vendredi, septembre 11, 2026

Le grand théatre du Samedi…

Le samedi en Formule 1, c’est un peu comme le dernier mot dans un débat houleux : si vous l’avez, vous avez une chance de l’emporter. Et sur le Hungaroring, cette maxime vaut double. Circuit aux allures de go-kart géant, sinueux à souhait et peu friand de dépassements (sauf si vous vous appelez Verstappen 2021), la pole position y est plus qu’un privilège : c’est une position décisive pour la victoire.

Et surprise ! Contre toute attente, ce n’est ni une McLaren orange fluo, ni une Mercedes pâlissante, ni même le taulier Verstappen qui s’est imposé. Non, c’est Charles Leclerc, l’enfant de Ferrari à la mine toujours à deux doigts de la crise existentielle, qui a claqué un tour venu d’ailleurs. 1:15.372, soit juste assez pour ridiculiser les deux McLaren de Piastri (+0.026s) et Norris (+0.041s). Le Monégasque a déclaré ne rien comprendre à la F1 ce samedi. Rassure-toi Charles, nous non plus.

Les qualifications ont été marquées par une météo joueuse : nuages menaçants, pluie légère en Q2, vent de travers et températures capricieuses. Autant dire un casse-tête pour les ingénieurs et un supplice pour les pilotes. George Russell, manifestement plus à l’aise que son vénérable ex-coéquipier Hamilton, a réussi à hisser sa Mercedes en quatrième position.

Chez Aston Martin, on célèbre une fois n’est pas coutume un double top 6. Oui, vous avez bien lu : Alonso P5, Stroll P6. Fernando, absent en FP1 pour permettre au jeune Drugovich de collectionner des points Super Licence (parce que la FIA aime bien compliquer les choses), a prouvé que l’âge n’empêche pas de mater quelques jeunots sur un tour. Il paraît que le vieil Ibère se nourrit uniquement de motivation et de regrets.

Derrière ce peloton de tête, une autre histoire s’écrit : celle de Gabriel Bortoleto, rookie chez Sauber (oui, ça s’appelle « Kick Sauber » maintenant, mais on dirait toujours une boisson énergisante du coin). Le Brésilien a sorti une perf de gala pour s’inviter en septième position, devant un Verstappen méconnaissable.

Car oui, Max. Le quadruple champion du monde semble avoir troqué son instinct de tueur pour celui d’un pilote Uber ce samedi. Huitième seulement, après des difficultés visibles en Q1 et un rythme anémique. La Red Bull était plus proche d’un cerf-volant que d’un missile sol-sol. Peut-être que la fin d’un cycle se profile, ou simplement un mauvais jour au bureau – que voulez-vous, même les champions ont des vendredis soirs difficiles.

Derrière, Lawson et Hadjar ont porté haut les couleurs des Racing Bulls (anciennement AlphaTauri, mais chut, faut pas trop s’attacher aux noms). Un joli 9e et 10e temps, ce qui fait autant de bonnes nouvelles que Honda en a connu cette année.

En revanche, derrière, tout n’est pas rose. Carlos Sainz a vu sa qualification partir en vrille après un gros blocage au T1. Résultat : 13e place et un mal de tête pour le dimanche. Quant à Lewis Hamilton, le désormais pilote Ferrari n’a pas fait mieux. 12e, un soupir radiophonique pour ponctuer sa séance et cette impression persistante que la magie n’opère plus tout à fait. Le rouge ne lui va peut-être pas aussi bien qu’à Charles.

PosPiloteTeamChrono
1Charles LeclercFerrari1:15.372
2Oscar PiastriMcLaren1:15.398
3Lando NorrisMcLaren1:15.413
4George RussellMercedes1:15.425
5Fernando AlonsoAston Martin1:15.481
6Lance StrollAston Martin1:15.498
7Gabriel BortoletoKick Sauber1:15.725
8Max VerstappenRed Bull Racing1:15.728
9Liam LawsonRacing Bulls1:15.821
10Isack HadjarRacing Bulls1:15.915

Et que dire de Kimi Antonelli ? Le prodige de Mercedes a montré de belles choses, mais a vu son chrono annulé pour avoir frôlé la géométrie hongroise avec trop d’enthousiasme. 15e, dans l’anonymat relatif, mais avec des promesses pour demain.

En fond de grille, c’est la foire à la déception. Tsunoda, Gasly, Ocon, Albon et Hülkenberg prennent leurs quartiers en Q1, comme si le temps s’était arrêté. Le trio français de Gasly-Ocon-Colapinto (par adoption argentine) fait peine à voir, tandis que Haas semble chercher la lumière dans un tunnel sans fin.

La pole de Leclerc n’était pas dans les cartes. Mais parfois, c’est dans la confusion que naît le génie. Sur un circuit où doubler revient à escalader un platane à mains nues, partir devant est un avantage stratégique. À condition que Ferrari ne décide pas, comme trop souvent, de saboter son dimanche avec un arrêt inexplicable ou une stratégie inspirée d’un mauvais épisode de « Kaamelott ». Spoiler, il n’y en a pas…concernant Kaamelott ça va sans dire !

Dimanche, les 70 tours du Hungaroring s’annoncent comme un ballet serré, où le moindre grain de sable (ou goutte de pluie) pourrait bouleverser l’ordre établi. En attendant, Leclerc peut savourer : il a offert à Ferrari sa première pole de 2025. Et surtout, il a rappelé que parfois, dans ce grand cirque qu’est la F1 moderne, les surprises existent encore.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnam
Dimanche 3 Aout
Course70 tours15h0017h0020h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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