Trois courses en Europe, trois ambiances, trois occasions pour Max Verstappen de récolter plus de pénalités que de points. Et alors que le paddock commence à sentir le camembert fondu et la poussière de circuit permanent, la F1 s’offre une petite incartade transatlantique pour le Grand Prix du Canada. Direction Montréal, l’île artificielle de Notre-Dame, où le bruit des moteurs couvre les cris des mouettes et les sermons de l’Église de la Sainte Stratégie Défaillante.

Avant de plonger dans les histoires de freinages ratés et de roues mal serrées, petit rappel de base pour ceux qui auraient séché les vingt dernières éditions ou confondu Montréal avec Monza.
| Intitulé | Data |
| Premier GP | 1978 |
| Longueur circuit | 4,361km |
| Record du tour | 1’13,078 (Valterri Bottas 2019) |
| Nombre de tours (course) | 70 |
| Distance de course | 305,270km |
| V Max | 336km/h |
| Vainqueur 2024 | Max Verstappen |
| Pole 2024 | George Russel 1’12,000 en Q3 mais 1’11.742 en Q2 |
Un tracé semi-urbain, semi-naturel, semi-suicidaire, où la moindre erreur vous envoie valser dans un mur sans nom — ou plutôt, dans LE mur : le fameux Wall of Champions, là où Schumacher, Hill et Villeneuve (le mauvais bien que champion) ont écrit leur légende à coups de fibre de carbone pulvérisée.
Max Verstappen : pilote ou kamikaze suspendu ?

Le champion du monde en titre est dans une situation inédite : il est à un point de suspension automatique. Oui, Max Verstappen, l’homme qui roule souvent comme s’il était seul sur la piste et que tous les autres étaient des cônes, a récolté trois points de pénalité en Espagne suite à un incident musclé avec George Russell. Entre mauvaise foi et mauvaise trajectoire, le Néerlandais s’est une nouvelle fois illustré – et pas seulement pour ses dépassements chirurgicaux.
Résultat : un Grand Prix où il devra marcher sur des œufs, éviter les contacts, et peut-être, qui sait, songer à utiliser ses rétroviseurs. Autant dire que l’idée même de modération ne colle pas très bien avec sa pédale d’accélérateur.
La question est donc posée : Max peut-il encore courir sans accrocher quelqu’un ? Et surtout, peut-il résister à la tentation d’envoyer Piastri dans le fleuve Saint-Laurent à la sortie du virage 2 ?
McLaren : duel au sommet, pour l’instant sans crash

L’écurie papaye a remplacé Red Bull dans le rôle du rouleau compresseur, mais à deux têtes. Oscar Piastri (5 victoires cette saison) mène la danse, talonné de près par son coéquipier Lando Norris (3 victoires). Une rivalité propre, chirurgicale, presque polie – comme si Alain Prost avait cloné deux pilotes avec de meilleurs dentistes.
La tension monte pourtant course après course. Le duo fonctionne bien… trop bien. On sent que le clash n’est plus une question de “si”, mais de “quand”. Et Montréal, avec ses chicanes étroites, ses freinages en bout de ligne droite et ses murs affamés, pourrait bien être le théâtre du premier vrai accrochage fratricide depuis… eh bien, depuis Hamilton-Rosberg 2016. Et c’était déjà dans un duel intra-écurie Mercedes. Eh oui, Mc Laren est bine motorisé par les moulins de Stuttgart. Comme quoi, l’histoire aime radoter.
Mercedes : l’illusion canadienne

Chaque année, Mercedes arrive à Montréal avec le sourire du joueur de poker qui a touché une paire de deux mais tente de bluffer. Il est vrai que les moteurs Mercedes s’y sont plutôt bien comportées par le passé : George Russell avait même signé la pole en 2024 (ex æquo avec Verstappen, mais priorité au chrono signé en premier). Les températures plus fraîches et le tracé stop-and-go devraient convenir aux moteurs teutons.
Mais si Mercedes veut rattraper Ferrari au classement Constructeurs, il va falloir autre chose qu’un podium sur chance stratégique. Il va falloir de la constance. Or, dans l’équipe actuellement, la seule chose constante, c’est leur capacité à se tromper de stratégie dès que Toto Wolff tourne la tête.
Lance Stroll : retour du fils prodigue

Enfin, comment ne pas évoquer l’événement “local” (défense de rire hein, seulement sourire !): Lance Stroll de retour dans le baquet de son Aston Martin pour son Grand Prix national. Blessé au poignet en Espagne – non, pas en s’entraînant, mais probablement en signant des contrats ou en ouvrant des bouteilles de champagne trop tôt – le Canadien retrouve donc le volant devant un public acquis à sa cause (sur le papier !).
Cela suffira-t-il à motiver le discret numéro 18 à autre chose qu’un fade top 12 ? Rien n’est moins sûr. Mais entre un Fernando Alonso qui a marqué ses premiers points en Espagne et une voiture qui semble désormais plus verte que rapide, on imagine déjà le plan d’Aston Martin : jouer la carte “dommage, mais au moins il est revenu”. C’est ça ou ressortir le vélo pourtant si dangereux entre les mains de Lance.
Un circuit qui pardonne peu, mais offre beaucoup

Le Circuit Gilles Villeneuve, c’est l’un des rares endroits du calendrier où le dépassement est possible sans artifices. Entre la ligne droite opposée, le virage 10 (épingle), le virage 1 (attaque de l’intérieur) et la dernière chicane (où toute ambition finit parfois dans le mur), il y a matière à voir de la bagarre.
Ajoutez à cela une météo cette fois-ci prévisible et sèche (oui, Montréal sait aussi faire dans le beau temps), une ambiance populaire festive, et un peloton plus serré que jamais devant… et vous obtenez tous les ingrédients d’une course explosive. Ou d’une procession avec trois abandons techniques, mais bon, restons optimistes.
Verdict ?
La F1 débarque au Canada avec un mélange d’incertitudes, de tensions internes et de pilotes à cran. Verstappen est à une bêtise de passer un dimanche sur le canapé, McLaren joue à qui clignera des yeux en premier, Mercedes se cherche, Ferrari… est Ferrari, et Stroll joue à domicile sans pression — ou sans ambition, c’est selon. On vous laisse choisir votre camp, mais une chose est sûre : le mur n’attend que ça.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 13 Juin | |||||
| FP1 | 60′ | 13h30 | 21h30 | 19h30 | 00h30(J+1) |
| FP2 | 60′ | 17h00 | 01h00(J+1) | 23h00 | 04h00(J+1) |
| Samedi 14 Juin | |||||
| FP3 | 60′ | 12h30 | 20h30 | 18h30 | 23h30 |
| Qualifs | 60′ | 16h00 | 00h00(J+1) | 22h00 | 03h00(J+1) |
| Dimanche 15 Juin | |||||
| Course | 70 tours | 14h00 | 22h00 | 20h00 | 01h00(J+1) |