lundi, septembre 7, 2026

Mc Laren frôle la perfection…et les murs

La Corniche de Jeddah. Ce nom évoque autant un décor de carte postale qu’un circuit de Formule 1 aux airs de roulette russe. Depuis 2021, ce tracé de 6,174 km au bord de la mer Rouge est devenu le rendez-vous incontournable pour les amateurs de frissons à 300 km/h dans des rues étroites, mal pavées, et visiblement conçues par quelqu’un qui déteste les virages lents.

Avec 27 courbes, une vitesse moyenne flirtant avec les 250 km/h, et un grip aussi fiable qu’un N20 sur la neige, Jeddah est un mélange toxique de vitesse pure, de stress constant et de sueur (humaine et mécanique). Et en ce vendredi, les pilotes ont goûté à l’apéritif avant le banquet nocturne de dimanche. Une FP2 disputée à l’heure du GP, dans des conditions aussi représentatives que risquées. Et à ce petit jeu, McLaren s’est invitée en haut de la fiche des temps. Mais ne comptez pas sur eux pour sortir le champagne. Pas encore.

McLaren en haut, mais les freins encore tremblants

Lando Norris a dominé la FP2 avec une aisance apparente, devançant son coéquipier Oscar Piastri de 0”163. Max Verstappen, l’incontournable, complète le trio à une poignée de centièmes. Un podium virtuel séduisant pour les fans de McLaren, mais une prestation que Norris a commentée avec la lucidité d’un pilote qui sait que la chute peut être aussi rapide que l’ascension.

« Pas aussi confortable qu’on le voudrait », a-t-il balancé, comme s’il venait de signer un modeste top 10 sous la pluie à Spa. Malgré une victoire et trois podiums en quatre courses cette saison, Norris garde les pieds sur terre. À Jeddah, l’adrénaline est gratuite mais les murs ne pardonnent pas. « Ça reste chaotique ici. Il y a toujours cette sensation d’être à une erreur de finir dans une barrière. »

Le Britannique semble moins chercher la pole que son propre équilibre intérieur, déclarant que cette journée a surtout été consacrée à « bosser sur lui-même ». Probablement un code pour : ne pas se vautrer dans le mur au virage 22.

Oscar Piastri : l’élève modèle reste dans les rétros

Trois petits points séparent Piastri de Norris au championnat. Le genre de détail qui transforme les briefings McLaren en batailles d’ego à peine déguisées. Pourtant, le jeune Australien a repris le ton poli du bon élève satisfait de son contrôle de maths.

« Une bonne journée dans l’ensemble », a-t-il déclaré, tout en notant « quelques virages à mieux négocier ». Traduction : j’étais pas si loin, préparez-vous pour demain. Deux victoires en quatre courses, une régularité glaçante, et une progression qui fait grincer les dents des vétérans. Si Norris incarne le patron chez McLaren, Piastri est le stagiaire qui tape aux portes avec un CV déjà bien chargé.

Verstappen : le rouleau compresseur en rodage

Max Verstappen, troisième temps en FP2, a fait du Verstappen. Toujours là, toujours rapide, toujours un peu grognon. À l’écouter, il n’est « pas encore là où il veut être », ce qui en langage Red Bull veut dire : je suis à deux dixièmes de tout le monde mais je fais semblant de douter.

Depuis le début de saison, Max avance tel un bulldozer sur une route de campagne. Pas aussi dominateur qu’en 2023, mais jamais loin du sommet. À Jeddah, il connaît les risques, les pièges, les pièges dans les pièges, et il sait qu’une qualification moyenne peut vite se transformer en cauchemar s’il se retrouve coincé derrière un Carlos Sainz en mode j’élève un mur de DRS.

Tsunoda : bienvenue chez Red Bull… et dans le mur

Et puis il y a Yuki Tsunoda. Promu récemment dans l’équipe mère après avoir tenu AlphaTauri à bout de bras et de vocalises pendant trois saisons, le Japonais n’a pas attendu longtemps pour faire parler de lui. Enfin, surtout parler ses mécaniciens, ses ingénieurs, et son comptable pneus.

Sortie de piste, impact contre le mur, drapeau rouge. L’entrée en matière fut rugueuse. L’apprentissage chez Red Bull, ce n’est pas une école de pilotage, c’est un crash-test émotionnel à ciel ouvert. Helmut Marko doit déjà affûter ses critiques acérées, et tant Sergio Pérez que Liam Lawson doivent secrètement bénir l’arrivée de ce nouvel aimant à béton.

Le piège Jeddah : une soirée qui s’annonce agitée

Le Grand Prix de dimanche se disputera sous les projecteurs, mais dans des conditions plus proches du Far West (Far East en l’espèce) que d’un ballet de nuit à Singapour. La chaleur persiste, le grip fait la gueule, et le moindre retard dans les virages 13 ou 23 peut valoir une voiture en orbite.

La séance FP2, capitale pour préparer la stratégie, a mis en lumière un constat simple : personne n’est vraiment prêt. McLaren est en tête mais pas serein. Red Bull est là mais pas dominateur. Ferrari… eh bien, Ferrari a probablement passé la journée à chercher la radio de Leclerc.

PosPiloteEcurieChrono
1Lando NorrisMcLaren1’28.267
2Oscar PiastriMcLaren+0.163s
3Max VerstappenRed Bull+0.280s
4Charles LeclercFerrari+0.482s
5Carlos SainzWilliams+0.675s
6Yuki TsunodaRed Bull+0.696s
7George RussellMercedes+0.706s
8Pierre GaslyAlpine+0.839s
9Nico HulkenbergSauber+0.926s
10Alexander AlbonWilliams+0.953s

Quant au milieu de peloton, il est aussi dense qu’un embouteillage à Saint Denis à 8h00 du mat’: Mercedes continue son pèlerinage vers la rédemption, Aston Martin fait de l’Aston Martin (joli mais pas très rapide), et Haas rêve toujours de Q3 comme d’un mirage dans le désert.

Verdict imminent : Jeddah, c’est jamais calme

Le GP d’Arabie Saoudite n’a jamais été une promenade de santé. Chaque édition apporte son lot de chaos : dépassements d’anthologie, contacts musclés, et parfois même des drapeaux rouges à la chaîne. Le décor est magnifique, mais le script est souvent écrit en lettres de feu.

Avec une McLaren en tête mais inquiète, un Verstappen en chasse silencieuse, et un circuit prêt à piéger les plus téméraires, le Grand Prix de dimanche s’annonce explosif. Et si la pole position pouvait encore faire illusion dans d’autres contrées, ici, à Jeddah, elle ne garantit qu’une chose : être le premier à voir les murs défiler. A suivre aujourd’hui des qualifs cruciales.

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
Samedi 19 Avril
FP360′16h3017h3015h3020h30
Qualifs60′20h0021h0019h0000h00(J+1)
Dimanche 20 Avril
Course50 tours20h0021h0019h0000h00(J+1)
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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