vendredi, octobre 16, 2026
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Nouveau coup du chapeau de Razgatlioglu…

Le World Superbike a posé ses valises sur le grand huit portugais de Portimao ce week-end, et devinez quoi ? On a eu droit au même scénario que d’habitude : Toprak Razgatlioglu, alias “El Turco”, a tout balayé sur son passage comme un bulldozer en furie. Sérieusement, ce type est tellement imbattable sur ce circuit qu’on se demande pourquoi les autres se fatiguent encore à venir. Quoique… Deuxième meeting de la saison, et déjà, on a l’impression de regarder une rediffusion de 2024. Mais bon, au moins, cette fois, Nicolo Bulega a bien tenté d’empêcher l’immuable. Spoiler : ça n’a pas suffi.

Commençons par la Superpole Race du dimanche matin, cette petite mise en bouche de 10 tours où tout le monde fait semblant de pouvoir titiller le roi Toprak. Bulega, le jeune Italien qui rêve de grandeur sur sa Ducati rouge pétard, a bien cru qu’il allait voler la vedette en chipant le holeshot au nez et à la barbe de Razgatlioglu. Grossière erreur. Après quelques tours à jouer au chat et à la souris – ou plutôt au lièvre et au bulldozer –, Toprak a décidé que ça suffisait, les politesses. Virage 3, cinquième tour : hop, dépassement propre et net, et Bulega relegué au rôle de faire-valoir. Victoire par 0,055 seconde, juste assez pour rappeler à tout le monde qui est le patron. Avec cette 59e victoire, il égale Carl Fogarty au classement historique des victoires en WorldSBK. Carl doit être ravi de partager la troisième place avec un mec qui fait des wheelies en dormant.

Pendant ce temps, Alvaro Bautista, le dauphin de 2023, a décidé de jouer les alpinistes. Parti 9e, il a grimpé jusqu’au podium comme un chamois sous amphétamines, chipant la 3e place à Danilo Petrucci dans le premier virage à un tour de la fin. Petrucci, lui, doit commencer à en avoir marre de finir 4e à chaque fois qu’il sent le podium à portée de main. Quant à Sam Lowes et Andrea Locatelli, ils ont fait ce qu’ils savent faire de mieux : être solides sans jamais menacer les gros poissons. 6e et 5e, bravo les gars, on vous garde une médaille en chocolat.

Passons à la course 2, l’épreuve reine du dimanche après-midi, où Razgatlioglu a décidé de compléter son hat-trick, parce que pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Cette fois, le duel avec Bulega a pris des airs de western spaghetti : les deux pilotes se sont échangé la tête six fois entre les tours 6 et 8, comme s’ils jouaient à “passe-moi le sel” sur deux roues. Un drapeau rouge au 10e tour, après que Jason O’Halloran a décidé de transformer le virage 1 en aire de crash-test, a offert un nouveau départ. Et là, rebelote : Bulega prend le holeshot, Razgatlioglu le dépasse, Bulega reprend l’avantage, et ainsi de suite jusqu’à ce que Toprak dise “bon, ça va maintenant” et boucle l’affaire dans les trois derniers tours. Victoire, la 60e de sa carrière, et un petit coucou à Fogarty en passant : “Désolé Carl, je prends la 3e place tout seul maintenant.“

Bulega, collé à ses basques comme un vieux chewing-gum sur un trottoir brûlant, finit 2e, à bout de souffle. Bautista, lui, complète le podium à 3,5 secondes, parce qu’apparemment, c’est sa distance réglementaire pour ne pas trop énerver les patrons chez Ducati. Derrière, Locatelli (4e) et Michael van der Mark (5e) sauvent les meubles pour Yamaha et BMW, tandis que Petrucci, après un départ catastrophique et une remontée héroïque, échoue 6e. Merci le drapeau rouge, sinon il ramassait encore les miettes hors des points.

Et les autres ? Iker Lecuona, le miraculé de Honda, signe un 8e place qui doit lui donner envie de sabrer le champagne après une saison à jouer les hommes invisibles. Dominique Aegerter (9e) et Yari Montella (10e) complètent le top 10, pendant que Sam Lowes (11e) et Garrett Gerloff (12e) se demandent encore pourquoi ils ont signé chez leurs équipes respectives. Mention spéciale à Andrea Iannone, qui a cru que sauter le départ et ignorer les pénalités (deux long lap) était une stratégie gagnante. Résultat : un ride-through et une retraite anticipée. Bien essayé, champion.

Au final, Portimao 2025, c’est Razgatlioglu qui fait du Razgatlioglu : neuf victoires sur ce tracé, un deuxième hat-trick consécutif, et une concurrence qui doit se demander si elle n’a pas mieux à faire que de courir contre un extraterrestre. Néanmoins, Bulega tient parfaitement son rôle de trouble-fêtes, et conserve les commandes du championnat mais face au Turc, c’est comme essayer d’arrêter un tsunami avec une serviette en papier. Pour le prochain rendez-vous, les autres peuvent toujours s’entraîner à faire des wheelies dans leur garage. Ça leur fera un truc à montrer. En attendant, Bulega possède toujours 29 points d’avance sur “El turco”.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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