Le calendrier des sports mécaniques connait chaque saison un point d’orgue avec la ROC (Race Of Champions). Ce moment unique de l’année où les plus grandes stars du sport auto viennent s’affronter sur un circuit minuscule, généralement coincé dans un stade, et où les pilotes de rallye rappellent à ceux des circuits que tourner en rond, c’est bien, mais contrôler une voiture sur du gras-mouillé, c’est mieux.
Cette édition 2025, délocalisée à Sydney dans l’Accor Stadium, n’a pas déçu. De la tôle froissée, du show à l’américaine, et un Travis Pastrana qui a encore trouvé le moyen de partir en freestyle au mauvais moment, ce qui, au passage, a permis à un certain Sebastian Vettel de se qualifier sans trop d’efforts. Merci qui ? Merci Travis.
Mais avant la grande joute individuelle, il y avait l’épreuve qui met en avant l’esprit d’équipe : la Course des Nations. Et qui dit course en Australie dit évidemment météo capricieuse. Les organisateurs avaient pourtant cru bon de nous ressortir quelques chignoles électriques pour montrer qu’ils sont modernes. Heureusement, la bonne vieille essence était toujours là, et les moteurs thermiques rugissaient dans l’enceinte du stade. Désolé pour les amis des petits oiseaux, ici c’est course automobile, pas un colloque sur la neutralité carbone.

Dès les phases de poule, le spectacle était au rendez-vous. On a notamment assisté à un duel épique entre l’éternel Sebastien Loeb, toujours aussi inoxydable, et le kiwi Shane Van Gisbergen, tout juste débarqué de sa saison en NASCAR. Résultat : une victoire à l’expérience pour le sorcier alsacien, qui prouve qu’il peut encore faire la nique aux jeunots. Pendant ce temps, Victor Martins, pilote ART Alpine en F2, montrait qu’il ne venait pas en Australie pour faire du tourisme.
Arrivée en demi-finale, la France affrontait la Nouvelle-Zélande dans un match sous tension. Sébastien Loeb et Victor Martins s’en sortaient avec brio face à Van Gisbergen et Hayden Paddon, ce dernier ayant oublié que pour être rapide, il fallait éviter de jouer aux auto-tamponneuses avec les rails de sécurité. Dommage, mais ça fait partie du folklore.
La finale opposait donc la France aux Australiens, portés par Will Brown et Jack Doohan. Le premier duel voyait Brown affronter Martins, et autant dire que l’Aussie avait les crocs. Malheureusement pour lui, il manquait deux longueurs sur la ligne (0,293s) face à un Victor Martins (pilote ART Alpine) qui a prouvé que, même avec la pression, il sait où poser ses roues.

Sébastien Loeb avait donc la lourde tâche de conclure l’affaire contre Jack Doohan, le rejeton de Mick, ex-champion de MotoGP. Sous une pluie qui transformait la piste en patinoire, l’Alsacien, fidèle à son habitude, restait imperturbable. Doohan, lui, comprenait rapidement qu’une voiture de course, ce n’est pas une moto, surtout quand il finit en glissade incontrôlée. Résultat : un Loeb impérial, un public australien refroidi, et un nouveau sacre pour la France dans la Course des Nations.

La morale de cette édition 2025 ? Que ce soit sur bitume, sur terre ou sous une pluie battante, Loeb est toujours le patron, les pilotes français savent encore piloter autre chose que des simulateurs, et surtout, qu’il ne faut jamais sous-estimer un circuit de stade : même les meilleurs peuvent y laisser leur dignité. Allez, on se retrouve demain pour l’épreuve individuelle, où il y aura encore de la glisse, des surprises et, très probablement, un Pastrana qui finira par terre. Parce que certaines traditions ne se perdent pas.