samedi, octobre 17, 2026
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Marquez dans son jardin maudit plein de lauriers…

Après le récital des frères Márquez en Thaïlande – Marc en maestro tyrannique et Álex en fidèle acolyte –, le MotoGP débarque ce week-end à Termas de Río Hondo, en Argentine, pour la deuxième manche de la saison. Il était temps parce que, soyons honnêtes, l’édition 2024 a été rayée du calendrier plus vite qu’un pneu Michelin sur l’asphalte argentin. Officiellement, c’est à cause des « circonstances actuelles » et d’un promoteur incapable de garantir les standards requis. Traduction : le gouvernement de Javier Milei, avec sa politique de coupes budgétaires aussi tranchante qu’une tronçonneuse, a décidé que le MotoGP ne valait pas un peso. Résultat ? Annulation pure et simple, pas de remplacement, et un « on espère revenir en 2025 » qui sonne comme une promesse d’ivrogne. Mais cette année, la caravane revient, et avec elle, son lot de drames et de poussière.

Termas de Río Hondo : un circuit qui ne pardonne pas les fanfaronnades

Depuis son arrivée au calendrier en 2014, ce tracé de 4,8 km, niché dans la pampa santiagueña, est un cocktail explosif de technique et de chaos. Quatorze virages – 5 à gauche, 9 à droite –, une ligne droite de 1,076 km où Jorge Martín a collé un 345,5 km/h en 2023, et un record en qualifications (1’37,683) que Marc Márquez a planté en 2014 sans que personne ne vienne le chatouiller depuis. En course, Valentino Rossi reste le roi du chrono (1’39,019 en 2015), une époque où Márquez préférait encore les podiums aux ballets dans le gravier. Avec son asphalte abrasif et ses enchaînements vicieux, Termas exige des nerfs d’acier et des pneus qui ne fondent pas comme du beurre au soleil. On ajoute pour le même prix à cette équation des pluies aussi soudaines que diluviennes qui peuvent s’abattre sur Termas. Les dépassements se jouent dans la ligne droite ou au freinage du virage 13, parfois au prix d’un détour sur les coudes pour les moins attentifs. Bref, un terrain idéal pour les furieux comme Márquez, mais un piège pour les prudents.

Márquez, roi incontesté ou kamikaze en sursis ?

Avec trois victoires (2014, 2016, 2019), Marc Márquez est le caïd local. Mais ne vous fiez pas aux apparences : Termas, c’est aussi son terrain de jeu préféré pour jouer les cascadeurs. En 2018, il a transformé Rossi en quille de bowling, récoltant une pénalité et une inimitié éternelle. Son style agressif lui a valu autant de couronnes que de gamelles, et ce week-end, après son cavalier seul en Thaïlande, il risque encore de confondre la piste avec un trampoline. Génie ou tête brûlée ? À Termas, il est souvent les deux à la fois.

Pecco Bagnaia : l’urgence de sortir du néant

Et puis il y a Pecco Bagnaia, le champion en plein doute métaphysique qui regarde Márquez s’envoler au classement comme un gamin perdu dans la foule. Termas ? Un cauchemar récurrent pour l’Italien. Meilleur résultat : une cinquième place en 2022, autant dire une humiliation déguisée en lot de consolation. Pas de podium, pas de frissons, juste une Ducati qui semble rouler sur des œufs dès qu’elle foule ce sol maudit pour lui. Après l’annulation de 2024 – merci Milei pour ce répit forcé –, Pecco doit absolument se ressaisir. Márquez caracole en tête, et chaque point perdu ici pourrait peser lourd dans la bataille pour le titre. Sur le papier, l’Espagnol n’a rien à craindre. Mais un Bagnaia acculé pourrait bien sortir les crocs… ou pas.

2024 : l’année où l’Argentine a dit « pas de plata, pas de MotoGP »

Revenons sur ce fiasco de 2024. Prévue début avril, la course a été torpillée par la rigueur budgétaire du nouveau président argentin. Fini les subventions publiques, fini les rêves de grandeur. Les organisateurs ont jeté l’éponge, invoquant une incapacité à garantir la logistique – comprendre : pas d’argent, pas de show. C’est là où l’on constate que les nations font la course .. ou pas. Bisous aux tricolores pour la F1 en passant! Les billets étaient déjà vendus, les équipes avaient leurs billets d’avion, mais Milei a préféré garder ses pesos pour autre chose. Résultat : un calendrier amputé d’une manche, et Termas relégué au rang de souvenir amer. Pour 2025, les sponsors privés ont apparemment mis la main à la poche, mais le fiasco de l’an dernier plane encore comme une odeur de gomme brûlée. L’attrait populaire sera la clé de la poursuite de l’aventure argentine.

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
Vendredi 14 Mars
FP145′10h4517h4514h4520h45
FP60′15h0022h0019h0001h00(J+1)
Samedi 15 Mars
FP230′10h1017h1014h1020h10
Qualifs40′10h5017h5014h5020h50
Sprint race12 tours15h0022h0019h0001h00(J+1)
Dimanche 16 Mars
Warmup10′10h4017h4014h4020h40
Course25 tours15h0022h0019h0001h00(J+1)

Un week-end sous haute tension

Alors, à quoi s’attendre cette fois ? Márquez en mode rouleau compresseur ? Bagnaia enfin capable de briser sa malédiction ou résolu à danser le tango en solitaire loin derrière les frangins ibériques ? Entre la poussière, les règlements de comptes et les egos survoltés, Termas de Río Hondo promet du spectacle.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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