Ça y est, le couperet est tombé : à partir de 2027, et jusqu’en 2031 minimum, les pilotes du MotoGP s’élanceront sur des pneus Pirelli. Fini Michelin, le géant tricolore qui nous faisait vibrer avec ses gommes clermontoises. On pourrait jouer les cocardiers éplorés, brandir le drapeau bleu-blanc-rouge et gémir sur cette perte nationale, mais franchement, c’était écrit. Après avoir régné sur MotoGP et s’être amusé à chausser MotoE avec des pneus écolos, Michelin plie bagage fin 2026. Place aux Italiens de Pirelli, qui, soyons honnêtes, attendaient leur tour après avoir équipé Moto2 et Moto3. La logique est implacable : les gamins qui montent en grade auront déjà un vague souvenir des gommes transalpines sous leurs fesses. Bon, soyons clairs, comparer un pneu de Moto3 à celui d’un monstre de MotoGP, c’est comme mettre une Fiat Panda face à une Ferrari : ça n’a rien à voir. Mais au moins, ils pourront dire qu’ils ont un “feedback” des compound italiens. Bravo, belle continuité. Après tout, Michelin aura bien profité de son règne, et puis, entre nous, on a assez pleuré sur la disparition de la 2CV et du béret, non ?
Le communiqué officiel nous sert la soupe habituelle : “Pirelli deviendra le fournisseur unique pour MotoGP, Moto2 et Moto3”, une stratégie “parfaite” pour “façonner les champions de demain”. Très joli. Sauf que 2027, c’est aussi le grand chambardement technique : exit les 1000cc, bonjour les 800cc. Oui, les machines rapetissent, histoire, paraît-il, de protéger tout ce beau monde – pilotes, spectateurs, et sans doute les comptables de la Dorna, qui aiment bien garder son petit paddock sous contrôle. Du coup, comparer les pneus Michelin d’aujourd’hui aux Pirelli de demain ? Mission impossible. Nouvelle cylindrée, nouveaux châssis, nouvelles règles : tout change. À moins qu’un constructeur taquin – non, non pas de nom!, pour le plaisir – ne s’amuse à tester les deux gommes sur un proto 2027, juste pour rigoler. Ce serait tordu, improbable, mais avouez que ce serait hilarant de voir les ingénieurs s’arracher les cheveux devant des chronos incompréhensibles.

Du côté de Michelin compétition moto, dirigée par l’italien Piero Taramasso (ça ne s’invente pas!) on précise que “le retrait de Michelin de la compétition n’était pas la volonté de la marque, mais bien le fruit d’une décision prise par la Dorna, la société détentrice des droits commerciaux du MotoGP.“
Mais revenons à Pirelli. Les Italiens ne vont pas débarquer en freestyle, un cappuccino à la main et des idées plein la tête. Non, ils seront sous la coupe d’un cahier des charges bien ficelé par la FIM et, surtout, par la Dorna, cette hydre toute-puissante qui dicte sa loi en coulisses. Ces pneus, ils viseront quoi ? La performance brute, pour flatter les puristes ? La longévité, pour des courses soporifiques avec des gommes programmées pour se dégrader de façon linéaire ? Ou, plus probable, un savant mélange artificiel pour “redistribuer les cartes”, comme en F1 où les pneus jouent les faiseurs de roi ? Avec la Dorna aux commandes, on parie sur cette dernière option. Le spectacle avant tout, même si ça veut dire brider les ambitions techniques légitimes de Pirelli, simple exécutant des ordres de ses seigneurs espagnols.
Michelin, en attendant, reste en piste jusqu’en 2026, avec ses “produits de classe mondiale” et son savoir-faire en MotoE – des pneus bourrés de matériaux recyclés, parce que c’est la mode et que ça fait joli dans les communiqués. Mais après, rideau. Pirelli prend le relais, et on attendra “bientôt” les détails sur les spécifications, nous promet-on. En attendant, rêvons un peu : et si un trublion du paddock nous offrait ce test comparatif Michelin-Pirelli sur une 800cc ? Histoire de mettre un peu de chaos dans ce monde trop bien huilé. Mais ne soyons pas naïfs : la Dorna veille, et elle n’aime pas les blagues. Fournisseur unique, règles verrouillées, spectacle calibré : bienvenue dans le MotoGP 2.0, où même les pneus ont un patron, et où les 800cc viennent gentiment brouiller les pistes.