lundi, septembre 7, 2026

MX du Petit Tampon, belles bastons et blessures…(vidéos)

Il aura donc fallu patienter jusqu’à la mi-saison pour que les crampons viennent enfin mordre la terre mythique du Petit Tampon. Oui, celle-là même qui avait fermé ses grilles après le passage de Garance, ce cyclone capricieux qui a pris plus de temps que les services techniques pour rendre les clés. Mais le terrain est de retour, et avec lui, une bonne dose de spectacle, de bruit, et même… de silence électrique. Et non, ce n’est pas une panne généralisée de sono tenue par l’inénarrable Seb’.

Dans un décor de carte postale tamponnaise, les aficionados de terre molle et de gaz en grand s’étaient massés autour d’un tracé réputé pour faire la différence : parties basses dures comme un vieux piment boucané, virages en appui, bosses aveugles et relances en montée sous une canopée ombragée. Et comme si la gravité ne suffisait pas, voilà que les pilotes devaient aussi composer avec un public connaisseur qui n’hésite pas à sortir les chronos manuels pour juger des écarts. La passion s’y vit poignée dans le coin et malgré un accès compliqué par manque de parkings, la foule y était particulièrement nombreuse. On est à la Réunion, pas à Disneyland…

MX1 : la série noire de Dylan Techer

Dès la première manche de la catégorie MX1, le ton est donné. #6 Dylan Techer, et local de l’étape, part tambour battant en tête de course. Le garçon connaît chaque pierre du circuit, chaque racine sournoise. Mais visiblement, ce dimanche, la falaise en partie haute décide de lui rappeler qui est la patronne à mi-course. Grosse chute en haut du tracé, coup sur la carcasse au niveau de l’épaule, douleur visible, et les petits points de la dernière place comme lot de consolation. Autant dire que pour un pilote qui joue devant, c’est plus un coup de pelle qu’un simple accroc. La question se posait même de savoir si le pilote TM Racing allait terminer la journée.

Résultat : #975 Pascal Dorseuil, alias “la machine”, fait parler l’expérience et signe sa neuvième victoire en dix manches cette saison. Sauf que “la machine” semble avoir pris un petit caillou dans les rouages : impact dans la terre smooth avec la botte de la jambe droite, cheville déjà impactée et opérée il y a des années, et une suite de journée qui s’annonce aussi agréable qu’un massage au papier de verre.

#115 Alexis Hoareau, quant à lui, montre les dents. Solide, appliqué, mordant même. Il soigne désormais ses départs et semble avoir “trouvé le truc”. Il termine deuxième et commence à flairer une ouverture dans le blindage Dorseuil. #10 Timo “le grand” Hoarau, toujours là pour pimenter les débats, monte sur la boîte, pendant que #26 Vincent “Mimi” Payet fait lever les sourcils de tout le paddock malgré son abandon dans cette première levée.

Et soudain, le silence fit vrombir la foule

“Mimi” débarque au guidon d’un engin quasi inaudible. Non, ce n’est pas une trottinette boostée, c’est bien une moto électrique. Les vieux puristes se sont étranglés dans leur sandwich bouchon gratiné, mais force est de constater que le garçon envoyait sévère. L’arrivée du couple immédiate, la relance comme catapultée, et une trajectoire façon scalpel très différente de celles des thermiques. Sur les premiers tours de la deuxième manche, Payet tenait tête aux motos thermiques durant trois tours à la seule force de ses ampères. Respect.

Mais voilà, l’électrique a beau grimper vite, quand Alexis Hoareau trouve l’ouverture et met dans le coin, il le fait avec style. Un dépassement bien senti en partie haute du circuit, suivi un demi-tour plus tard par Dorseuil en partie basse qui ne veut pas laisser trop d’espace au classement. Hélas, la botte magique de la première manche se fait sentir et Pascal doit se contenter de suivre. Malgré plusieurs tentatives pour recoller, Alexis assure le coup et s’impose. Timo Hoarau abandonne, Techer serre les dents et accroche la troisième marche avec un courage de gladiateur. Payet, lui, score ses premiers points en MX avec un sourire qui en dit long sur le potentiel de sa machine.

Troisième manche : finish en mode vuvuzela

La dernière manche de la journée voit Hoareau passer en mode rouleau-compresseur. Tours réguliers, attaques chirurgicales, et surtout un détachement mental qui fait la différence. Derrière, Dorseuil donne tout, mais les douleurs et le rythme d’Alexis sont trop forts. Techer, lui, est poursuivi par la malchance, ou plutôt par les cailloux que lui balance la moto de Pascal en pleine poire. Le pauvre Dylan repart avec des impacts plein le casque et une humeur de lendemain de cuite.

Bilan de l’opération ? Alexis Hoareau s’impose pour la première fois d’un week-end cette saison, et reprend quelques points précieux à Pascal Dorseuil (3), toujours leader mais dont l’avance commence à fondre quelque peu. Dix-huit points d’écart, c’est beaucoup… ou très peu si l’on regarde la régularité d’Alexis.

PosNumPiloteTOTAL
1#975Pascal Dorseuil289
2#115Alexis Hoareau271
3#6Dylan Techer220
4#3Romain Calpetard179
5#10Timo Hoarau160
6#223Thibault Turpin144
7#4Richard Mondon91
8#217Damien LaoKan84
9#295Vincent Marchand79
10#26Vincent Payet32
Classement MX1 après MCT Petit Tampon

Quad : ça crève, ça glisse, ça joue des coudes

Pendant ce temps-là, dans la galaxie quatre roues, c’était aussi le boxon. #16 Mickaël Boyer, padawan de celui qui reste une légende du quad local Eddy “the great” Lepinay, crève de l’arrière gauche dès la première course et finit par jouer au patineur artistique malgré lui. Résultat : #9 Didier Naze empoche la mise devant #7 Guillaume Mascart et #112 Dimitri Sautron. Deuxième manche, rebelote, sauf que c’est #99 Gérald Vidot qui remet les pendules à l’heure. Le général du jour ? Vidot s’impose devant Naze, avec Mascart en embuscade. Trois hommes, un point d’écart. C’est tendu comme le string d’une pit girl aux côtés de Marc Marquez (quand elle en a un !).

Mention spéciale à #18 Célia Mascart, seule féminine du plateau quad, qui continue de progresser avec une neuvième place sur onze au classement du jour. Oui, neuf sur onze. Et on en connaît qui aimeraient bien être à sa place.

Cap sur Bras Panon, avec plâtre ou pansement

Alors que le soleil se couchait sur Petit Tampon, que les pilotes remballaient les motos, les restes de pizza et les courbatures et que les membres du MCT ramassaient le matos, l’heure est au bilan. Le championnat est encore ouvert, mais les écarts commencent à se dessiner. Il va falloir gérer blessures, fatigue et pression sur la seconde partie de saison. Prochain stop : Cadivel à Bras Panon, dans deux semaines, sur un terrain que tout le monde connaît et reste un must indéniable tant l’équipe de Jerem’ Razebassia bosse pour confirmer ce statut.

Préparez les pommades, ça va claquer.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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