La saison 2024 du Championnat de la Réunion des rallyes vient à peine de baisser le rideau le week end passé avec la remise des coupes que déjà, le paddock est en effervescence. À peine les coupes et trophées remisés dans les vitrines, les pilotes se lancent dans une discipline encore plus redoutable que le chrono : la chasse aux sponsors. Parce que oui, courir, c’est bien, mais encore faut-il convaincre quelques âmes charitables de signer de jolis chèques.
Le bal des transferts : des autos plus courtisées qu’une star de cinéma
Le mercato, démarré dès la ligne d’arrivée des 1000 km franchie en décembre 2024, ne connaît pas de trêve hivernale. Les bolides passent de main en main à un rythme effréné, tel un grand jeu de chaises musicales où seuls les plus rapides (et fortunés) raflent la mise. Avec un Rallye de Petite Île (4-6 avril 2025) qui reprend trait pour trait le tracé de l’édition précédente, on peut déjà parier que les nouveautés ne manqueront pas.
Joël Boyer : de la 208 Rally4 à la Skoda Rally2, un grand saut dans l’inconnu

Première grosse annonce du marché des transferts : l’ancien pilote officiel Peugeot Sport Réunion, Joël Boyer, laisse tomber la 208 Rally4 officielle pour s’attaquer à la catégorie reine avec une Skoda Fabia Rally2 (châssis #150), en provenance de Corse. L’heureux élu s’est offert un galop d’essai grandeur nature au Rallye National des Roches Brunes, cumulant pas moins de 112,6 km contre le chrono. Et visiblement, l’expérience a été une révélation : “C’était génial,” expliquait le pilote à son retour. “Nous avons pu faire de bons essais pour découvrir cette nouvelle voiture avec l’aide Yohan Rossel et la course était finalement la continuité de ces essais grandeur nature.“
Autrement dit, une parfaite excuse pour transformer une virée sur le continent en week-end récréatif et enneigé bien motorisé. Mais que les prétendants au titre se rassurent, Boyer joue la carte de la modestie : “On n’a évidemment aucune prétention pour 2025 compte tenu des pilotes alignés à la Réunion. Ils connaissent tous bien leurs voitures et pour nous ce sera avant tout une année d’apprentissage.“
Une manière élégante de tempérer les attentes, tout en s’offrant le luxe d’être la bonne surprise de la saison. Et si Enzo Mahinc lui servira de copilote lors de ses aventures zoreyi, c’est bien avec son acolyte attitré, Théo Grondin, que Boyer relèvera le défi réunionnais.
Shayan Ramdenee : de Skoda à Citroën, l’art du timing parfait

Changement de monture également pour le pilote mauricien Shayan Ramdenee, qui troque sa Skoda Fabia Rally2 pour une Citroën C3 Rally2 (châssis #133), arrivée d’Irlande après un détour par l’île Maurice. Une transaction assez fluide pour le jeune homme qui admet que l’affaire s’est conclue par un coup du sort : “On n’était pas formellement vendeurs et on envisageait de repartir en 2025 avec la Fabia,” expliquait Shayan. “Puis les planètes se sont alignées quand un pilote mauricien m’a fait une offre ferme et que j’ai été informé dans le même temps qu’un châssis de C3 (deux à vrai dire) se libérait chez une de mes connaissances en Irlande. On a donc saisi l’opportunité en libérant la Fabia à Maurice et en faisant l’acquisition de cette Citroën C3 Rally2.“
Autrement dit, un classique du marché : on dit qu’on n’est pas vendeur, puis un acheteur se pointe, met le prix, et comme par magie, la voiture change de main. La C3 Rally2 devrait donc être de la partie dès le Rallye de Petite Île, après un voyage bien mérité prévu dans la deuxième quinzaine de mars.
Partal Evolution Rallye : une Citroën ex-officielle pour frapper un grand coup

Enfin, l’écurie Partal Evolution Rallye ne fait pas les choses à moitié et est en passe de s’offrir un véritable bijou : la Citroën C3 Rally2 châssis #506, une ex-usine appartenant à DG Motorsport et utilisé par Yohan Rossel sur six rallyes pour le compte de Citroën Sport. Une perle rare, intacte, et bichonnée avec un suivi rigoureux. Bref, l’occasion rêvée d’acquérir une voiture quasi neuve, avec moins de 2000 km de spéciales au compteur.
La finalisation de l’achat ne saurait tarder, avec un dernier aller-retour chez DG prévu pour boucler la transaction durant la deuxième quinzaine de Mars. Une formalité pour Pierrot, qui connaît son affaire et saura parfaire les détails avant de ramener cette monture d’exception sur les routes réunionnaises.
Une saison 2025 qui s’annonce épique
Avec ce marché des transferts digne d’un scénario de film d’espionnage, la saison 2025 promet déjà d’être captivante. Entre les nouvelles montures, les pilotes en quête de sensations fortes et les stratégies qui se dessinent, le Championnat de la Réunion des rallyes semble s’engager sur une année aussi animée que compétitive.
Alors que certains peaufinent leur préparation et que d’autres terminent leurs négociations, une chose est sûre : le spectacle sera au rendez-vous. Reste à voir si ces nouveaux bolides tiendront leurs promesses ou si, comme souvent, le talent derrière le volant primera sur la puissance sous le capot.