deux courses, le moins bon est retiré. Le P11 de Payet disparaît donc de l’addition. Restent Bonnal P6-P1, Bidart P4-P5 et Payet P8. 6 + 1 + 4 + 5 + 8. 24. La République tchèque s’arrête à 26.
La coupe change de mains pour deux points.
Une victoire à trois

Bonnal possède évidemment la partie la plus visible du trophée. Dès samedi, il était la référence chronométrique : meilleur temps des essais, victoire en qualification, meilleur tour de cette même course. Dimanche, lorsque la dernière manche devient décisive, il gagne encore. Mais le classement des Nations raconte justement pourquoi cette victoire ne peut pas être réduite à celle de son homme le plus rapide. Bidart place ses deux résultats dans le Top 5. Payet apporte son P8 de Race 1, celui qui reste dans l’addition lorsque son P11 de la seconde manche est retranché. Enlevez trois points quelque part et la République tchèque repart avec la coupe.
Voilà tout le charme cruel de l’exercice.
Les Juniors avaient montré le chemin

Et la Marseillaise avait déjà eu quelques raisons de chauffer ses cordes vocales. Chez les Juniors, la deuxième course produit même un spectaculaire 1-2-6 français avec Melvin Viola, Gabin Pernat et Adrien Sarda. Le classement brut pourrait laisser croire à une démonstration. La course raconte quelque chose de beaucoup plus mouvementé. Viola mène les quatre premiers tours avant d’être dépassé par Eemeli Astedt. Le Finlandais reste devant jusqu’au onzième passage, constamment sous la pression du Français, avant qu’un douzième tour en 1’18”002 ne le fasse chuter jusqu’à la cinquième position. Viola récupère alors le commandement. Derrière, Pernat fabrique probablement la performance la moins spectaculaire et pourtant l’une des plus précieuses : parti neuvième, il remonte jusqu’à la deuxième place. Sarda fait encore plus fort en nombre de positions gagnées : P16 sur la grille, P6 à l’arrivée. La France ne gagne donc pas seulement avec ses locomotives. Elle gagne avec ses trains complets. Et c’est la 5eme fois consécutive !
La coupe à la maison
La France était arrivée en Allemagne avec une idée assez simple : récupérer le trophée perdu un an plus tôt. Le samedi avait montré qu’elle en avait la vitesse. Le dimanche aura rappelé qu’aux Nations, la vitesse d’un homme ne suffit pas. Il faut encore que les deux autres soient là lorsque commence l’addition. Bonnal a gagné. Bidart a verrouillé. Payet a apporté les points qui comptaient.
24 contre 26.
Ce n’était pas beaucoup. C’était exactement assez. La coupe est à la maison.