Un des plus sérieux postulants à la victoire après l’erreur de Law Long et l’abandon de Dupuy en cours de première étape était clairement la paire Lafuteur/Ethève (Citroën C3 Rally2). Avec le temps scratch dans Terrass en nocturne et plus de 16 secondes d’avance sur leur plus proche poursuivant au terme de la première étape, ce duo semblait parti avec une réelle option sur leur première victoire scratch.
Malheureusement pour la paire, une crevaison était remontée à l’arrivée du premier passage des Lianes. La C3 se trainait jusqu’à l’arrivée avec la roue avant gauche crevée. L’équipage était alors le seul à déplorer un tel fait de course. “Je ne sais pas ou ça s’est passé. Peut-être une crevaison lente.” indiquait le pilote à l’arrivée. Au bilan, plus d’une minute concédée sur le meilleur performer (Dupuy/Omarjee sur Porsche GT+) et sur celui qui héritait alors de la place de leader de la course: Gianni Barret.
Nous sommes donc repassés sur le tracé pour chercher des réponses que l’équipage n’avait pas (ou ne voulait pas indiquer). On ne lâche jamais rien et on ne pouvait vous laisser sans réponse. Crevaison avant gauche insinuait fatalement un incident survenu dans un virage à gauche. Ouf, moitié de boulot en moins pour tenter de repérer la courbe incriminée. Au PK6, l’équipage de la Citroën #9 avait déjà commencé à en lacher sur Barret/Nundlall. Le soucis semblait donc s’être posé avant. Selon toute vraisemblance, l’entrée du chemin Safran au PK 3,100Km après le court passage (300m) sur la rue de la petite plaine est le suspect idéal. Dans ce “gauche 90 ouvre”, en cas de corde tardive, les voitures viennent lécher un espace légèrement herbeux sous lequel se trouve les cicatrices d’un ancien poteau. En métal, ce “reste” de poteau enterré pourrait bien être le fautif. Si d’aventure une voiture de compétition était venue raboter la surface, la gomme serait en contact direct avec un véritable rasoir. Il se trouve qu’au vu des stigmates du passage des voitures de rallye, au moins une voiture a posé sa roue avant gauche pile à cet endroit. Malheureusement nous n’avions ni caméra ni appareil photo à cet endroit précis et seul Sebastien Lafuteur et Erick Etheve peuvent avoir la réponse si une caméra était installée dans l’habitacle.
En tous cas, dommage pour Seb’ et Erick qui passent bien près de leurs premiers lauriers et tant mieux pour Olivier Bardeur/ Fabrice Naigon qui, malgré une incartade sur cette même ES5 qui leur faisait perdre une vingtaine de secondes, arrachent la deuxième victoire en carrière d’Olivier (et la première sur sol sec) et la première de Fabrice qui ne court en rallye que sa deuxième saison. C’est bien connu le malheur des uns fait le bonheur des autres.