mercredi, septembre 9, 2026

Monaco, silence..on tourne ! (en rond)

À Monaco ce week-end, la Formule E s’offre un double épisode sur fond de yachts, d’immeubles en verre, et de trottoirs fraîchement balisés pour joggeurs millionnaires. Pour la première fois, la série 100 % électrique organisera deux courses consécutives dans les rues de la principauté, parce que, visiblement, une fois ne suffisait pas pour nous convaincre de l’intérêt de cette discipline à mi-chemin entre la technologie de demain et l’émotion d’avant-hier.

Oui, la Formule E est de retour. Et cette fois, elle ne se contente pas de bloquer la circulation une journée : elle squatte tout le week-end. De quoi ravir les résidents monégasques, ces pilotes à temps partiel qui prennent l’épingle du Loews pour aller chercher une baguette, et qui pourraient presque sortir les casques pour leur footing du matin. Ambiance feutrée, zéro bruit de moteur, et une quantité de dépassements dont même le PowerPoint de présentation ne semble pas tout à fait se remettre.

Double ration, double peine

La grande nouveauté de l’année ? Deux courses. Un doublé. Un week-end à 200 %… ou plutôt, soyons honnêtes, à 30 % d’intérêt doublé. L’idée, c’est probablement de donner deux chances au spectateur d’assister à quelque chose d’excitant, histoire d’augmenter statistiquement la probabilité que l’ennui cède la place à un soupçon de spectacle.

L’argument massue du promoteur : “197 dépassements à Monaco l’an dernier !” – un chiffre balancé avec la ferveur d’un télévendeur essayant de nous convaincre qu’un presse-ail peut révolutionner notre vie. Ce qu’on ne vous dit pas, c’est que ces dépassements sont en grande partie dus à l’effet de l’Attack Mode, ce bouton magique qui transforme les courses en Mario Kart géant. Ajoutez à cela le PIT BOOST, une recharge obligatoire en milieu de course, et vous avez une stratégie si complexe qu’elle ferait passer une partie d’échecs par correspondance pour une session de paintball.

Une techno à toute épreuve (mais sans passion)

Côté technique, la Gen3 Evo est “30 % plus rapide qu’une F1 en accélération”. Voilà une belle phrase, surtout quand on oublie de mentionner que le reste de la performance ressemble plutôt à une F2 dopée au jus de carotte. On applaudit cependant le 0 à 100 km/h en 1,82 seconde. Les fans de dragsters apprécieront. Les autres regretteront que ce soit souvent la seule chose palpitante des courses : le départ.

La recharge PIT BOOST, quant à elle, impose à chaque pilote de s’arrêter pour recevoir un supplément d’énergie (comme un Pokémon à la fontaine). Bien sûr, une seule borne est disponible par équipe, donc impossible de doubler les arrêts. Résultat ? Un embouteillage dans les stands. Ironie délicieuse pour une série censée fluidifier la mobilité de demain.

Les favoris : le peloton, l’énergie verte, et Oliver Rowland

Sportivement, Oliver Rowland mène le championnat grâce à une régularité qui ferait passer un métronome pour un DJ sous acide (y’en a!). Avec deux victoires, quelques pénalités pour usage excessif de puissance (ça arrive, même dans une course d’électroménager), et un style aussi flamboyant qu’un rapport comptable, le Britannique fait office de référence.

Derrière lui, les Porschistes Da Costa et Wehrlein (champion en titre) essaient de suivre la cadence entre un coup de chaud et un tour sans incident. Jaguar, champion sortant, espère revivre ses glorieuses heures d’il y a… un an. Mais avec seulement 10 points engrangés depuis le triomphe de Mitch Evans au Brésil, l’équipe semble avoir troqué sa domination contre un abonnement à la médiocrité intermittente.

Monaco, joyau urbain… mais pas trop scintillant

Reste enfin l’éternelle question : est-ce que Monaco est vraiment le bon endroit pour promouvoir une série qui prône la durabilité, le silence, et la modernité ? Une ville où l’on peut croiser une Bugatti au feu rouge à côté d’une Bentley, où la climatisation des yachts consomme l’équivalent d’un petit village, et où les courses sont suivies par des gens qui n’ont pas levé les yeux de leur Spritz depuis 2017 ?

Mais après tout, Monaco reste Monaco avec ses 3,337km et ses 19 virages. Même sans hurlement de V10 (tant attendu!), même avec un peloton de voitures électriques dessinées comme des rasoirs Philips et des stratégies plus complexes qu’un divorce chez les Windsor, on viendra, on regardera, et peut-être, avec un peu de chance, on s’enthousiasmera.

Ou alors, on attendra le Grand Prix de F1. Là, au moins, ça fera du bruit.

IntituléDuréeLocalRéunionVietnam
Samedi 3 Mai
FP145′07h3009h3012h30
FP235′09h1011h1014h10
Qualifs1h2510h4012h4015h40
Course15h0517h0520h05
Dimanche 4 Mai
FP40′08h3010h3013h30
Qualifs1h2510h4012h4015h40
Course15h0017h0020h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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