À MotorLand Aragon, il existe deux types de pilotes : ceux qui viennent faire de la figuration, et ceux qui s’appellent Marc Marquez. Le premier domine l’asphalte local comme un prof de Zumba sur un dancefloor vide, pendant que le reste du plateau se débat dans une comédie mécanique. Résumé d’un samedi à la gloire du #93, où même ses galères tournent à son avantage, pendant que ses rivaux s’empilent derrière ou s’entredéchirent pour les miettes.
Qualifications : le Magnifique… encore

Septième pole à Aragon pour Marc Marquez, et cette fois, c’est une pole record. À croire que MotorLand a été conçu pour lui, à moins que ce ne soit l’inverse. Toujours est-il que le #93, sur sa Ducati d’usine, a dégainé un 1:45.704 qui a mis tout le monde d’accord, à commencer par son petit frère Alex, pourtant bien plus qu’un faire-valoir cette saison. Franco Morbidelli complète une première ligne sortie tout droit d’un spin-off improbable : Les Marquez contre les Morbides.
Pendant que les frères Marquez se tiraient la bourre à coups de dixièmes, les autres avaient déjà sorti la boîte à mouchoirs. Bagnaia ? Invisible, sauf quand il sauve une chute avec un écart à la Bambi sur la glace. Bezzecchi ? Par terre dès le premier virage de Q1, et dans les stands avec une Aprilia en panne dès la tentative suivante. Quartararo a bien tenté un dernier baroud d’honneur pour sauver la face Yamaha. Même les KTMs avaient l’air perdues, sauf quand Acosta décidait d’être brillant… entre deux fautes de débutant.
En somme, Marc Marquez a verrouillé la première place avec la nonchalance d’un prof qui corrige des copies au stylo rouge en riant. Pas de drame, pas de suspense : juste une démonstration de force.
| Pos | Pilote | Team | Chrono |
| 1 | M. Marquez | DUCATI | 1’45,704 |
| 2 | A. Marquez | GRESINI | +0.260 |
| 3 | F. Morbidelli | VR46 | +0.280 |
| 4 | F. Bagnaia | DUCATI | +0.603 |
| 5 | P. Acosta | RED BULL | +0.617 |
Sprint : les Marquez font le show, les autres font la queue
Une pole record, c’est bien. Un mauvais départ suivi d’une victoire autoritaire, c’est mieux. Marc Marquez, décidément fâché avec l’idée même de modération, a raté son envol, s’est pris Acosta comme un piéton distrait prend un vélo électrique, a glissé en 4e place, puis a méthodiquement déroulé son plan : remonter tout le monde, doubler son frère, gagner. Septième victoire en Sprint cette saison. Aragon lui appartient, les autres paient le loyer.
Alex Marquez, pour sa part, avait pris le holeshot en mode “petit frère revanchard”, mais a dû rendre la tête à mi-course, faute d’un rythme suffisant pour contenir le bulldozer fraternel. Cela dit, il assure un doublé Marquez, ce qui suffira à déclencher des larmes d’émotion chez Gresini et des sueurs froides chez les comptables de Ducati : le titre 2025 commence à ressembler à une affaire de famille. Un Marquez sera champion, reste à savoir lequel.

Derrière, le rookie Fermin Aldeguer a déchaîné sa fougue d’ado turbulent pour aller chercher la troisième place avec une attaque finale sur Morbidelli, qui a dû sentir passer le vent du boulet. L’Espagnol fait une nouvelle fois preuve de talent… et d’un certain mépris pour les distances de sécurité. Acosta, lui, a mené trois bagarres dans la même course : contre Marc au départ, contre Aldeguer en milieu de sprint, puis contre sa propre incapacité à finir proprement ses dépassements. Résultat ? Cinquième. C’est bien, mais ça sent le gâchis à chaque virage.
Bagnaia, Quartararo, Bezzecchi : le trio de la lose

Pendant que les Marquez raflent tout, d’autres continuent de faire campagne pour le Prix du Grand Effondrement. Bagnaia, pourtant double champion en titre, a chuté en rythme et en classement. Douzième à l’arrivée, après avoir visité l’extérieur du virage 7 avec l’élégance d’une vache sur des rollers. Son championnat se délite plus vite qu’un cheesecake sous le soleil espagnol.
Fabio Quartararo, malgré une Q1 solide, s’est vu dépouillé un à un de ses espoirs par Viñales, Binder, Bezzecchi et même le vent de l’histoire. Neuvième à l’arrivée, toujours en quête d’une Yamaha qui ne le trahisse pas tous les dimanches, samedis compris.

Et que dire de Marco Bezzecchi ? Parti 20e, il finit 8e. C’est bien, c’est courageux… mais c’est aussi le prix à payer quand on transforme chaque Q1 en crash-test grandeur nature. Aprilia se frotte les yeux : Silverstone n’était donc qu’un mirage.
L’arrière-cour : coups de coude et pertes de contrôle
Derrière ce haut de tableau dominé par les frérots de Cervera, le peloton s’est transformé en baston de rue entre équipes techniques et ego en panique. Joan Mir s’est offert un joli jardinage suivi d’une gamelle par la faute de Jack Miller qui a logiquement pris une Long Lap Penalty, histoire de ne pas perdre la main sur sa collection personnelle de sanctions, et Brad Binder a grappillé un point, ce qui relève de l’exploit.
| Pos | Pilote | Team | Chrono |
| 1 | M. Marquez | DUCATI | 19:43.026 |
| 2 | A. Marquez | GRESINI | +2.080 |
| 3 | F. Aldeguer | GRESINI | +4.630 |
| 4 | F. Morbidelli | VR46 | +5.944 |
| 5 | P. Acosta | KTM | +6.095 |
| 6 | F. Di Giannantonio | VR46 | +6.379 |
| 7 | M. Viñales | TECH3 | +7.213 |
| 8 | M. Bezzecchi | APRILIA | +8.343 |
| 9 | B. Binder | KTM | +9.982 |
Fernandez, Di Giannantonio et Viñales ont animé les débats… à défaut d’en sortir glorieux. Et pendant ce temps, Raul Fernandez, malgré une belle perf en Q1, finit 10e, juste assez proche pour espérer, mais jamais assez rapide pour concrétiser. En sprint, seuls les neuf premiers classés marque des points.
Marquez, leader chez lui… et chez Ducati
Avec cette nouvelle victoire, Marc Marquez s’envole au classement général. Il compte désormais 27 points d’avance sur son frère et a déjà verrouillé sa place de leader en arrivant à Mugello. À ce rythme, le titre pourrait être joué bien avant Valence. Ducati jubile, même si ce n’est pas le pilote qu’ils avaient prévu de voir dominer. Pecco, réveille-toi.
Dimanche, place à la course principale. Mais sauf tremblement de terre ou invasion de criquets, difficile d’imaginer un scénario où Marc ne fait pas le doublé. MotorLand est son royaume. Et pour l’instant, personne n’a trouvé la clé.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Dimanche 8 Juin | ||||
| Warm up | 10′ | 09h40 | 11h40 | 14h40 |
| Course | 23 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |