Un siècle d’histoire pour Assen, et toujours la même conclusion : si Marc Marquez est sur une moto qui fonctionne, le reste du plateau peut prier, s’effondrer ou pleurer à la buvette. Le Grand Prix des Pays-Bas 2025 a confirmé ce vieux principe gravé dans les manuels de MotoGP : Marquez n’attend personne, pas même la statistique. En gagnant à la cathédrale, le n°93 signe sa 68e victoire dans la catégorie reine et égalise Giacomo Agostini, le vieux dieu des années soixante-dix qu’on ressuscite à chaque record pour meubler les communiqués.

Pendant ce temps-là, Alex Marquez a dû réviser son karma. Parti comme un missile derrière Bagnaia, il a vite compris qu’un duel de frères Marquez se termine généralement par des morceaux de carbone éparpillés dans les graviers. C’est ce qui est arrivé : tentative de résistance à Acosta, cafouillage à la sortie du virage 5, et hop ! Une main cassée, une victoire qui s’envole et un championnat qui part en fumée plus vite que son espoir de récupérer un guidon d’usine.

Devant, Marc a simplement fait ce qu’il sait faire depuis une décennie : démonter la concurrence tour après tour, jusqu’à dégoûter Bezzecchi, pourtant prêt à vendre son chat pour offrir à Aprilia une première victoire de la saison. Bezzecchi a essayé, gratté, mordu, mais Marquez a gardé son écart comme un percepteur garde vos impôts : à la fin, ça paie pour lui, et personne ne sourit.

Bagnaia, lui, a joué les figurants de luxe. Parti en tête, il a fait illusion deux tours, puis a dû se contenter d’observer le duel Marquez-Bezzecchi en gérant ses pneus. Pecco est remonté sur le podium, histoire de dire qu’il était là, mais son numéro un sur la tête n’a trompé personne : depuis son échec à domicile, l’Italien rame pour retrouver son statut de patron.

Derrière, Acosta a encore brûlé les étapes, terminant quatrième et s’offrant le luxe de harceler Bagnaia pendant la moitié de la course. KTM peut sourire, Viñales s’est invité dans le top 5, Di Giannantonio a sauvé les meubles pour VR46, et Morbidelli a évité l’humiliation grâce à une pénalité infligée à son propre coéquipier. Quant à Quartararo, poleman d’un jour, il a replongé dans la grisaille Yamaha : dixième, et encore heureux, notamment d’avoir évité le contact avec Alex Marquez parti en luge…

Et parlons-en, de cette grille. Entre Mir qui découvre que la Honda est plus dangereuse que sa propre ombre, Aldeguer qui s’envole en highside et Zarco qui, à force de faire illusion, finit par devenir transparent, on se demande si l’on n’assiste pas à une opération de liquidation générale du paddock. Heureusement, Assen fétait son centenaire, sinon on aurait cru à un enterrement collectif.
| Pos | Pilote | Team | Chrono |
| 1 | M. Marquez | DUCATI | 40:14.072 |
| 2 | M. Bezzecchi | APRILIA | +0.635 |
| 3 | F. Bagnaia | DUCATI | +2.666 |
| 4 | P. Acosta | KTM | +6.084 |
| 5 | M. Viñales | TECH3 | +10.124 |
| 6 | F. Di Giannantonio | VR46 | +12.163 |
| 7 | F. Morbidelli | VR46 | +18.896 |
| 8 | R. Fernandez | TRACKHOUSE | +20.295 |
| 9 | E. Bastianini | TECH3 | +23.687 |
| 10 | F. Quartararo | YAMAHA | +23.743 |
Dans cette ambiance, Marquez a planté son drapeau sur la Cathédrale comme un conquistador : 68 victoires, la même rage, la même science de la course, et l’air satisfait d’un type qui sait que les records ne sont là que pour être balayés. Agostini peut bien brandir ses coupes poussiéreuses, l’époque est à l’espagnol. Quant aux autres, qu’ils continuent de s’entraîner : la suite du championnat promet d’être une boucherie, et Marquez n’a pas l’air prêt à lever le pied.
| os | Pilote | Team | Total |
| 1 | M. Marquez | Ducati | 307 |
| 2 | A. Marquez | Gresini | 239 |
| 3 | F. Bagnaia | Ducati | 181 |
| 4 | F. Morbidelli | VR46 | 139 |
| 5 | F. Di Giannantonio | VR46 | 136 |
| 6 | M. Bezzecchi | Aprilia | 121 |
| 7 | J. Zarco | Honda LCR | 101 |
| 8 | P. Acosta | KTM | 98 |
| 9 | F. Aldeguer | Gresini | 81 |
| 10 | M. Viñales | Tech3 | 69 |
Merci Assen, pour ce cirque, ces high-sides, ces débris et ce démon espagnol qui ne lâche jamais le morceau. Prochain arrêt : Sachsenring, royaume de Marquez. Autant dire que si le reste du plateau n’a pas encore rendu les armes, c’est le moment de commencer à préparer les excuses.