Assen. La “Cathédrale de la Vitesse”. Un lieu sacré pour les amoureux de la moto. Et comme toute cathédrale, elle a ses miracles, ses pénitents, ses dévots… et ses martyrs. Ce samedi du troisième meeting WorldSBK 2025 a tout coché : une Superpole qui fait tourner les têtes, une course où les leaders se ramassent comme des feuilles mortes, et un Bulega qui a décidé d’ouvrir les hostilités façon “inquisition Ducati”.
Sam Lowes : le miracle de Saint-Samuel

Personne ne l’avait vu venir. Sam Lowes, oui oui, le jumeau de l’autre, celui qu’on associait davantage aux cabrioles du Moto2 qu’à la perfection chirurgicale d’un tour lancé. Et pourtant. À Assen, le Britannique a sorti la pole de sa vie, et surtout des rêves des bookies, avec un 1’32.596s aussi surprenant qu’inacceptable pour le leader du championnat.
Face à lui, un Bulega probablement en train de maugréer en dialecte bolonais dans son casque, puisqu’il venait littéralement de péter le record de la piste quelques minutes plus tôt. Mais voilà, le monde est cruel, et Lowes lui a piqué la vedette avec 0,164s d’avance. Une gifle à l’italienne, servie froide, sur les terres où son frère jumeau avait déjà claqué une pole en 2018. C’est dans les gênes, semble-t-il.
Et pendant que tout le monde applaudissait l’exploit, deux autres énergumènes se faisaient taper sur les doigts : Toprak Razgatlioglu et Axel Bassani, pénalisés pour “lenteur suspecte” lors de la séance. Résultat : trois places de recul sur la grille. Et une BMW au goût amer pour Toprak, relégué en sixième position. Bonne ambiance chez les Teutons.
Bulega : le boucher de Bologne

Passons maintenant à la course, où Bulega a décidé d’arrêter de jouer à la dînette avec ses adversaires. Dès le départ, il claque le holeshot comme un patron, encaisse l’attaque virile de Locatelli dans le virage 5, et lui rend la politesse immédiatement. Ensuite ? Le néant pour les autres. Bulega s’est contenté de tourner, vite, propre, avec l’élégance d’un type qui sait qu’il va gagner.
Avec un nouveau record du tour en prime (1’33.581s), et une avance confortable à l’arrivée, l’Italien a confirmé ce que beaucoup redoutaient : il n’est pas seulement rapide. Il est méthodique. Intransigeant. Et pas franchement là pour papoter dans le paddock.
La foire d’empoigne derrière

Pendant que Bulega s’éloignait dans l’horizon néerlandais, derrière, c’était la guerre froide version full throttle. Locatelli, longtemps considéré comme “l’autre Yamaha”, a tenu bon. Pas de panique, pas d’erreur, juste de la solidité. Il s’offre la deuxième place comme on pose un pion sur un échiquier : tranquillement, efficacement.
Danilo Petrucci, lui, a dû sortir les crocs. Et il les a sortis. Après avoir attendu son heure, le moustachu le plus sympa du paddock a réglé le compte de Toprak dans les derniers tours. Résultat : P3 pour Danilo, son premier podium depuis l’Australie. Comme quoi, les hommes à barbe ont encore leur mot à dire.
Et Toprak alors ? “El Turco” a vécu une journée à oublier. Entre une qualification gâchée par une pénalité, un départ en mode escargot (P8 au premier tour) et une BMW aussi inspirée qu’un grille-pain mouillé, il a dû se contenter de la quatrième place. Deuxième fois cette saison qu’il ne voit pas le podium, après l’Australie. Pas top pour le moral, surtout quand Bulega empile les trophées.
Collision frontale : Bautista vs Lowes

Et comme si le script n’était pas assez dramatique, il a fallu que Bautista et Sam Lowes se fassent un remake de Fast and Furious : Assen Drift au tour 7, virage 9. Les deux hommes, en pleine lutte pour le podium, se sont joyeusement télescopés et ont terminé leur course dans le bac à gravier comme deux potes de beuverie. Exit les Ducati et VDS, bonjour les regrets.
Sam passe donc de héros de la Superpole à figurant de fond de classement en une demi-heure. Et Bautista confirme que cette saison risque de ressembler à un long chemin de croix s’il continue à jouer au bowling avec ses adversaires.
Les survivants et les autres
Derrière ce quatuor infernal, on notera la belle course de Dominique Aegerter, enfin digne de son pedigree avec une P7 bien sentie. Michael van der Mark, chez lui, n’aura brillé que quelques instants avant de sombrer P9, dépassé dans les derniers tours par des Honda ressuscitées (Lecuona P8, Vierge P10).
Alex Lowes, victime d’une chute en début de course, sauve les meubles avec une P11, pendant que son coéquipier Axel Bassani réussissait l’exploit de se foutre au tas… dans le dernier tour. Classique. Le gars était quatrième en qualifs, et termine avec un score de pêche : zéro. On a vu des bilans comptables plus rassurants.
Mention spéciale à Tarran Mackenzie, qui malgré deux Long Lap Penalties (on le soupçonne de confondre départ et Grand Prix de dragsters) termine P12. Et Andrea Iannone ? Parti en mode belle gueule, gros crash, l’Italien s’est vautré au tour 7. La Panigale n’a pas apprécié.
En résumé ?
Assen a tenu toutes ses promesses. Bulega a matraqué la concurrence comme s’il jouait à Mario Kart. Sam Lowes a touché la grâce avant de retomber sur Terre, et Toprak a découvert que les podiums, ça ne pousse pas dans les tulipes. Pendant ce temps, le reste du plateau alterne entre coups d’éclat et glissades incontrôlées.
Et dire qu’on n’est qu’au samedi. Dimanche s’annonce croustillant.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Dimanche 13 Avril | ||||
| WSBK WU | 10′ | 09h00 | 11h00 | 14h00 |
| WSBK Superpole | 10 tours | 11h00 | 13h00 | 16h00 |
| WSBK Race2 | 20 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |