vendredi, septembre 11, 2026

Leclerc mène le bal, les autres jouent la comédie monégasque ?

C’est vendredi à Monaco, et comme chaque année à pareille époque, les écuries de Formule 1 ont sorti leurs monoplaces les plus affûtées… ou du moins, leurs plus belles illusions. Car si les rues de la Principauté ne distribuent pas de points ce jour-là, elles offrent en revanche un rare parfum de vérité : à Monaco plus qu’ailleurs, les chronos de vendredi sont un avant-goût du destin du dimanche. Et Charles Leclerc, dans son théâtre favori, a décidé d’écrire lui-même le premier acte.

FP1 : Le Roi Charles contre le Prince Lance

Sous le soleil monégasque et les yeux vitreux des VIP en polo blanc qui n’ont pas vu un départ depuis 2017, Charles Leclerc s’est emparé de la première séance libre comme un héritier jaloux d’un trône qui lui a trop souvent échappé. Tout avait pourtant commencé dans la finesse : un petit blocage de roues au Mirabeau pour se dégourdir les freins, suivi d’une touchette avec Lance Stroll, visiblement plus occupé à écouter son podcast intérieur qu’à suivre les drapeaux bleus.

Résultat : aile avant pour Leclerc, suspension arrière pour Stroll, et une Aston Martin transformée en œuvre contemporaine exposée à la Rascasse. L’histoire ne dit pas si Lawrence Stroll a levé un sourcil. Mais la séance, elle, reprenait son cours, entre chasse au chrono et bataille de ruelle pour se frayer un tour clair. Monaco oblige, certains pilotes passaient plus de temps à se plaindre à la radio qu’à freiner.

Lando Norris, toujours en état de grâce depuis que McLaren s’est souvenu comment faire une voiture rapide, s’invitait un temps en tête. Mais Leclerc, vexé comme un chat qui tombe de son perchoir, plantait un 1m11.964s dans le bitume pour rappeler à tout le monde que, sur ces pavés-là, c’est lui le patron. Verstappen, secoué comme un vieux sapin de Noël par les bosses monégasques, s’accrochait au P2, juste devant Norris. Piastri, Albon et Russell fermaient la marche des ambitieux, pendant que Gasly s’agaçait du trafic, Hamilton tapait les vibreurs comme un pilote de F2 et Antonelli prenait ses marques en mode “déjà plus à l’aise que Sargeant l’an dernier”.

PosPiloteTeamChrono
1Charles LeclercFerrari1’11,964
2Max VerstappenRed Bull+0.163s
3Lando NorrisMcLaren+0.326s
4Alexander AlbonWilliams+0.350s
5Oscar PiastriMcLaren+0.378s
6George RussellMercedes+0.518s
7Carlos SainzWilliams+0.570s
8Pierre GaslyAlpine+0.705s
9Lewis HamiltonFerrari+0.726s
10Fernando AlonsoAston Martin+0.763s

FP2 : Confirmation, murs et confettis carbonés

L’après-midi offrait un copier-coller plus corsé de la matinée. Leclerc, toujours aussi motivé à l’idée d’offrir autre chose qu’un crash à son public local, claquait un 1m11.355s, temps de référence d’une journée où certains semblaient rouler pour de vrai, et d’autres… pour la galerie. Oscar Piastri, leader du championnat et désormais invité permanent au sommet des feuilles de temps, s’intercalait à 0.038s du Monégasque. Hamilton suivait de près, avec un comportement de Mercedes étonnamment stable, probablement sous l’effet d’un désespoir enfin productif à Brackley.

Mais parce que Monaco sans dégâts, c’est un peu comme un casino sans perdants, les murs ont eu droit à leur offrande. Isack Hadjar, décidément très généreux avec la carrosserie Racing Bulls, a offert deux baisers au rail dans la journée : le premier à la Nouvelle Chicane, le second à Sainte-Dévote, sur un tour censé être un “cooldown lap”. L’art de l’inattendu, version junior.

Oscar Piastri, non content de jouer les chronos, a lui aussi testé la solidité de sa McLaren contre les protections en TechPro à Sainte-Dévote. Résultat : une aile avant en moins, une marche arrière pleine de panache, et quelques grincements de dents chez Zak Brown. Heureusement pour McLaren, Norris continuait à jouer les épouvantails, solidement installé dans le top 4.

Red Bull : “please fix the car”, signé Max

Si Leclerc caracolait, Max Verstappen, lui, voyait rouge. Entre des boîtes de vitesses capricieuses, des tear-offs collés sur le nez, et une Red Bull qui semble s’être transformée en go-kart des plages dès qu’on touche un vibreur, le triple champion du monde était plus grincheux qu’un Français un jour de grève, c’est dire ! Résultat ? Un P10 indigne du statut du Néerlandais, à peine devant son équipier Tsunoda. Certes, Monaco est souvent trompeur le vendredi, mais voir une Red Bull aussi mal à l’aise dans les enchaînements serrés, c’est comme apercevoir un yacht échoué sur la plage : impressionnant, mais gênant.

Les outsiders : des promesses en trompe-l’œil ?

Liam Lawson signait un très correct P5 dans l’après-midi, pendant que Hadjar, malgré ses murs câlins, prenait le P6. Alonso, toujours prêt à bondir au moindre faux pas des cadors, rentrait aussi dans le top 10. Mention spéciale à Kimi Antonelli, 11e et visiblement peu impressionné par le fait de piloter une Mercedes d’usine dans les rues les plus piégeuses du calendrier. À ce rythme, il va falloir que Toto Wolff commence à faire de la place dans le garage.

PosPiloteTeamGAP
1Charles LeclercFerrari1’11,355
2Oscar PiastriMcLaren+0.038s
3Lewis HamiltonFerrari+0.105s
4Lando NorrisMcLaren+0.322s
5Liam LawsonRacing Bulls+0.468s
6Isack HadjarRacing Bulls+0.487s
7Fernando AlonsoAston Martin+0.535s
8Alexander AlbonWilliams+0.563s
9Kimi AntonelliMercedes+0.647s
10Max VerstappenRed Bull+0.713s

En queue de peloton, Pierre Gasly continuait de payer les errements techniques d’Alpine, pendant que son coéquipier Colapinto fermait la marche, probablement plus occupé à éviter les murs qu’à chercher le chrono. Lance Stroll, pénalisé pour avoir transformé Leclerc en flipper lors de la FP1, terminait 18e, à des années-lumière de toute ambition.

Et maintenant ?

Comme toujours à Monaco, il faut lire entre les lignes. Certains ont probablement roulé lestés, moteurs en berne, stratégie de brouillage au maximum. Mais dans cette loterie urbaine, on ne bluffe pas très longtemps. Les qualifications de samedi seront décisives — à Monaco, qui part devant gagne, à condition de ne pas embrasser un rail dans les 78 tours.

Mais une chose est sûre : si Charles Leclerc garde ce niveau de confiance et que Ferrari ne trouve pas un moyen inédit de saboter sa course, alors l’enfant du pays pourrait bien écrire enfin le scénario rêvé — celui où le héros ne meurt pas à la fin.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnam
Samedi 24 Mai
FP360′12h3014h3017h30
Qualifs60′16h0018h0021h00
Dimanche 25 Mai
Course78 tours15h0017h0020h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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