mercredi, septembre 9, 2026

Le piège sud-africain se referme sur le W2RC…

Dans un monde où les rallyes-raid ressemblent parfois à une aimable promenade de santé dans le bac à sable d’un centre commercial qatari, le Safari Rally d’Afrique du Sud s’est chargé de rappeler aux divas du W2RC qu’ici, ce n’est pas la pelouse de Versailles. C’est l’Afrique, la vraie, celle où l’herbe coupe, les ornières avalent des Toyotas entières, et les antilopes ne demandent pas l’autorisation pour traverser à 140 km/h.

Herbe, boue et humiliations

Première étape de ce qui s’annonce comme un safari plus éprouvant que touristique : 260 km de savane, de champs détrempés et de chemins piégeux où la navigation n’est pas une option mais une question de survie. Et visiblement, la moitié du plateau n’a toujours pas compris comment lire un roadbook sans le transformer en origami. Résultat : pénalités à gogo, portes mal fermées, waypoints ratés, et pilotes aussi perdus que des influenceurs sans réseau.

Daniel Sanders, leader du championnat et tête brûlée de Red Bull KTM, a entamé son rallye avec la grâce d’un sanglier sur un parquet ciré. Il termine seulement quatrième, après avoir visité plus de pâturages qu’un inspecteur vétérinaire. « On pense que c’est facile de naviguer dans des champs… jusqu’à ce qu’on se retrouve à chasser des zèbres au lieu de suivre la trace », confiera-t-il, visiblement nostalgique de la prévisibilité de l’Arabie Saoudite.

Ross Branch, le retour du prince du bush

C’est finalement Ross Branch, l’enfant du Botswana, qui s’est faufilé entre les pièges pour s’adjuger la victoire de cette première étape. Lui aussi s’est perdu, a ouvert des portails et failli embrasser quelques acacias, mais en bon local, il a géré la savane avec un flair que ne renierait pas un guépard. Derrière lui, Adrien Van Beveren prend une belle deuxième place, pendant que Brabec, pénalisé pour n’avoir pas su trouver son chemin dans un terrain aussi large qu’un centre commercial en ruines, complète un podium purement académique.

Mention spéciale au comité d’organisation pour avoir ajouté un twist inédit : les portails censés être ouverts… ne l’étaient pas. Résultat, les motards ont dû s’improviser agriculteurs et ouvrir eux-mêmes les barrières. À quand l’étape avec un troupeau à traire ?

Voitures : Lategan roi à la maison, Loeb chirurgien du chaos

Du côté des autos, Henk Lategan a montré que jouer à domicile, ça aide. Le Sud-Africain, visiblement plus à l’aise qu’un gnou dans la savane, a survolé la première étape au volant de son Hilux Toyota, offrant au passage une 70e victoire à la marque japonaise, qui continue de traiter la concurrence comme des figurants dans un épisode de Top Gear mal écrit et mal interprété, bref…la version française !

Carlos Sainz, le vétéran castillan, a tenu son rang en ramenant son Raptor Ford à la deuxième place. Loeb, pour sa part, a prouvé que même avec une Dacia, on pouvait faire le boulot, à condition de ne pas confondre les arbres avec des bornes de signalisation. Troisième sans une éraflure, alors qu’il ouvrait la route ? On appelle ça du grand art, ou de la survie premium.

Nasser Al-Attiyah, lui, s’est contenté d’une huitième place, histoire de « découvrir le terrain ». Traduction : « J’ai passé l’étape à me faire doubler par des types en slip avec des machettes ». Nasser a promis des changements sur la voiture. On suggère un périscope, un GPS militaire et un guide touristique local. Clairement, se manger deux minutes de pénalités pour waypoint loupé est indigne et n’aide pas vraiment !

PosConstructeurEquipageChronos
1H. LATEGAN (RSA)/
B. CUMMINGS (RSA)
2h26’08
2C. SAINZ (ESP)/
L. CRUZ (ESP)
+ 02:38
3S. LOEB (FRA)/
F. LURQUIN (BEL)
+ 03:34
4J. ELS(RSA)/
J. SWEMMER(RSA)
+ 04:08
5N. ROMA(ESP)/
A. HARO (ESP)
+ 04:39
6L. MORAES(BRA)/
A. MONLEON (ESP)
+ 04:57
7SCHRÖDER(GER)/
H. KÖHNE(RSA)
+ 05:15
8BARAGWANATH (RSA)/
L. CREMER(RSA)
+ 05:19
9AL-ATTIYAH(QAT)/
BOULANGER (FRA)
+ 05:25
10S. QUINTERO(USA)/
D. ZENZ (GER)
+ 05:44

La réalité du rallye-raid à l’africaine

Enfin, les héros du prologue, jeunes loups sud-africains boostés à l’adrénaline nationale, sont vite retombés sur Terre. Gareth Woolridge et Boyd Dreyer, rois d’un jour, n’étaient plus que 12e après cette étape. Guy Botterill et Dennis Murphy, eux, ont réussi l’exploit de passer de 3e à 34e. La magie du rallye, c’est aussi ça : une porte mal franchie, un waypoint oublié, et vous voilà relégués plus loin que le budget de Dacia.

Et ce n’était que la première étape. La suite ? Une marathon stage sans assistance, des bivouacs en rase campagne, et probablement encore plus de pièges que dans un album de Tintin en Afrique. Ceux qui s’en sortiront sans ablation de cerveau ou de différentiel mériteront bien plus qu’un trophée : un vaccin contre la rage, une boussole, et des nerfs en titane.

Bienvenue en Afrique. Le W2RC vient de se faire marcher dessus par la savane.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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