vendredi, mai 24, 2024
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Ogier le mexicain…

Qu’il change de voitures, d’objectif annuel, de copilote, l’octuple champion français reste une référence au Mexique. On peut même désormais déclaré qu’il est LA référence au Mexique. Le rallye du Mexique marquait la première confrontation terre de la saison. Sébastien Ogier, désormais navigué par Vincent Landais (ex copilote Loubet) s’est imposé au Mexique avec une apparente facilité depuis Samedi matin. Luxe suprême, il culmine en haut du classement provisoire du Championnat du Monde Pilotes.

Podium Rallye du Mexique 2023

Bénéficiant d’une position avantageuse sur la route au départ de Jeudi et Vendredi, le pilote Toyota déroulait sa partition face à son seul concurrent déclaré: Esapekka Lappi. Le pilote finlandais de Hyundaï collectionnait les meilleurs temps la journée d’ouverture avec 5MT soit la moitié des chronos disputés. Il faut préciser qu’en plus de positions de départ plus avantageuses par rapport aux Tanak, Rovanpera, Neuville et autres Evans, le tandem profitait d’une hécatombe notamment chez Ford qui perdait toute chance de défendre une possibilité de se battre devant. Confronté à des problèmes de Turbo et donc de puissance, le premier sur la route puisque leader du Championnat Ott Tanak perdait tout en concédant plus de 12 minutes 30 au terme de la boucle matinale. L’équipe fixait le problème mais Tanak était dans les choux. Toujours chez Ford et dès la première véritable spéciale (El Chocolate), Loubet abordait une corde dans un moyen droite trop généreusement et pivotait la Puma en arrachant une roue. Terminé. C’était ensuite Serderidis, le pilote privé à bord de l’autre Puma qui partait à son tour à la faute avec les mêmes conséquences: roue arrachée et spéciale neutralisée.

Une course à oublier pour M-Sport…

On retiendra également de cette première étape la sortie de route de Takamoto Katsuta (Toyota) particulièrement fébrile sur cette manche qu’il découvrait. Le jeune japonais en restait là (ES5) pour la première étape. Au bilan de la première journée, Lappi et Ogier étaient en lutte avec seulement 5s3 les séparant au bénéfice de Lappi alors que le reste de la meute était déjà repoussé à plus de 30 secondes avec Evans moins de 10 secondes devant Neuville puis le reste du peloton emmené par Rovanpera beaucoup plus loin.

Première spéciale de Samedi (ES11), Lappi alors leader part à la faute…mauvaise méthode de recharge d’une hybride…

Au départ de la deuxième étape Samedi, la course basculait dès le premier chrono du jour (ES11) quand Lappi partait au tapis en heurtant par l’arrière un poteau électrique. Drôle de manière de recharger une hybride ! Pour le coup Ogier passait immédiatement en mode gestion de l’écart. Il faut dire que le français est un spécialiste de cette épreuve et adoptait dès lors un rythme safety en contrôle sans avoir à aller chercher la limite. A contrario, Evans et Neuville se lançaient tous deux dans une lutte infernale à coup de dixièmes. Evans restait devant au général mais avec chaque fois un écart infime tant Neuville cravachait avec la Hyundaï le Samedi (4 temps scratch). Néanmoins, il était victime d’une crevaison dans l’avant dernière du jour et lâchait une paire de secondes selon lui. Pour la petite histoire, Ogier en remettait une couche dans la 16 histoire de rappeler à tous qu’il restait El Capo au Mexique. Ce meilleur temps dans la 16 au démarrage de l’après midi faisait monter son avance à 36s8 face à Evans. Evans était pourtant tout le temps et partout à l’attaque maxi pour tenter de contenir ce diable de Neuville qui revenait à 4s3 du gallois en fin d’étape. Notez que Loubet en refaisait une et apprenait donc dans la difficulté ce terrain mexicain si particulier surtout en ouvrant la route et balayant généreusement pour le reste du peloton.

Neuville adore cette place de chasseur, il s’arrache et termine P2 devant Evans

Le dernier jour connaissait alors son lot de rebondissement avec Evans qui annonçait rencontrer des soucis d’amortisseurs de la Yaris et poussant tout son possible pour contenir Neuville. Devant, les kilomètres s’écoulaient tranquillement malgré la particularité de ce tracé: un seul passage par terrain le Dimanche et un monstre de 35km63 à affronter en guise d’ES21. Tout le monde, hormis Evans et Neuville, gardant de l’énergie et des pneus en vue de la power stage. A l’abord d ace juge de paix de 9km59 l’écart être le belge et le gallois n’était plus que de 2s7. C’est justement dans cet ultime chrono que Neuville se voyait récompensé de son engagement et de sa chasse. Il surclassait Evans de 3s1, prenait donc la place de dauphin sur le podium final et engrangeait des points supplémentaires avec la P3 de la power stage. Ott Tanak, longtemps leader du chrono se serait bien vu empocher les 5 points bonus mais c’était sans compter un Ogier accrocheur qui avait la possibilité de virer en tête au championnat. Le français envoyait du lourd et emportait les 5 points bonus. Ogier est désormais seul meilleur performer au Mexique avec un total cumulé de 7 victoires devant Sébastien Loeb (6 trophées). Neuville prend la place de dauphin sur cette course devant Evans, Rovanpera et Sordo. Notez que Greensmith, désormais repassé en Rally2 chez Toksport avec la nouvelle Skoda Fabia Rally2 termine P6 de la manche et large vainqueur devant Lindholm et Solberg.

Ogier/Landais (Toyota Yaris Rally1) passent mode safety au terme de l’ES11
PosPilote – CopiloteVoitureEcarts
1.Ogier Sébastien  – Landais Vincent  Toyota GR Yaris Rally13h16m09s4
2.Neuville Thierry  – Wydaeghe Martijn  Hyundai i20 N Rally1+27.5
3.Evans Elfyn  – Martin Scott  Toyota GR Yaris Rally1+27.9
4.Rovanperä Kalle  – Halttunen Jonne  Toyota GR Yaris Rally1+1:55.3
5.Sordo Dani  – Carrera Cándido  Hyundai i20 N Rally1+2:58.8
6.Greensmith Gus  – Andersson Jonas Škoda Fabia RS Rally2+12:31.5
7.Lindholm Emil  – Hämäläinen Reeta  Škoda Fabia Rally2 evo+13:04.4
8.Solberg Oliver  – Edmondson Elliott  Škoda Fabia RS Rally2+13:37.7
9.Tänak Ott  – Järveoja Martin  Ford Puma Rally1+15:19.6
10.Kajetanowicz K.  – Szczepaniak M.  Škoda Fabia Rally2 evo+15:56.6
Classement final Rallye du Mexique 2023

Au classement du Championnat du mindels, ce coup de collier d’Ogier dans la power stage lui permet de confisquer de précieux points à Tanak et Neuville et incidemment de pointer en tête et en solo en haut du général provisoire. En outre, puisque le tandem Ogier/Landais sera également aligné au départ de la Croatie, il est légitime de penser si l’octuple ne serait pas en train de changer d’avis pour revenir tenter la passe de 9 cette saison. Compte tenu de son manque de réussite avéré dans les autres disciplines, le WRC et un titre envisageable reste une piste crédible. Enfin, si d’aventure il rencontrait des difficultés à un moment ou un autre il lui suffirait d’annoncer qu’il n’était là que pour une pige afin d’aider au mieux Toyota à coiffer une nouvelle couronne constructeurs. En tous cas, Ogier pointe en tête au championnat avant la prochaine manche en Croatie qu’il disputera également. Or la position de premier pilote sur la route le Vendredi est évidemment un désavantage sur la terre mais un avantage certain sur asphalte notamment en cas d’intempéries. Voilà donc Ogier après trois épreuves (2 disputées) patron de la série et en position de force avant la Croatie.

Evans poussé dans ses retranchements laisse passer l’occasion d’un doublé Toyota…
PosPiloteTeamTotal
1S. OGIER56
2T. NEUVILLE53
3K. ROVANPERÄ52
4O. TÄNAK47
5E. EVANS44
6C. BREEN19
7D. SORDO17
8E. LAPPI15
Classement provisoire WRC Pilotes 3/13
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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