vendredi, octobre 16, 2026
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Marquez “à domicile” malgré la pluie…

Direction l’Allemagne pour le marqueur de mi-saison. Ses saucisses, ses forêts, ses châteaux… et ses journées MotoGP aussi imprévisibles qu’une météo de mars à Brest. Ce samedi au Sachsenring, les pilotes ont troqué les slicks pour les imper’ et les parapluies, dans un spectacle à mi-chemin entre une régate moto et une comédie tragique. Spoiler : Marc Marquez a encore gagné. Parce que bien sûr qu’il a gagné. On parle du Sachsenring, pas d’un tournoi de badminton du dimanche entre potes.

Le matin : Q2 ou le concours de plongeon MotoGP

Commençons par les qualifications, cette farce matinale trempée jusqu’à la moelle où les meilleurs pilotes du monde ont fait semblant de maîtriser l’aquaplaning. La pluie, tenace et bien installée, a redessiné le circuit en terrain de jeux pour enfants téméraires. Il ne manquait plus que des canards en plastique dans les flaques pour compléter le tableau.

Marc Marquez, fidèle à lui-même, a régné sur la Q2 comme un empereur sur sa baignoire, s’adjugeant la pole dans une séance où tenir debout relevait déjà de l’exploit. Derrière, Johann Zarco, l’éternel poissard magnifique, est passé tout près de décrocher la timbale avec sa Honda LCR, machine d’un autre temps qui semble avoir été conçue pour les pistes… mais pas mouillées, ni sèches d’ailleurs. Résultat : deuxième, à 0.151 seconde. À ce niveau-là, c’est quasiment une victoire.

On a aussi eu droit à quelques belles galipettes : Maverick Viñales et Jack Miller ont testé la dureté du bitume saxon dès leur tour de chauffe. Rassurez-vous, les pilotes vont bien. Les carénages, un peu moins. Les égos ? Laissons ça pour la suite.

Bezzecchi, quant à lui, s’est faufilé sur la première ligne, prouvant qu’il maîtrise aussi bien la glisse que les friteuses italiennes maîtrisent l’huile d’olive.

PosPiloteTeamChrono
1M. MarquezDUCATI1’27,811
2J. ZarcoHONDA LCR+0.151
3M. BezzecchiAPRILIA+0.421
4F. MorbidelliVR46+0.839
5P. AcostaKTM+0.968
6A. MarquezGRESINI+1.431
7F. QuartararoYAMAHA+1.439
8F. Di GiannantonioVR46+1.516
9J. MillerPRAMAC+1.660
10B. BinderKTM+1.694

L’après-midi : la course sprint ou la vengeance des grenouilles

Et puis vint la Sprint Race, qui aurait tout aussi bien pu s’appeler le Grand Prix de l’Aquarium. La pluie, jusqu’ici joueuse, a cette fois décidé de tout détremper. Certains pilotes ont dû penser à installer des essuie-visières automatiques tant les conditions étaient absurdes.

Marc Marquez, toujours aussi enthousiaste, s’est loupé dès le premier virage, prouvant qu’il est humain… avant de montrer qu’il ne l’est pas, en remontant tout le monde comme si la gravité et l’adhérence étaient des notions pour les autres.

Bezzecchi a mené 14 tours et demi de main de maître, dans une démonstration de maîtrise sur l’eau qu’on ne lui connaissait pas. Mais voilà, quand on mène devant Marquez, on ne respire jamais. Et à la fin, c’est toujours le #93 qui gagne. Dernier tour, attaque au freinage, passage extérieur-intérieur d’école, et paf, Bezzecchi redevient figurant.

Fabio Quartararo FRA Yamaha MotoGP GP Germany 2025 (circuit Sachsenring) 11-13/07/2025 

photo: MICHELIN

On aurait pu croire que Quartararo, rescapé d’une Yamaha toujours en errance technique, profiterait de la situation pour sombrer piteusement. Mais surprise ! Le Français s’est rappelé qu’il était champion du monde, a chaussé les bottes de pluie, et a arraché une troisième place qui avait des allures de résurrection. Champagne chez Monster Energy, Red Bull doit ruminer sa taurine.

Di Giannantonio a failli lui griller la politesse, mais a échoué à trois dixièmes. Miller, fidèle à son style “tout ou rien”, a fini cinquième, ce qui constitue un exploit pour une Pramac Yamaha censée se noyer dans un verre d’eau.

Derrière, Zarco a rétrogradé à la vitesse d’un escargot sous somnifères, probablement piégé par un mauvais choix de pneus ou une conspiration météo. Binder, Alex Marquez (en mode manchot héroïque avec sa main cassée) et Acosta ont complété le top 9. Ce dernier, entre deux glissades, a quand même marqué un point. Il paraît que c’est important pour le moral.

PosPiloteTeamChrono
1M. MarquezDUCATI22:25.747
2M. BezzecchiAPRILIA+0.938
3F. QuartararoYAMAHA+4.361
4F. Di GiannantonioVR46+4.683
5J. MillerPRAMAC+9.405
6B. BinderKTM+11.720
7J. ZarcoHONDA LCR+12.090
8A. MarquezGRESINI+12.347
9P. AcostaKTM+17.236

Marquez, toujours Marquez

Dix victoires en sprint en onze week-ends. À ce stade, ce n’est plus une domination, c’est une privatisation du championnat. Marquez gagne tout, même les jours où il commence mal, où il chute aux essais, où il fait nuit, où il pleut, neige ou vente. Le type pourrait gagner une course en trottinette, attaché à un side-car conduit par un chimpanzé, que ça ne surprendrait plus personne.

La vraie question maintenant : peut-on l’arrêter ? Réponse demain, pour la course principale. Mais ne vous faites pas d’illusions. S’il pleut, il gagne. S’il fait sec, il gagne. S’il neige, il gagne. Et s’il casse sa moto ? Il trouvera le moyen de gagner quand même, probablement à pied, en courant plus vite que les autres, le transporteur collé à une botte.

En résumé, le samedi au Sachsenring a été un remake de “Marquez et les autres”, dans sa version aquatique. On en rit, on en pleure… mais surtout, on attend le prochain épisode.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnam
Dimanche 13 Juillet
Warmup10′09h4011h4014h40
Course30 tours14h0016h0019h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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