Quinze jours. C’est le temps qu’il aura fallu pour que les pilotes de Monobike, toujours pleins d’amour-propre et de cambouis, se retrouvent pour remettre les pendules à l’heure, ou au moins tenter de refaire leur chrono, sur la piste de la Jamaïque à Saint-Denis. Spoiler : certains y sont arrivés. D’autres, en revanche, ont eu un rendez-vous galant un peu trop rapproché avec le bitume.
L’organisation de cette nouvelle joute insulaire revenait une fois de plus au club Motoshop de Rudy Bertille, visiblement décidé à faire des dimanches réunionnais un mix de bruit, d’huile chaude et de règlements de comptes mécaniques. Le soleil était au rendez-vous, tout comme les pilotes, les mécanos, les spectateurs et, accessoirement, les ambitions démesurées.
Time attack : quand le chrono parle…
Le matin, place au time attack. L’exercice préféré des perfectionnistes, des ingénieurs du dimanche et des pilotes qui n’ont pas encore eu le temps de s’envoyer dans le décor. Sur une piste sèche comme un toast oublié dans le grille pain, Dylan Techer, le tamponnais à la plaque rouge, a remis les pendules à l’heure. Et pas qu’un peu : bam, un 42.993 claqué avec autorité, nouvelle référence de la saison. Le genre de tour où même les moustiques chikungunyés n’ont pas le temps de se poser sur le guidon.
Derrière, Richard Mondon, un poil moins rapide mais pas ridicule pour autant (43.423), assurait la P2 avec un style toujours aussi propre, pendant qu’Alexandre Fabre et le reste de la meute essayaient de ne pas se faire larguer dès le petit déjeuner. Les motos 2025 sont encore en réglage, un peu comme des pilotes un lendemain de bringue, mais le niveau monte, et les points distribués dès le matin ne sont plus à négliger.
Course 1 : un podium, deux chutes et zéro pitié
L’après-midi, les choses sérieuses reprennent. Enfin, sérieuses… si on exclut les figures libres involontaires. Dylan Techer, pourtant poleman, a décidé d’offrir un petit cours de “comment goûter l’asphalte avec style”. Chute une fois, chute deux fois… on commence à penser qu’il fait ça exprès pour le suspense. Malgré tout, le bougre s’accroche et va chercher un podium qui a davantage le goût du miracle que de la domination.
Pendant que Dylan joue à “je t’aime, moi non plus” avec la gravité, Richard Mondon et Alexandre Fabre en profitent pour rappeler que constance rime souvent avec récompense. Ils taxent le patron façon syndicalistes obtenant le rétablissement de l’ISF (Impôt Sur le Fer de lance). Dylan apprend, à ses dépens, qu’au Monobike, la moindre faute se paie comptant, sans possibilité de remboursement.
Course 2 : l’heure de la vengeance… et des calculs
Deuxième manche, deuxième chance. Dylan Techer, qui commence assume que les podiums ne tombent pas du ciel (ni les motos, enfin en principe), décide cette fois de rester sur ses roues. Bien lui en a pris. Richard Mondon fait un énième départ canon, parce que c’est son truc, tandis qu’Alexandre Fabre et même Tanguy Sorlier s’intercalent pour compliquer la tâche du tamponnais.
Mais Dylan, tel un félin prudent, attend son heure dans le fameux “pif-paf de remontée” du premier tour. Un endroit stratégique où on peut doubler proprement…en tous cas avec autorité. Cette fois, c’est propre, et surtout efficace : Dylan passe, s’impose, puis efface Alexandre et Richard et repart avec la banane et les points de la victoire, devant un Alexandre Fabre pugnace et un Richard Mondon toujours dans le coup.
Un championnat tendu comme un câble d’embrayage
Avec cette victoire en course 2, Dylan (1-3-1) grappille un seul petit point à son dauphin Mondon (2-1-2). Un gain aussi frustrant qu’un pneu tendre surchauffé. Mais dans ce championnat où chaque dépassement peut se transformer en galère, tout compte. Fabre, de son côté, empile les podiums avec la régularité d’un métronome suisse (3-2-3) et commence à se détacher du peloton des affamés de photo podium.
Bref, la saison est lancée pour de bon. Les motos peinent encore à trouver leurs réglages parfaits, mais les pilotes, eux, ont déjà trouvé leur rythme : poignée dans le coin en pleine charge, belle glisse à l’inscription, filet de gaz en courbe, ego démesuré, et chute en option. À la prochaine (18 Mai), même lieu, même passion avec cette fois une organisation Moto Club du Tampon…
| Pos | Pilote | Monobike1 | Monobike2 | Total |
| 1 | Dylan Techer | 72 | 70 | 142 |
| 2 | Richard Mondon | 69 | 69 | 138 |
| 3 | Alex Fabre | 60 | 62 | 122 |
| 4 | Tanguy Sorlier | 54 | 54 | 108 |
| 5 | T. Prugnières | 47 | 45 | 92 |