La Sardaigne, ce caillou méditerranéen aussi sec qu’un Martini sans glaçon, a encore offert son lot d’entailles dans les jantes, de pare-chocs décédés et de pilotes furieux d’avoir confondu rythmique et panique. Et devinez quoi ? C’est encore ce bon vieux Sébastien Ogier qui en est sorti vainqueur, pour la cinquième fois s’il vous plaît. Il rejoint donc Sébastien Loeb au poste de quintuple vainqueur sarde…record égalé ! Le tout avec le flegme d’un notaire en plein contrôle fiscal. Oui, le rallye évolue, les jeunes arrivent, mais Ogier continue de s’imposer comme le type qui vous pique la place de parking même en retraite partielle.
Ogier, l’homme qui n’a jamais lu le mot “retraite”

Trois victoires en quatre participations cette saison : Ogier a clairement oublié de prendre ses congés payés. Le voilà maintenant en embuscade au championnat, à seulement 17 points d’un Elfyn Evans qui doit regretter de ne pas avoir calé une mutuelle pour choc psychologique. Le Français, maître de la régularité sur les terrains hostiles, s’est planté dans un virage lors de la dernière spéciale mais a eu la présence d’esprit de ne pas forcer — parce que bon, abîmer une Yaris pour 7,9 secondes, ça reste mesquin. Résultat : la gagne et une nouvelle démonstration que dans les ornières, le roi, c’est lui.
Tänak, le retour du “presque”

Ott Tänak, quant à lui, a rejoué la partition du type génial mais maudit. L’Estonien a été brillant, rapide, précis… sauf que voilà, il est tombé sur Ogier. Encore. Après lui avoir chipé la victoire en 2024 pour 0,2 seconde, Tänak espérait remettre ça. Il n’en est pas passé loin. Mais “pas loin”, c’est aussi la devise gravée sur la carrosserie de son Hyundai. Le genre de devise qui commence à peser. Et comme en Sardaigne, chaque virage semble dessiné par un architecte sous LSD, il a suffi d’un léger retard pour transformer l’exploit en frustration.
Toyota : même quand ça déraille, ça gagne

On pourra dire ce qu’on veut de Toyota, mais les mecs ont le sens du storytelling. Entre Ogier qui refait surface, Evans qui se bat avec des cailloux et Rovanperä qui semble s’ennuyer royalement en troisième position, l’équipe japonaise continue de s’imposer sans vraiment écraser. Mention spéciale à Katsuta, toujours prêt à offrir un moment “WTF” en caméra embarquée, et à Evans, dont le week-end s’est résumé à “j’ai changé une roue, j’ai perdu le rallye”. Classique.
Rovanperä : l’ombre du prince héritier

Le double champion du monde en titre, Kalle Rovanperä, a terminé troisième. Un résultat solide, sans panache, un peu comme un expresso tiède dans une station-service. Le Finlandais, peu à l’aise en début de rallye du fait du balayage, a remonté la pente tranquillement mais sans jamais inquiéter les deux hommes de tête. Il empoche néanmoins les pleins points du Super Sunday et du Power Stage, histoire de rappeler qu’il est toujours là. Mais entre deux rallyes en mode “gestion”, on commence à se demander s’il ne prépare pas déjà sa reconversion en pilote de jetski après ses aventures toutes “driftiennes”…
Hyundai : un rallye de plus, une thérapie de groupe de plus

Du côté de Hyundai, c’est toujours la soupe à la grimace. Tänak était à deux doigts de la victoire, Neuville a disparu des radars dès vendredi, et le service marketing commence sérieusement à se demander comment transformer “on n’a pas gagné mais on n’est pas morts” en slogan vendeur. Pendant ce temps, les ingénieurs jouent au Mikado avec les amortisseurs et les stratèges tentent d’invoquer les esprits du Groupe B. Rien n’y fait : Hyundai a du rythme, mais une constance digne d’un modem 56k en 1999.
| Pos | Equipage | Voiture | Chrono |
| 1. | Ogier Sébastien/ Landais V. | Toyota GR Yaris Rally1 | 3h34’24,5 |
| 2. | Tänak Ott/ Järveoja Martin | Hyundai i20 N Rally1 | +7.9 |
| 3. | Rovanperä Kalle/ Halttunen J. | Toyota GR Yaris Rally1 | +50.5 |
| 4. | Evans Elfyn/ Martin Scott | Toyota GR Yaris Rally1 | +5:05.7 |
| 5. | Katsuta Takamoto/ Johnston A. | Toyota GR Yaris Rally1 | +7:29.6 |
| 6. | Solberg Oliver/ Edmondson E. | Toyota GR Yaris Rally2 | +8:32.9 |
| 7. | Pajari Sami/ Salminen Marko | Toyota GR Yaris Rally1 | +10:29.0 |
| 8. | Gryazin N./ Aleksandrov K. | Škoda Fabia RS Rally2 | +10:58.7 |
| 9. | Daprà R./ Guglielmetti L. | Škoda Fabia RS Rally2 | +12:15.3 |
| 10. | Kajetanowicz K./ Szczepaniak M. | Toyota GR Yaris Rally2 | +12:21.1 |
WRC2 et le reste du monde : crash, déboulonnage et opportunisme

Dans les coulisses du Rally1, la bagarre en WRC2 a tourné au jeu des chaises musicales. Emil Lindholm, trop pressé d’en finir, est allé explorer l’agriculture locale le dernier jour, laissant Roberto Daprà et Kajetan Kajetanowicz ramasser les miettes dorées du top 10. Quant à Sami Pajari, il avait flairé un bon coup avant de ruiner sa journée avec un arbre en mode ninja. Le jeune Finlandais pourra méditer sur l’importance de la trajectoire… et de la chance.
Un mot pour la météo ? Non, inutile. C’est la Sardaigne.
Inutile de préciser que la météo a été aussi stable qu’un pilote sous caféine : du soleil, de la poussière, des pierres volantes, quelques brises maritimes pour éparpiller les notes de pacenotes mal fixées… bref, une édition classique pour l’île italienne, où l’on confond régulièrement rallye WRC et reconstitution du Paris-Dakar.
Et maintenant, tous à Lamia pour l’Acropole !
| Pos | Pilote | Voiture | Total |
| 1 | Elfyn EVANS | 133 | |
| 2 | Sébastien OGIER | 114 | |
| 3 | Kalle ROVANPERÄ | 113 | |
| 4 | Ott TÄNAK | 108 | |
| 5 | 83 | ||
| 6 | Takamoto KATSUTA | 63 | |
| 7 | Adrien FOURMAUX | 44 | |
| 8 | Sami PAJARI | 31 | |
| 9 | Grégoire MUNSTER | 18 | |
| 10 | Joshua MCERLEAN | 12 |
Après ce bain de soleil et de sueur, direction la Grèce, pays des dieux et des suspensions brisées. L’Acropole promet un autre round de torture mécanique avec, espérons-le, des surprises, des drames et au moins un pilote furieux contre une chèvre en bord de route. Pendant ce temps, Ogier file vers un neuvième titre potentiel sans même faire la saison complète.
Conclusion :
La Sardaigne 2025 n’a pas changé la face du championnat, mais elle a confirmé une chose : tant que Sébastien Ogier sera capable de monter dans une voiture sans se coincer le dos, il faudra compter sur lui pour gâcher les espoirs des jeunes. Et ce, avec le sourire poli de celui qui vous bat… en vous expliquant comment il a fait.