samedi, octobre 17, 2026
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Marquez contre Martin, duel de titans à Phillip Island : La danse des pneus et des trajectoires folles

Ce tracé littoral où les mouettes se prennent parfois pour des drapeaux jaunes ! Aujourd’hui, c’est la course principale de MotoGP à Phillip Island qui nous offre un spectacle digne d’une finale hollywoodienne. À la pole position, nous avons Jorge Martin, leader du championnat, prêt à faire le show sur un asphalte tout neuf. Derrière lui, l’homme, la légende, Marc Marquez, qui, déjà, sur la grille, semble avoir les nerfs à vif puis Pecco Bagnaia, Champion en titre et dauphin du Championnat provisoire. Vous l’aurez noté 3 Duc’ aux avant postes…mais de trois teams différents, un must !

Marquez et le Tear-Off fatal

Il faut dire que Marc Marquez avait quelques raisons d’être tendu. Hier, un mauvais départ lui a coûté cher, incapable de décliquer sa fourche au premier freinage. Et aujourd’hui, c’est encore un petit film plastique qui vient semer la zizanie. Juste avant l’extinction des feux, le voilà en train de jeter un tear-off de son casque, ce film plastique protecteur pour le visière. Problème : le tear-off en question atterrit sous sa roue arrière comme le pilote l’avait pressenti en regardant à plusieurs reprises où était parti se loger ce film. Résultat ? Patinage artistique au démarrage, sa Ducati version 2023 glisse comme une savonnette et Marquez est relégué à la P15. Décidément, Marc et les départs, c’est comme une mauvaise comédie romantique : on sait que ça va mal finir, mais on regarde quand même.

Pendant ce temps, Jorge Martin fait ce que Jorge Martin fait de mieux : un départ parfait, impeccable, digne d’un métronome espagnol. Il s’envole, et derrière lui, Bagnaia s’accroche à la roue de Marco Bezzecchi, qui, pour la petite anecdote, doit effectuer un long lap penalty après avoir percuté un concurrent dans le sprint de la veille. Mais quand on s’appelle Bezzecchi, même un long lap est l’occasion de semer le chaos.

Brad Binder, mouettes et lièvres : La poisse australienne

Bezzecchi se prépare donc pour son long lap penalty au quatrième tour, et c’est là que la magie opère. Brad Binder, héros local, auteur d’un départ de feu (P11 à P4, s’il vous plaît !), se fait perturber par Bezzecchi qui prend large. La concentration de Binder vacille, et Marquez, toujours en mission de rattrapage express, en profite pour doubler deux places d’un coup. Binder, quant à lui, continue d’accumuler les mésaventures australiennes. Hier, il a heurté une mouette, et un lièvre suicidaire est venu s’offrir une petite balade sous ses roues. Aujourd’hui, c’est Bezzecchi qui vient jouer les trouble-fêtes. Décidément, Phillip Island ne veut pas lui faire de cadeaux.

Le retour de la fourmi : Marquez en mode missile

Nous sommes au neuvième tour, et déjà, Jorge Martin a creusé un écart de huit dixièmes sur Bagnaia. Derrière, Marquez, revenu sur le podium provisoire, claque des chronos plus rapides que tout le monde, en se rapprochant dangereusement de Pecco. La fourmi espagnole a des crocs aujourd’hui. À chaque freinage, il est collé à Bagnaia, mais la Ducati 2024 de l’Italien est plus efficace, plus puissante et dispose clairement d’une meilleure motricité en charge. Pourtant, Marquez s’accroche. Et là, à mi-course, les trois hommes de tête sont réunis comme un gang de bikers décidés à semer la panique. L’ambiance est électrique, et pour couronner le tout, ils ont déjà quatre secondes d’avance sur le reste de la meute. Un autre monde, un autre niveau.

Duel au sommet : Marquez, Martin, et la Ducati 2024

Le 12ème tour marque un tournant. Bagnaia passe brièvement en tête, mais il se loupe dans le virage suivant. Martin en profite pour reprendre les commandes, et Marquez, opportuniste comme jamais, se glisse en P2. Voilà donc Marc devant la Ducati officielle de Bagnaia, prouvant une fois de plus que l’expérience prime sur tout le reste, même sur une machine plus ancienne.

Les trois pilotes continuent de se chamailler, mais Marquez, avec ses trois victoires à Phillip Island au compteur, sait qu’il a l’avantage de la connaissance du terrain. Ni Martin ni Bagnaia n’ont encore goûté à la victoire sur ce circuit australien. Et pendant ce temps, le reste du peloton est relégué dans une autre dimension, loin derrière. C’est comme si la course se jouait entre trois surhommes et… le reste du monde.

La gestion des pneus : un art à haute vitesse

À mi-course, les positions semblent figées. Les trois pilotes se surveillent, gérant avec soin leurs pneumatiques comme des chefs cuisiniers ajustant leurs plats pour le sprint final. Mais Marquez ne lâche rien. Collé à deux dixièmes de Martin, il met la pression sur le leader du championnat. Tour après tour, il claque des temps plus rapides que Bagnaia, qui commence à montrer des signes de fatigue, multipliant les petites erreurs. À ce niveau de compétition, chaque micro-décalage se paye cher, et Pecco se retrouve distancé, à près de deux secondes de la bataille pour la victoire.

Le dernier acte : Marquez impérial

Avec neuf tours à boucler, Marquez continue de jouer la carte de l’agressivité. Il ne lâche rien, restant à deux dixièmes de Martin, surveillant à la fois l’état de ses pneus et celui de son adversaire. Bagnaia, quant à lui, est à six secondes. C’est le duel final, l’affrontement entre l’expérience de Marquez et la jeunesse de Martin. Et ce duel promet d’être épique jusqu’au dernier tour.

À cinq tours de l’arrivée, Marquez tente une première attaque à la réaccélération au virage 4. Il prend une trajectoire plus large, passe en tête, mais Martin riposte au bout de la ligne droite avec un freinage digne des plus grands. À trois tours de la fin, c’est à toi, à moi. Marquez reprend la tête, Martin ne lâche rien, adoptant des trajectoires différentes pour essayer de surprendre la fourmi. Mais Marquez est dans un autre monde aujourd’hui, et il compte bien arracher sa troisième victoire de la saison.

La victoire de l’expérience

Dans le dernier tour, Marquez prend enfin le large. Martin, malgré une belle résistance, doit se contenter de la P2, tandis que Bagnaia, toujours à la traîne, franchit la ligne huit secondes derrière. Marc Marquez célèbre sa 62ème victoire en MotoGP, une victoire qui fait aussi un petit clin d’œil à l’avenir : l’année prochaine, il sera coéquipier de Bagnaia. Un partenariat explosif en perspective. Pour l’histoire, top6 occupé par…des Ducati évidemment. Brad Binder parvient à arracher une P6 alors que la première machine japonaise est la Yam’ du français Quartararo plutôt pas mal en course mais qui pêche toujours en Time Attack.

osPiloteEcurieChrono
1M. MarquezGresini Racing MotoGP39:47.702
2J. MartinPrima Pramac Racing+0.997
3F. BagnaiaDucati Lenovo Team+10.100
4F. Di GiannantonioPertamina Enduro VR46 Racing Team+12.997
5E. BastianiniDucati Lenovo Team+13.310
6F. MorbidelliPrima Pramac Racing+15.434
7B. BinderRed Bull KTM Factory Racing+15.450
8M. ViñalesAprilia Racing+16.636
9F. QuartararoMonster Energy Yamaha MotoGP Team+18.757
10R. FernandezTrackhouse Racing+19.345
Résultat Final Course principale Philipp Island 24

Quant à Jorge Martin, cette P2 lui permet de creuser encore un peu plus l’écart au championnat. Il compte désormais 20 points d’avance sur Bagnaia, un gouffre à ce niveau de compétition. Mais pour aujourd’hui, c’est Marquez qui est roi à Phillip Island, prouvant une fois de plus que même avec une Ducati 2023, on peut toujours jouer les trouble-fêtes dans la cour des grands 2024.

Pos.RiderTeamPoints
1J. MartinPrima Pramac Racing424
2F. BagnaiaDucati Lenovo Team404
3M. MarquezGresini Racing MotoGP345
4E. BastianiniDucati Lenovo Team331
5B. BinderRed Bull KTM Factory Racing192
6P. AcostaRed Bull GASGAS Tech3181
7M. ViñalesAprilia Racing171
8F. MorbidelliPrima Pramac Racing151
9F. Di GiannantonioPertamina Enduro VR46 Racing Team150
10A. EspargaroAprilia Racing136
Classement provisoire MotoGP après Philipp Island

Prochain rendez-vous, on continue la tournée asiatique en Malaise pour le 18eme GP de la saison, ante pénultième épreuve de la saison.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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