Le Monobike fait son grand retour ce samedi pour sa troisième manche de la saison, et pour l’occasion, Rudy Bertille et sa bande du team Motoshop ont décidé de nous plonger dans la pénombre – mais avec méthode pour cette date initialement dévolue au MCT. Direction le circuit permanent de la Jamaïque à Saint-Denis pour un round inédit : le premier Monobike semi-nocturne de l’année. Casques attachés, feux arrière obligatoires, et phares facultatifs – parce que pourquoi pas ajouter un soupçon de roulette russe à l’équation.
Un samedi soir pour changer du riz chauffé

Exit les dimanches écrasés de chaleur et les horaires qui collent aux repas familiaux : cette fois, c’est samedi en nocturne, quand la température chute et que les moteurs retrouvent de la voix. Une idée plutôt maligne : les motards locaux jugent d’ailleurs que l’éclairage du circuit est suffisant pour garantir des joutes sportives dignes de ce nom. En d’autres termes, pas besoin d’ajouter des projecteurs de stade ou de prêter les phares longue portée d’un Dakarien. Les pilotes pourront ouvrir en grand sans avoir l’impression de courir à tâtons dans une cave.
Des motos dopées à l’air frais

Côté technique, le passage au crépuscule apporte son lot de nouveautés. À commencer par le rendement moteur, boosté comme jamais par l’air frais de l’hiver austral. Avec une température ambiante en chute libre, les moteurs respirent mieux, plus fort, plus dense. De quoi donner un sérieux coup de fouet aux performances, même s’il faudra garder à l’esprit que la température piste – elle – chute aussi, réduisant le grip. La bagarre sera donc encore plus fine, à mi-chemin entre attaque furieuse et glisse contrôlée façon “pilote qui prie à chaque virage”.
Nouveau tracé, nouvelles emmerdes (et plus de fun)

Comme si rouler à la nuit tombée ne suffisait pas, Rudy a ajouté sa petite touche : un nouveau tracé inédit. Après le parabolique de départ en bas de piste, les pilotes devront négocier un gauche serré à mi-remontée en sortie de pleine charge, pour ensuite plonger dans un double droite menant à la chicane des stands. Autant dire que les points de freinage vont valoir leur pesant d’adrénaline façon supermot’, surtout pour ceux qui découvrent la modification et comptent bien en tirer partie à plein.
Un détail qui a son importance : avec ce nouveau tracé, il sera impossible de comparer les chronos à ceux des manches précédentes. Les pilotes feront donc de la physique empirique, avec pour seuls instruments leurs gants, leur poignet droit, et parfois, leur menton.
Les trottinettes et les quads aux abonnés absents
Les catégories jugées anecdotiques par le public – quads et trottinettes – n’ont pas survécu au manque d’engagement du début de saison. Elles sont donc, sans surprise, absentes une fois encore. Un mal pour un bien, diront les puristes, ravis de ne pas voir des trott’ électriques slalomer au ralenti entre des mécaniques hurlantes à 9000 tours pour certains 2 temps (pré)historiques.
En revanche, les petites cylindrées et les scooters reviennent en force, motivés par la promesse d’un meilleur rendement moteur, et peut-être aussi par l’idée de briller (au propre comme au figuré) sous les projecteurs.
Le trio infernal toujours en haut du panier

Côté baston, le casting ne change pas : Dylan Techer mène toujours la série, avec cette aisance qui frôle l’insolence. Dans son sillage, Richard Mondon continue de s’accrocher comme un morpion en pleine alerte cyclonique, bien décidé à ne pas lâcher le leader sans lui mordre un peu le mollet au passage.

Derrière ce duo d’habitués, Alex Fabre attend son heure. Le jeune loup est tapi dans l’ombre (parfait pour une course nocturne), prêt à bondir à la moindre faute de ses deux glorieux aînés. Une stratégie de sniper tranquille : pas besoin de se montrer tant qu’on sait viser juste quand l’occasion se présente.
Motoshop tient la baraque
Après deux premières manches menées tambour battant, le team Motoshop maîtrise désormais son sujet. Organisation millimétrée, programme optimisé, et un circuit revisité avec juste ce qu’il faut de piquant : le pilote organisateur (ou inversement) Rudy Bertille peut se frotter les mains. Et tant mieux, car vu les températures en soirée, ça évitera qu’elles gèlent au bord de la piste.

Ce Monobike version nocturne marque un vrai virage dans la saison. Non seulement parce qu’il arrive à mi-chemin du calendrier, mais surtout parce qu’il redéfinit ce qu’on est en droit d’attendre d’une course régionale : un vrai show, un plateau affûté, et une ambiance électrique – même sans surcharge sur le réseau EDF.
Gratuit, mais pas discount
Et comme si tout ça ne suffisait pas, l’accès au circuit est gratuit. Un concept aussi révolutionnaire qu’oublié à l’heure où le moindre spectacle demande un rein et la carte vitale. Ici, les spectateurs peuvent débarquer sans vendre leur PlayStation, profiter d’un spectacle authentique, et hurler dans la nuit en espérant voir un dépassement d’anthologie… ou une belle glissade.
En résumé : le Monobike #3 s’annonce comme un rendez-vous immanquable pour tous ceux qui aiment les moteurs qui chantent, les trajectoires limites, et les soirées où il ne se passe rien de raisonnable. La nuit, tous les pneus sont gris… mais les bastons, elles, promettent d’être flamboyantes.

