samedi, octobre 17, 2026
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Léo Rossel, l’ogre du bitume, mange la concurrence (et les secondes)

Léo Rossel et Guillaume Mercoiret sont en train de réécrire les lois du rallye. Avec une avance de 42,3 secondes à l’arrivée de l’ES10, autant dire qu’ils n’ont pas simplement gagné, ils ont carrément pulvérisé leurs adversaires. Par la suite le duo consentait à passer en mode “gestion” en baissant d’un iota leur rythme de “guedin” pour franchir l’arrivée finale avec tout de même 22s2 d’avance sur leur plus proche poursuivant. Comme à leur habitude, ils ont filé sur les routes piégeuses du Rallye Cœur de France avec la grâce d’un aigle et la subtilité d’un bulldozer. Et ce n’est pas la pluie ou les conditions difficiles qui allaient les freiner. “J’adore ces conditions !”, a déclaré Rossel à l’arrivée. Ah, c’est sûr, un pilote qui sourit sous l’orage, c’est généralement mauvais signe pour les autres.

Les ouvreurs : les héros de l’ombre

Et justement, parlant de pluie, il faut rendre hommage à ces ouvreurs héroïques qui ont bravé la météo pour Rossel et Mercoiret ainsi que pour les cadors de la série. Des anges gardiens équipés de pare-brises trempés, balayant les routes pour fournir des infos précieuses. Rossel, toujours en mode courtois, a souligné leur importance avec un sincère “Merci à tous, les ouvreurs ont été encore une fois exceptionnels !”.

On ne va pas se mentir : quand on entend ce genre de phrases, c’est facile d’oublier que pendant que les autres bataillent pour quelques dixièmes, Rossel et son équipe jouent à une autre échelle temporelle. 42 secondes d’avance à une boucle de l’arrivée, c’est comme si les autres couraient sur un tapis roulant pendant que Rossel traversait la ligne d’arrivée.

Yoann Bonato : le « presque » gagnant professionnel

Derrière ce duo de choc, on trouve Yoann Bonato et Benjamin Boulloud, toujours là pour se rappeler au bon souvenir du podium. Mais Yoann, malgré son talent incontestable, semble être abonné à la deuxième place après une fâcheuse sortie de route qui l’écartait un temps de son niveau habituel. Ce n’est pas de sa faute, bien sûr. Face à Rossel, c’est un peu comme si on lui demandait de courir contre Usain Bolt en savates. “On ne pouvait pas gagner face à Léo”, admet-il avec une honnêteté désarmante. Il sait qu’il n’y a pas de miracle en rallye, surtout face à un type qui semble avoir signé un pacte avec le diable de la vitesse.

Malgré tout, Bonato est satisfait de sa performance. “On a dû tout donner”, confie-t-il, probablement après avoir épuisé ses pneus et ses nerfs. La dernière spéciale a été un véritable combat, et le simple fait d’avoir réussi à garder Eric Camilli derrière lui a un goût de victoire. Bonato est philosophe : il reconnaît que les conditions du Touquet et du Mont-Blanc ne lui ont pas permis de rivaliser avec Rossel. Mais attention, aux Cévennes, où le grip et l’asphalte devraient revenir à la normale malgré une météo toujours capricieuse (doux euphémisme !), Bonato pourrait bien sortir ses griffes. Ou du moins essayer.

Eric Camilli : troisième avec des essuie-glaces défaillants

Puis il y a Eric Camilli. Le type qui a le talent, la voiture, et… des essuie-glaces capricieux. Oui, vous avez bien lu. Camilli, qui courait avec une rage palpable, a dû jongler avec des problèmes d’essuie-glaces, et ça lui a coûté cher durant la première étape. “On a perdu environ 12 secondes pour des problèmes d’essuie-glaces”, lâche-t-il, probablement encore en train de fulminer en pensant à ces fichus morceaux de plastique caoutchoutés.

Camilli et son copilote Thibault De La Haye étaient en pleine forme, enchaînant les scratchs et revenant fort sur Bonato, mais il leur a manqué… une seconde. Une maudite petite seconde qui les a privés de la deuxième place. Ce genre de frustration est compréhensible : quand on a déjà perdu 12 secondes à cause de soucis mécaniques, voir la deuxième marche du podium s’envoler à cause d’un détail aussi banal, ça doit faire mal.

“C’est très frustrant”, avoue Camilli avec un soupir. Mais au fond, il reste optimiste : la vitesse est là, et l’équipe Hyundai Motorsport fait des progrès avec la voiture. “On sait que le niveau en Championnat de France est l’un des meilleurs au monde”, ajoute-t-il, histoire de rappeler que finir troisième dans un championnat aussi relevé, ce n’est pas rien. Maintenant, tout ce qu’il lui reste à faire, c’est de prier pour que ses essuie-glaces fonctionnent aux Cévennes.

Les Cevennes, prochaine étape de la domination Rossel

Alors, que peut-on attendre pour la suite ? Avec le Critérium des Cévennes qui se profile, on peut déjà anticiper une nouvelle démonstration de force de la part de Rossel et Mercoiret. “C’est bien d’arriver avec le #1 à la maison”, dit Rossel, non sans une pointe de fierté. Mais ce n’est pas tant le numéro qui l’intéresse, c’est de “passer Les Plantiers en étant premiers !”. Comprenez : ce duo ne compte pas simplement défendre son avance, ils veulent l’amplifier, l’écraser, et laisser les autres dans le rétroviseur.

Bonato, lui, espère que les “conditions plus normales” des Cévennes lui permettront de rivaliser avec Rossel. Le grip, l’asphalte, tout ce qui manque en conditions difficiles sera là, et Bonato compte bien en profiter pour jouer les trouble-fête. Sauf que bon, si on a bien appris une chose cette saison, c’est que Rossel sur son terrain, c’est un peu comme essayer de battre Roger Federer à Wimbledon. Bon courage.

Quant à Camilli, il a promis qu’il allait revenir encore plus fort pour les deux derniers rallyes. Parce que s’il veut un jour être champion de France, “chaque détail compte”. Traduction : on a probablement un mécano chez Hyundai en train de démonter tous les essuie-glaces de l’équipe en ce moment même. Ne t’inquiète pas Eric, on est sûrs que la prochaine fois, tout se passera comme sur des roulettes. Enfin, si la météo joue le jeu.

Pendant ce temps, chez les « autres »

La course ne s’est évidemment pas arrêtée au trio de tête. Lucas Darmezin, dans l’ombre des grands noms, continue de s’appliquer comme un élève studieux. Toujours à l’affût, Darmezin se rapproche des portes du podium, mais sans jamais y entrer. Peut-être qu’un jour, il y parviendra, mais en attendant, il enchaîne les belles performances sans trop faire de bruit.

Du côté des malchanceux, on compte une sortie de route pour Tony Cosson, qui a laissé sa Porsche 991 GT+ prendre l’air avant l’arrivée. Résultat : Raphaël Astier hérite d’une cinquième place scratch et le lead en GT+. Encore une fois, Rapha te remercie Tony, il te doit une fière chandelle.

Enfin, n’oublions pas Sarah Rumeau, qui a offert un peu de réconfort au team Sarrazin Motorsport Iron Lynx après un week-end difficile. Avec les abandons successifs de Jean-Baptiste Franceschi, Réhane Gany, et Pablo Sarrazin, il y avait de quoi déprimer dans le camp. Mais Sarah, fidèle au poste, a décroché une très respectable sixième place, sauvant l’honneur.

Enfin, du côté du Championnat Teams, PH Sport by Minerva Oil s’impose.

Classement final Coeur de France 2024

POSITIONÉQUIPAGEVOITUREÉCARTTEMPS
1Léo ROSSEL/ Guillaume MERCOIRETCitroën C31h44’35.5
2Yoann BONATO/ Benjamin BOULLOUDCitroën C3+00:22.2
3Eric CAMILLI/ Thibault DE LA HAYEHyundai i20N+00:23.2
4Lucas DARMEZIN/ Valentin AUGECitroën C3+02:03.4
5Raphaël ASTIER/ Denis GIRAUDETAlpine A110 GT-P+03:01.6
6Sarah RUMEAU/ Julie AMBLARDFord Fiesta MKII+04:48.8
7Denis MILLET/ Matthieu DOUVILLEVolkswagen Polo GTI+05:06.6
8Cédric ROBERT/ Matthieu DUVALAlpine A110+05:29.9
9Ludovic GODARD/ Damien AUGUSTINAlpine A110+05:46.6
10Matteo CHATILLON/ Maxence CORNUAURenault Clio Rally3+06:07.1
Classement final Coeur de France 2024

Conclusion : l’ère Rossel-Mercoiret

Alors qu’on se rapproche de la fin de saison, une chose est sûre : Léo Rossel et Guillaume Mercoiret sont en train de marquer l’histoire du rallye français. Leur domination est totale alors qu’ils roulaient en Stellantis il y a encore seulement deux saisons, et à ce rythme, il faudra plus qu’un problème d’essuie-glaces pour les arrêter. Les autres ? Ils se battent pour survivre face à eux.

Rossel/ Mercoiret signent ainsi leur quatrième victoire cette saison après le Touquet, les Vosges et Morzine en comptant un abandon au Charbo. Camilli compte deux victoires à Antibes et au Rouergue alors que Bonato a enlevé le Charbo…

  1. CLASSEMENT GENERAL PROVISOIRE* PILOTES APRÈS MANCHE 7 :
  2. ROSSEL Leo – 105 pts
  3. BONATO Yoann – 95 pts
  4. CAMILLI Eric – 82 pts
  5. MARGAILLAN Hugo – 53 pts
  6. FRANCESCHI Jean-Baptiste – 46 pts
  7. GILBERT Quentin – 46 pts
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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