vendredi, mai 24, 2024
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Matthieu et sa teutonne…

A la Réunion, le Run est une activité de sports mécaniques relativement récente. Répondant à une demande claire des amateurs de vitesse pure, les courses d’accélération sont désormais encadrées, sécurisées et répondent à des normes sportives établies par la FIA au plus haut niveau et adaptées à la pratique tricolore par le biais de la FFSA pour les amateurs.

Evidemment nombre de rageux continueront de décrier tout sport mécanique mais la plupart d’entre eux ont au mieux oublié leur attitude lors de leur adolescence et au pire sont d’affreux frustrés, jaloux de ne pas être alignés. Pour le reste, loin de moi l’idée de présenter les sports mécaniques comme vertueux mais sont un mal nécessaire comme nous avons déjà eu l’occasion de l’expliquer et le prouver factuellement.

Honnêtement, je préfère largement savoir ces mordus d’accélération et de sensations sur une piste plutôt que sur une route sur laquelle je serais en train de rouler avec ma petite famille.

Cela posé, le Run a la Réunion est une activité en pleine expansion. Parmi les pratiquants, Matthieu Lauret fait un petit peu figure d’extra terrestre. Au civil, le jeune homme est un chef d’entreprise responsable qui, nombre de ceux qui décrient le Run ne le savent pas, travaille au quotidien avec les enfants à travers ses différentes structures d’animation. Matthieu est intransigeant concernant la sécurité des jeunes enfants qui lui sont confiés et leur permet de pratiquer quantité d’activités lors de chaque fête foraine et à l’occasion lors d’animations privées.

La bébête teutonne de Matthieu ici au Run400 de Saint Joseph en 2022 avec sa désormais ancienne déco

Passionné de « pousse » comme il le reconnait lui-même, il avait l’habitude d’être présent lors des rassemblements mais pas en tant que participant. Dingue de belles voitures, il a accomplit un de ses rêves. « J’ai longuement cherché une voiture particulière qui me plaisait pour mon usage au quotidien » entamait-il. « J’ai finalement trouvé ma perle rare en Angleterre et je l’ai fait acheminé à la Réunion en 2018. » Sa BMW 335i, c’est bien elle dont il s’agit, est donc arrivée il y a 5 ans maintenant. « J’adore cette voiture, son confort est incroyable et même pour un usage au quotidien, elle a des ressources typiques de BMW.« 

Bien évidemment avec un tel bolide disposant d’un moteur de 3 litres et équipé d’un double turbo, le jeune entrepreneur a voulu titiller sa bébête. « Impossible de pousser la voiture sur route ouverte. Dès 2020 j’ai donc commencé à m’aligner sur les Run 200 pour commencer. » Contrairement à nombre de ses concurrents, Matthieu n’est pas intégré dans un quelconque team, il fait clairement partie de plus en plus de pratiquants de Run qui s’alignent avant tout pour profiter à plein de leurs machines. Avec sa petite équipe de passionnés qui l’accompagne sur chaque épreuve, Matthieu cherche avant tout à prendre du plaisir en sécurité.

Les dalons de Matthieu toujours à ses côtés

Toujours avec son moteur de série, le but a été avant tout d’optimiser au mieux l’existant déjà solide et performant. « On y est allé étape par étape en optimisant tout ce qui pouvait l’être. L’idée était avant tout de voir ce que ma voiture avait dans le ventre. On a passé beaucoup de temps en programmation du boitier en y allant étape par étape. » Le garçon et la bande de dalons qui l’entoure peut être fier de son évolution. « Lors de mes premiers Run, on a affiché un 9s6 sur le 200 en 2020, l’an passé, on est passé à 8s095, on a donc trouvé 1s6 sur 200m en 2 ans sans avoir à changer de mécanique. » Une des premières évolutions de la BMW 335i de Matthieu a été de disposer de disques rainurés percés et de plaquettes dignes de ce nom pour ne pas se faire surprendre une fois la ligne d’arrivée franchie.

Bien évidemment tout ne s’est pas fait en ayant le pied simplement plus lourd! « On est bien sûr passé à des pneus racing qui permettent de mieux envoyer la puissance au sol. Aujourd’hui on est à 11s5 sur le 400 et il va falloir rapidement changer notre approche. Je pense qu’on est quasiment au bout des évolutions possibles avec la version stock. Lors des compétitions on utilise évidemment un mélange de carburant spécifique en switchant sur une carto race mais pour franchir le cap des 11s, on entre dans une catégorie différente. Aujourd’hui je peux utiliser ma voiture pour aller chercher le pain mais dès qu’on va passer sous les 11 aux 400m, il va falloir disposer d’un arceau et réserver la voiture pour la compétition. »

Un avant goût de la nouvelle livrée de la BMW335i de Matthieu Lauret présentée ce Dimanche à Sainte Anne aux Orangers

Un mal pour un bien toutefois puisqu’une fois la cap franchit, Matthieu va pouvoir s’atteler à des modifications plus profondes et radicales pour aller chercher dixième par dixième des places au classement général. « C’est vraiment le point de bascule! Une fois la voiture réservée pour les Run, on va pouvoir changer la boite qui n’encaisse plus les 600cv que je pense maintenant avoir. On va pouvoir traquer les kilos en trop et travailler des pièces réservées à la compétition pure.« 

Pour l’heure en ce début de saison, l’heure est à la défense de ses titres 2022 dans sa catégorie tant en 200 qu’en 400. Dès Dimanche sur la piste de Sainte Anne, vous pourrez également admirer la splendide déco qui habillera la BMW335i de Matthieu pour cette saison 2023.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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