Mai, ô Mai, toi le mois où l’Indycar passe de la parade printanière à un pugilat motorisé sans merci. Exit les pâquerettes, place aux hurlements des moteurs et aux ego pulvérisés. Ce week-end, le Grand Prix d’Alabama, à Barber Motorsports Park, donne le coup d’envoi d’un mois de pure démence, avec, en apothéose, les 500 miles d’Indianapolis, le 25 mai, qui attendent comme un colosse prêt à écrabouiller les imprudents. Gardez le souffle, ça va enchaîner et pas qu’un peu…
Barber Motorsports Park, près de Birmingham, Alabama, n’est pas un circuit pour les âmes sensibles. Ce tracé permanent de 3,7 km, avec ses 17 virages et ses 24 mètres de dénivelé, est une épreuve pour les pilotes et un cauchemar pour les ingénieurs. Sa piste large de 13,7 mètres promet des dépassements… à condition d’avoir la patience d’un moine tibétain. Spoiler : en Indycar, la patience est aussi rare qu’un politicien honnête. Résultat ? Des duels roue contre roue qui font vibrer les gradins et trembler les commissaires. L’an dernier, Scott McLaughlin a régné en maître ici, repoussant Will Power et Linus Lundqvist, pendant qu’Alex Palou, l’ogre annoncé, se contentait d’une P5. Aïe.

Palou, parlons-en. L’Espagnol était censé dévorer la saison 2025 comme un taureau chargeant une muleta. Deux victoires en poche, 34 points d’avance sur Kyle Kirkwood (Andretti) après trois courses, et une victoire à Barber en 2021 : sur le papier, c’est le patron. Mais à Long Beach ? P2, zéro tour en tête, et un Kirkwood qui lui a volé la vedette. Palou reste le favori, mais il y a des fissures dans l’armure. Avec trois courses en Mai – Barber, le Sonsio Grand Prix et l’Indy 500 –, son règne pourrait virer au fiasco s’il ne se ressaisit pas. Il a dominé les deux derniers Sonsio GPs et affiche une moyenne de 5.0 à Indy, mais son seul vrai fait d’armes là-bas, c’est une pole en 2023. Pas encore de couronne, Alex.

Et puis, il y a Team Penske, qui titube dans ce mois de Mai comme un boxeur sonné. McLaughlin, Power et Josef Newgarden végètent aux 8e, 9e et 10e places, à 73, 79 et 84 points de Palou. Pathétique ? Carrément. Mais ne les enterrez pas trop vite. McLaughlin a remporté les deux dernières éditions à Barber, Newgarden en a trois à son actif, et Power deux. À Indy, sur ovale ou routier, ils savent briller. Si Penske ne renverse pas la vapeur ce mois-ci, autant qu’ils troquent leurs combinaisons pour des clubs de golf.

Pato O’Ward, chez Arrow McLaren, est l’électron libre. Vainqueur à Barber, 6e au classement mais à 62 points du leader, il a le talent pour tout casser… et l’inconstance d’une connexion 4G en rase campagne. Quant à Kirkwood, auréolé de sa victoire à Long Beach, il rêve de prouver que ce n’était pas un coup de chance. La concurrence est féroce, et l’enjeu, colossal.
Le calendrier de Mai est impitoyable : 14 des 24 prochains jours seront consacrés à la piste, dont deux jours de qualifications pour l’Indy 500. Les 90 tours de Barber ne sont qu’un hors-d’œuvre avant le Sonsio Grand Prix le 10 mai et l’Indy 500 le 25. Et ne rangez pas vos casques : fin mai, le Grand Prix de Detroit prend le relais. Un marathon qui va sacrer des héros et laminer les imposteurs.

Alors, nous y voilà, au seuil du mois décisif de l’Indycar. Les virages fluides et les dénivelés brutaux de Barber vont donner le ton. Palou va-t-il reprendre son trône, ou Penske va-t-il sortir de sa torpeur ? O’Ward et Kirkwood peuvent-ils jouer les trouble-fêtes ? Une chose est sûre : dans ce chaudron de vitesse et de stratégie, quelqu’un va se faire carboniser. Sortez l’extincteur.
| Intitulé | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 2 Mai | ||||
| FP1 | 15h30 | 00h30(J+1) | 22h30 | 03h30(J+1) |
| Samedi 3 Mai | ||||
| FP2 | 11h30 | 20h30 | 18h30 | 23h30 |
| Qualifs | 14h30 | 23h30 | 21h30 | 02h30(J+1) |
| Dimanche 4 Mai | ||||
| Warm up | 10h00 | 19h00 | 17h00 | 23h00 |
| Course 90 tours | 13h30 | 22h30 | 20h30 | 01h30(J+1) |