Le circuit de Losail, ce ruban d’asphalte perdu dans le désert qatari, a accueilli hier la première journée du Grand Prix du Qatar, édition 2025. Une journée placée sous le signe du retour tant attendu de Jorge Martin, champion en titre, qui a enfin retrouvé sa selle après un accident en tests à Sepang. Spoiler : il n’a pas fait d’étincelles, et c’est un euphémisme. Pendant ce temps, Marc Marquez, fidèle à son rôle de cauchemar ambulant pour ses rivaux, a posé ses pneus en haut de la feuille des temps comme si de rien n’était. Bienvenue à Doha, où le sable est chaud, mais l’action, elle, reste tiédasse.
FP1 : Marquez se pavane, Martin se cherche

Dès les premiers tours de roue, Marc Marquez a décidé de rappeler à tout le monde pourquoi il reste le patron. P1 en FP1, avec un chrono qui a laissé son frère Alex Marquez à la traîne en P2 – jusqu’à ce que Fabio Di Giannantonio, boosté par son podium à Austin, ne vienne jouer les trouble-fête pour chiper la deuxième place. Francesco Bagnaia, lui, a attendu la fin de la session pour se hisser en P3, histoire de ne pas trop froisser l’ego de son coéquipier Ducati. Pendant ce temps, Maverick Viñales a surpris en plaçant sa KTM en P5, prouvant que, parfois, même une orange peut briller sous les projecteurs.
Et Jorge Martin dans tout ça ? Eh bien, disons que son retour a été… discret. Vingtième, à des années-lumière du rythme de Marquez, le néo-pilote Aprilia a passé la journée à apprivoiser une RS-GP qui, visiblement, ne lui fait pas encore de câlins. “Il me faudra du temps“, avait-il prévenu. On veut bien le croire, mais à ce rythme, il risque de prendre sa retraite avant de retrouver le podium. Vingt tours pour se remettre en jambe, c’est mieux que rien, mais c’est loin d’être un conte de fées.
Ailleurs, la session a offert son lot de mini-dramas, comme une prise de bec entre Franco Morbidelli et Fabio Quartararo. Le Français, visiblement agacé par la balade touristique de Morbidelli sur la trajectoire, a fini P11, la mine renfrognée. Jack Miller, lui, a décidé de tester la gravité à T4, s’offrant une chute sans conséquence mais spectaculaire. Quant à Johann Zarco, il a débuté la journée par un problème technique dès le premier virage, parce que, visiblement, Honda tient à garder sa réputation de poissard officiel.
FP2 : Morbidelli sort du bois, Martin reste dans le sable

La deuxième session, celle des essais libres qui conditionnent l’accès direct à la Q2, a vu Franco Morbidelli jouer les héros de dernière minute. Un tour canon dans les ultimes instants lui a permis de damer le pion à Bagnaia, qui croyait tenir la pole position du jour. Marquez, jamais loin, a complété le trio de tête, pendant que Martin continuait son apprentissage laborieux, loin du top 10. Vingt tours sans encombre, c’est déjà une victoire pour le champion, mais à 1,5 seconde de Morbidelli, on est plus proche du courage que de la gloire.
Le sprint final pour la Q2 a offert quelques frissons – ou plutôt des frissons d’ennui, selon où l’on place le curseur. Alex Marquez, qui menait à mi-session, a vu son chrono relégué au rang de souvenir par une meute de pilotes en pneus neufs. Di Giannantonio, toujours dans le coup, s’est glissé en P4, tandis que Quartararo, revanchard, a arraché une sixième place inespérée pour Yamaha. Pedro Acosta, Viñales, le rookie Fermin Aldeguer et Zarco (oui, Zarco !) ont complété la liste des heureux élus pour la Q2. De son côté, Jack Miller a encore visité le bac à graviers, cette fois à T7, prouvant que la constance est une vertu… même dans la chute.
Le grand cirque sous les projecteurs

Qu’on se le dise : cette première journée à Losail n’a pas révolutionné le MotoGP. Marquez domine, comme d’habitude, avec ce mélange agaçant de talent brut et d’arrogance maîtrisée. Bagnaia et Di Giannantonio suivent, parce qu’une Ducati reste une Ducati, même dans le désert. Morbidelli, boosté par la présence de Valentino Rossi dans les stands, a rappelé qu’il n’est pas qu’un faire-valoir. Et Martin ? Il rame, il galère, il apprend. Passer de la Ducati, machine à gagner, à une Aprilia encore en rodage, c’est un peu comme troquer une Ferrari pour une trottinette électrique : ça avance, mais ça manque de panache.
Le plus ironique, c’est que cette journée, censée vibrer au rythme du retour du champion, a surtout mis en lumière ses rivaux. Martin en Q1 samedi ? C’est presque une formalité, vu son rythme actuel. Mais ne le sous-estimons pas : le #1 a déjà prouvé qu’il savait rebondir. Reste à savoir s’il le fera dès ce week-end ou s’il faudra attendre que le sable de Losail arrête de lui coller aux pneus.
Et maintenant ?
Samedi, la lutte pour la Q2 promet d’être un carnage. Martin, Quartararo et consorts vont devoir cravacher pour éviter le piège de la Q1, pendant que Marquez et Bagnaia continueront de jouer aux échecs en haut de la grille. Une chose est sûre : à Losail, le désert ne pardonne pas. Et pour l’instant, c’est Marquez qui tient l’oasis, pendant que Martin cherche encore son chemin. On lui souhaite bon courage – il va en avoir besoin.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Samedi 12 Avril | |||||
| FP2 | 30′ | 15h00 | 16h00 | 14h00 | 19h00 |
| Qualifs | 40′ | 15h40 | 16h40 | 14h40 | 19h40 |
| Sprint Race | 11 tours | 20h00 | 21h00 | 19h00 | 00h00 |
| Dimanche 13 Avril | |||||
| Warm up | 10′ | 15h40 | 16h40 | 14h40 | 19h40 |
| Course | 22 tours | 20h00 | 21h00 | 19h00 | 00h00 |