Sachsenring. Ce charmant petit tortillard d’asphalte perdu dans l’ex-RDA, héritier d’un passé glorieux de courses sur routes ouvertes dans la région de Chemnitz, aujourd’hui recyclé en piste pour simulateur de conduite prudente. Mais une fois par an, miracle : ce circuit à la fois court (3,67 km), lent, et délicieusement absurde accueille le MotoGP pour un week-end de vrombissements, de freinages tardifs et de virages à gauche à n’en plus finir. Bienvenue au onzième rendez-vous du championnat, qui marque également le cap de la mi-saison. Pour être clair, la saison semble déjà pliée.
Marc Marquez : roi, empereur, dictateur du Sachsenring

Si l’Allemagne est connue pour son goût de l’ordre, Marc Marquez incarne parfaitement ce principe… du moins ici. Huit victoires au compteur sur ce circuit, dont certaines arrachées avec une facilité qui confine à l’indécence. L’Espagnol ne se contente pas de gagner au Sachsenring, il y humilie la concurrence. Et cette année, comme une cerise sur un gâteau déjà écœurant pour ses adversaires, il vient d’égaler Giacomo Agostini avec 68 victoires en catégorie reine. Le genre de symbole qui ne passe pas inaperçu — sauf peut-être pour Pecco Bagnaia, qui roule si loin derrière qu’il n’a probablement pas vu le podium depuis un drone.
| Pos | Pilote | Team | Total |
| 1 | M. Marquez | Ducati | 307 |
| 2 | A. Marquez | Gresini | 239 |
| 3 | F. Bagnaia | Ducati | 181 |
| 4 | F. Morbidelli | VR46 | 139 |
| 5 | F. Di Giannantonio | VR46 | 136 |
| 6 | M. Bezzecchi | Aprilia | 121 |
| 7 | J. Zarco | Honda LCR | 101 |
| 8 | P. Acosta | KTM | 98 |
| 9 | F. Aldeguer | Gresini | 81 |
| 10 | M. Viñales | Tech3 | 69 |
Et comme si ça ne suffisait pas, Marquez a 68 points d’avance au championnat. Une coïncidence numérique que les amateurs de symbolisme apprécieront. Marquez transforme chaque virage du Sachsenring en démonstration de domination. Son frère, Alex Marquez — charmant garçon, talent modeste — est son dauphin au classement. Oui, Marc n’est pas seulement en train de gagner, il organise une dynastie. La Casa Marquez, version deux-roues. Quant à Bagnaia, troisième, il regarde ce duo ibérique dominer le championnat avec l’enthousiasme d’une huitre cuite sous sédatif.
Jorge Martin : rapide, auparavant, de retour à Brno

Le pauvre absent Jorge Martin, lui, continue de collectionner les records au tour comme un philatéliste maniaco-dépressif : meilleur temps absolu, meilleure pole, meilleur tour en course…mais son retour n’est programmé que pour le GP de République tchèque le week end prochain. Son 01:19.423 à 166,3 km/h signé l’an passé, il peut l’encadrer et l’accrocher dans son salon. Quant à Pedro Acosta, détenteur du top speed 2024 avec 306,8 km/h, sa performance sur la ligne droite la plus longue de 700 mètres ressemble à une performance de dragster insérée dans un slalom de karting. Sympa, mais déconnecté de l’enjeu.
Sachsenring : 10 virages à gauche, 3 à droite, et un mal de cou assuré
Le circuit en lui-même ? Une anomalie géométrique. Dix virages à gauche pour seulement trois à droite, un asphalte qui donne le vertige plus qu’il ne fait rêver, et une largeur de 12 mètres qui transforme les dépassements en exercices de microchirurgie. On y roule à fond pendant… 2 secondes. Le reste du temps, c’est freinage, virage, ré-accélération timide, re-freinage. Autrement dit : une masterclass pour les techniciens du pilotage, un cauchemar pour ceux qui aiment la vitesse pure. Si vous êtes fan de sensations fortes confortables, regardez plutôt la ligne des stands : c’est là que se passe la vraie stratégie.
Et pourtant, malgré sa lenteur et son étrangeté, le Sachsenring offre souvent des courses animées. Parce que les pilotes, coincés comme des sardines, finissent par se toucher. Littéralement. Et ça, c’est vendeur.
MotoGP 2025 : ou comment tuer tout suspense à la mi-saison

On voulait un championnat disputé, haletant, dramatique ? On a eu droit à une masterclass de Marquez, une fuite en avant qui écrase toute tentative d’opposition. Pecco Bagnaia ? Invisible. Jorge Martin ? Indéniablement rapide et statistiquement brillant mais…absent pour cause de chutes à répétitions. Fabio Quartararo ? Quelqu’un a de ses nouvelles en dehors des sessions de qualifs ? Le paddock semble avoir accepté la supériorité du « patron » du MotoGP. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : Marc Marquez ne vient pas courir, il vient régner.
On pourrait croire qu’un tel écrasement tuerait l’intérêt. Mais non, le MotoGP 2025 continue d’exister, comme un soap-opéra dont on connaît déjà la fin, mais qu’on regarde quand même. Marquez pourrait prendre sa retraite demain que le championnat continuerait à tourner autour de lui.
Le reste du peloton : figurants sous stéroïdes

Les autres pilotes ? Ils sont là pour remplir la grille, offrir de l’action à la caméra et parfois prendre la tête pour quelques virages avant de rentrer dans le rang. Brad Binder fait ce qu’il peut avec sa KTM, Enea Bastianini cligne des yeux en espérant un miracle mécanique, et les rookies, comme Acosta, apprennent à survivre à 300 km/h sans vraiment comprendre où ils vont. Bref, on assiste à un théâtre de l’absurde sur deux roues.
En résumé : un GP d’Allemagne sous contrôle total
Le GP d’Allemagne est donc cette curieuse célébration annuelle de la répétition : même lieu, même vainqueur, mêmes lamentations. Marquez est intouchable, le Sachsenring est inchangeable, et le MotoGP… est incorrigible. La mi-saison s’annonce et le suspens est décédé.
Alors oui, les courses seront « serrées » et le public allemand, poli comme il se doit, applaudira la parade. Mais ne vous y trompez pas : ce n’est plus une compétition, c’est un jubilé permanent orchestré par Marc Marquez. Le seul suspense qui reste ? Savoir s’il gagnera le championnat avec trois ou quatre GP d’avance.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Vendredi 11 Juillet | ||||
| FP1 | 45′ | 10h45 | 12h45 | 15h45 |
| FP | 60′ | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| Samedi 12 Juillet | ||||
| FP2 | 30′ | 10h10 | 12h10 | 15h10 |
| Qualifs | 40′ | 10h50 | 12h50 | 15h50 |
| Course Sprint | 15 tours | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| Dimanche 13 Juillet | ||||
| Warmup | 10′ | 09h40 | 11h40 | 14h40 |
| Course | 30 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |