C’est donc ce week-end que terreux et goudronneux vont se retrouver pour une discipline qui a justement décidé de ne pas choisir son camp : le Supermotard. Et pour lancer le Championnat de La Réunion 2026, direction Saint-Louis et son circuit de karting transformé pour l’occasion.
Dessiné par Pascal Dorseuil, le tracé éphémère semble particulièrement riche : des tables, des vagues, des courbes serrées et, pour ajouter quelques inconnues à l’équation, un soupçon de dirt. Bref, du goudron, de la terre, des changements de rythme et de quoi occuper sérieusement les bras et les guiboles.
Vous l’aurez compris, Pascal Dorseuil a d’abord cherché à se faire plaisir en dessinant son circuit. Pourtant, « la machine » ne roulera pas cette fois-ci. Le multiple champion réunionnais est en pleine préparation de son prochain rendez-vous chez les cow-boys, où il ira défendre le titre de champion vétéran emporté l’an passé à Glen Helen. Pas question pour autant de sortir la chaise longue et de regarder les copains tourner. Président du club organisateur MX421, Pascal Dorseuil changera plusieurs fois de casquette au cours du week-end : organisateur, commissaire de piste et même panneauteur. Autant dire que la machine devrait tout de même consommer quelques calories. Une certaine forme de préparation physique en somme…
Un circuit pensé pour le spectacle

Pour ce terrain occasionnel de Saint-Louis, accessible par la sortie du Gol depuis la quatre-voies, Dorseuil a voulu proposer un tracé particulièrement visuel pour les spectateurs. Sur le short track, les occasions de mettre la moto à l’angle devraient être nombreuses. Côté terre, le profil s’annonce globalement rapide.
« J’ai vraiment fait le tour des tracés du Championnat de France pour pouvoir proposer un circuit qui s’en inspire. » explique Pascal. La partie terre comporte notamment une table d’entrée que les meilleurs pourront sauter grâce à un appel placé très tôt, tandis qu’une seconde table, plus longue et plus imposante, viendra compléter le menu. L’idée est aussi de permettre aux pilotes venus du motocross de retrouver quelques-uns de leurs repères et, pourquoi pas, de compenser une partie de l’avantage naturel des spécialistes de l’asphalte. Voilà précisément ce qui fait le sel du Supermotard : personne ne joue totalement à domicile. Pour ajouter au plaisir des spectateurs, et des pilotes avouez-le, une section sur terre d’une grande courbe “à plat” permettra à chacun de proposer les plus belles démonstrations de Dirt. Pour les plus optimistes, une longue glisse entretenue à la poignée et pour les trop optimistes bah just down !
Et parce qu’un championnat ne se résume évidemment pas à ses pilotes les plus expérimentés, le dessin du circuit a également intégré les différences de niveau. Là encore, « la machine » reste dans son couloir : « Tous les obstacles de la partie terre sont adaptés à chaque niveau. Les plus aguerris franchiront aisément d’un bloc ces obstacles alors que, pour les moins expérimentés, il n’y aura aucune obligation de tenter le truc à n’importe quel prix. » remonte l’expérimenté pilote-organisateur. Le chrono reste donc libre de faire son travail sans transformer chaque table en examen de passage.
50 pilotes, et davantage si affinités

Mais derrière le plaisir sportif se cache également une équation beaucoup plus terre à terre (ou terre à asphalte, c’est vous qui voyez). Pour le MX421, cette manche de Saint-Louis est conditionnée par un nombre d’engagés suffisant pour assurer l’équilibre financier de l’organisation. Selon les propos rapportés par l’ineffable Ernestine, une demande de soutien financier aurait également été adressée à la Ligue de Moto de La Réunion. Les chiffres sont assez simples : une cinquantaine de pilotes sont attendus et une soixantaine constituerait un plateau idéal pour permettre au club de poursuivre sereinement son aventure en motocross comme en Supermotard. Autrement dit, derrière les tables, les glisses et les gros freinages se joue aussi quelque chose de beaucoup moins spectaculaire mais d’essentiel : la capacité d’un club à continuer d’organiser. Si le Target n’est pas atteint, pas d’inscription de la manche au Championnat mais une séance de roulage pour le MX421.
Saint-Louis ouvre un championnat copieux
Cette manche saint-louisienne ne sera d’ailleurs que le premier morceau d’un calendrier 2026 particulièrement fourni. Après Saint-Louis, direction le Port le 11 octobre puis une paire de courses sur le circuit de la Jamaïque les 25 Octobre et 8 Novembre en format purement réunionnais. La Jamaïque retrouvera ensuite le Supermotard à l’occasion de la Finale nationale du Championnat de France S1, une épreuve qui comptera également pour le Championnat de La Réunion dans toutes les catégories. Vous pensiez alors arriver au bout de la saison sur notre caillou ?

Que nenni.
Le week-end des 28 et 29 novembre marquera la véritable conclusion avec le traditionnel rendez-vous saint-paulois. Au total, six épreuves composent le calendrier réunionnais 2026. De quoi construire un championnat dans la durée, permettre aux rapports de force d’évoluer et éviter de tirer des conclusions définitives après deux coups de guidon. Mais avant de compter les points, encore faut-il commencer à les distribuer.
Ce week-end à Saint-Louis, terreux et goudronneux vont donc enfin se retrouver sur le même bout de bitume… et de terre avec un circuit conçu pour être spectaculaire depuis le bord de piste, suffisamment technique pour départager les spécialistes et suffisamment modulable pour accueillir les différents niveaux, cette ouverture du #SM974 devrait déjà commencer à dessiner une première hiérarchie. Et peut-être rappeler au passage pourquoi le Supermotard est une drôle de discipline : on y vient avec ses spécialités, précisément pour découvrir qu’elles ne suffisent pas.