Le MotoGP a enfin posé ses valises en Europe après un tour du monde qui semblait interminable, et Jerez, fidèle à sa réputation, a offert une première journée du GP d’Andalousie aussi chaotique qu’un marché andalou un samedi matin. Au centre de ce cirque ? Alex Marquez, le cadet des frangins prodiges, qui a transformé une excursion dans le bac à graviers en une masterclass digne d’un blockbuster hollywoodien. Un crash spectaculaire, un record du tour pulvérisé, et une avance de 0,103 seconde sur Francesco Bagnaia : bienvenue dans le show Alex, où même les chutes sont un prélude à la gloire. Pendant ce temps, le reste de la grille a passé la journée à jouer aux quilles, avec des motos valsant dans tous les sens et des pilotes qui semblaient avoir oublié comment tenir un guidon.
Alex Marquez, de la gamelle au triomphe

La journée avait pourtant mal commencé pour le pilote Gresini. À peine le temps de dire « olé » qu’Alex Marquez s’est retrouvé à embrasser le gravier à la sortie du virage 5, emportant dans sa chute une barrière pneumatique (air fence) qui a déclenché un drapeau rouge. On aurait pu penser que le dauphin du championnat, déjà dans l’ombre de son inévitable grand frère Marc, allait rentrer au stand la queue entre les jambes. Que nenni ! Le #73 a repris sa Ducati GP24 comme si de rien n’était et a signé un 1:35.991, le premier tour de l’histoire de Jerez dans la tranche des 1:35. Un record absolu, une claque monumentale, et une manière de rappeler à tout le monde qu’il n’est pas juste « le frère de ». Chapeau bas, Alex, pour ce comeback qui sent bon le panache.
Derrière lui, Francesco Bagnaia, le métronome de Ducati, a tenté de limiter les dégâts avec un chrono à 0,103 seconde. Pas mal, Pecco, mais face à un Alex en mode bulldozer, c’est presque anecdotique. Franco Morbidelli, sur sa VR46, complète le top 3, pendant que Marc Marquez, le leader du championnat, se contente d’une quatrième place. Oui, vous avez bien lu : pour une fois, c’est Alex qui vole la vedette au sextuple champion. On attend avec impatience la réunion de famille ce soir à l’hôtel.
Une séance digne d’un rodéo

Si Alex Marquez a brillé, le reste de la grille a transformé Jerez en terrain de rodéo. Les chutes se sont enchaînées comme les tapas dans un bar andalou. Fabio Quartararo, qui avait pourtant pris les commandes en début de séance avec un 1:37.071, s’est offert une glissade au virage Jorge Lorenzo, ruinant un tour prometteur et semant la pagaille avec des drapeaux jaunes. Brad Binder, Pedro Acosta, Jack Miller, Raul Fernandez, Ai Ogura… la liste des pilotes ayant goûté au bitume est plus longue qu’une novela espagnole. Même Marc Marquez, d’habitude aussi stable qu’une statue, a failli rejoindre le club des culbuteurs avec un moment chaud au virage 6. À croire que Jerez avait décidé de distribuer des leçons d’humilité à tour de bras.

Et pourtant, au milieu de ce chaos, certains ont tiré leur épingle du jeu. Fabio Quartararo, malgré sa chute, a rebondi pour accrocher une belle cinquième place, prouvant que le champion 2021 a encore du feu dans le ventre. Fermin Aldeguer, la pépite de Gresini, a fait vibrer le public local avec une sixième place qui sent la promesse d’un avenir radieux. Johann Zarco, sur sa Honda, et Pedro Acosta, le rookie prodige de KTM, ont eux aussi sécurisé leur ticket pour la Q2, tout comme Fabio Di Giannantonio et Joan Mir. Binder, en revanche, rate le coche pour 0,055 seconde. Dur.
Ducati, et le bal des pneus

Si Jerez a été le théâtre d’un festival de chutes, les pneus, n’y sont peut-être pas pour rien. Les équipes ont passé la journée à tâtonner, cherchant la fenêtre d’utilisation idéale pour ces gommes capricieuses. Ducati, comme d’habitude, semble avoir une longueur d’avance, avec trois motos dans le top 4. Yamaha, emmené par un Quartararo combatif, tient bon, mais Honda et KTM ont du pain sur la planche. Les réglages, dans ce contexte, sont une science occulte, et ceux qui n’ont pas encore trouvé la formule – coucou, Binder – risquent de passer un week-end compliqué.
| Pos | Pilote | Team | Chrono |
| 1 | A. Marquez | GRESINI | 1’35,991 |
| 2 | F. Bagnaia | DUCATI | +0.103 / +0.103 |
| 3 | F. Morbidelli | VR46 | +0.162 / +0.059 |
| 4 | M. Marquez | DUCATI | +0.267 / +0.105 |
| 5 | F. Quartararo | YAMAHA | +0.428 / +0.161 |
| 6 | F. Aldeguer | GRESINI | +0.517 / +0.089 |
| 7 | J. Zarco | HONDA | +0.544 / +0.027 |
| 8 | P. Acosta | KTM | +0.639 / +0.095 |
| 9 | F. Di Giannantonio | VR46 | +0.645 / +0.006 |
| 10 | J. Mir | HONDA | +0.695 / +0.050 |
Vers une bataille fratricide ?
Avec les qualifications et la course sprint prévues aujourd’hui, Jerez s’apprête à offrir un nouveau round de ce soap opera à deux roues. Alex Marquez, fort de son record, partira favori, mais Bagnaia et Morbidelli ne vont pas se laisser faire. Et que dire de Marc Marquez, qui doit bouillir de voir son petit frère lui voler la vedette ? Une chose est sûre : la bataille pour la pole et la sprint va être explosive. En attendant, on savoure cette première journée où Alex Marquez a transformé une gamelle en triomphe, où Jerez a joué les juges impitoyables, et où le MotoGP nous a rappelé pourquoi on aime ce sport : parce qu’il est aussi imprévisible qu’un taureau dans l’arène. Allez, à vos pronostics, et que le meilleur des Marquez l’emporte … ou pas !
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Samedi 26 Avril | ||||
| FP2 | 30′ | 10h10 | 12h10 | 15h10 |
| Qualifs | 40′ | 10h50 | 12h50 | 15h50 |
| Sprint race | 12 tours | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| Dimanche 27 Avril | ||||
| Warmup | 10′ | 09h40 | 11h40 | 14h40 |
| Course | 25 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |