samedi, octobre 17, 2026
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Ott Tanak veut la victoire, et Neuville la tequila

Ah, le Chili ! Terre de contrastes, où le désert rencontre les montagnes, où les vins (pinot, cabernet ou autre…) sont aussi exquis que les paysages, et où la poussière semble s’inviter à chaque virage. Mais en 2024, ce n’est pas le vin chilien qui fait tourner les têtes, mais les voitures du Championnat du Monde des Rallyes (WRC). Avec 16 spéciales sur terre et 306 km de pur plaisir chronométré, on s’attend à voir plus de poussière voler que de sombreros ! Alors, buckle up, amigo, voici ce qui nous attend pour ce spectacle de haut vol.

Tanak : De Ford à Hyundai, la victoire est-elle incluse dans le pack ?

Commençons par le grand gagnant de l’édition 2023 : Ott Tanak. L’estonien est par ailleurs le seul vainqueur de cette manche avec deux sacres en deux éditions (2019 avec Toyota et 2023). L’année dernière, il pilotait pour Ford et s’était imposé au Chili en maîtrisant aussi bien la terre que les bouffées de poussière. Mais cette année, il est passé chez Hyundai. On pourrait penser qu’il s’agit d’un simple changement de monture, un petit ajustement dans le garage, mais en WRC, c’est un peu comme changer de partenaire de tango à mi-bal : il faut s’adapter et espérer ne pas trébucher. M’enfin, la passe de trois avec trois constructeurs différents en trois éditions sera une nouvelle ligne sur un palmarès déjà bien fourni.

Ott Tanak, en mode tranquilo, semble prêt à relever le défi. Il a déjà prouvé qu’il pouvait gagner ici, donc pourquoi pas répéter l’exploit ? On pourrait se demander s’il va peaufiner son espagnol pour remercier la foule à l’arrivée, mais connaissant le personnage, il est plus probable qu’il se concentre sur le jargon technique de la suspension plutôt que sur les salutations locales.

Cependant, un passage chez Hyundai, ce n’est pas seulement une question de confort de conduite. Les voitures sont différentes, les stratégies aussi. Il devra composer avec sa nouvelle équipe, ses nouveaux mécaniciens et, espérons-le, de nouveaux pneus sans compter son propre coéquipier et principal adversaire.

Et oui, car sans bons pneus, la terre chilienne peut rapidement devenir une patinoire – mais sans le glamour des quadruples axels de patinage artistique. Non, ici, une sortie de piste se termine avec une pelle et quelques regards gênés. Espérons qu’Ott n’ait pas à tester ce scénario en 2024.

Thierry Neuville : confiant… mais est-ce suffisant ?

Thierry Neuville, le belge de service, est également prêt à en découdre. Pilote de longue date chez Hyundai (fidèle à l’écurie coréenne depuis 2014, ce qui est un record en soi), il arrive avec un capital confiance élevé. Alors que certains pilotes ont besoin d’une douce mélodie pour se concentrer, Neuville se nourrit de la pression comme un vrai pro. Et quelle meilleure pression que celle de devoir performer au Chili ? Peut-être la chaleur étouffante de l’altitude, ou la tequila d’après-rallye (en toute modération, bien sûr).

Neuville a déjà montré qu’il était capable de briller dans des conditions difficiles. Le Chili n’est pas un terrain inconnu pour lui. Mais avec un Ott Tanak sur le siège passager (enfin, symboliquement parlant), la concurrence au sein de Hyundai risque d’être intense. Et si on ajoute à cela la meute de pilotes affamés qui se battent pour chaque centimètre de piste, Neuville devra déployer toute sa finesse, sa rapidité et, pourquoi pas, un peu de chance belge.

Il faudra aussi garder un œil sur ses notes, parce qu’ici, une erreur de lecture peut te coûter bien plus que la victoire. Imaginez-vous en train de lire une recette de cuisine tout en pilotant une fusée : une simple confusion entre “cuillerée” et “tasse” pourrait se transformer en un désastre culinaire, et ici, une mauvaise lecture pourrait envoyer la voiture dans le décor. Mais Neuville est rodé à cet exercice. Peut-être que, cette année, il mettra une petite annotation personnelle : “Ne pas oublier de sourire à la caméra au prochain virage”.

La bataille pour les points : La poussière va voler

Le Rallye du Chili est réputé pour ses routes sinueuses et ses spéciales sur terre où la poussière forme une sorte de brouillard permanent. Il suffit de quelques minutes pour que le ciel devienne brun et que les pilotes aient l’impression de conduire dans une machine à laver géante – cycle essorage, bien sûr. Mais au lieu d’en ressortir avec des draps frais, ils finissent souvent avec une voiture décorée d’une fine couche de poussière chilienne. Le seul avantage ? Ils n’ont même pas besoin de passer à la station de lavage à la fin, la nature s’en charge.

Avec 16 épreuves de vitesse chronométrées, chaque kilomètre compte. Les pilotes devront se battre non seulement contre le chronomètre, mais aussi contre les éléments. Imaginez devoir prendre un virage à 140 km/h avec la visibilité d’un vieux brouillard londonien, mais cette fois, avec du sable dans les yeux. Pas très agréable, hein ? Eh bien, pour ces héros du volant, c’est juste une autre journée au bureau.

Il ne faut pas non plus oublier les autres prétendants. Oui, Tanak et Neuville sont peut-être sous les feux des projecteurs, mais la grille de départ regorge de pilotes talentueux prêts à en découdre. On pourrait parler de Kalle Rovanperä, ce jeune prodige qui semble parfois ignorer que les lois de la physique s’appliquent à lui aussi. Ou encore Elfyn Evans, qui a ce petit quelque chose de gallois capable de faire frémir les calculatrices des ingénieurs stratégiques.

Et puis, lâchons-nous, une petite dose de chauvinisme ne nuit pas avec un Adrien Fourmaux toujours en progression et auteur de 4 podiums cette saison (3 sur terre au Kenya, Pologne et Finlande). Ne boudons pas notre plaisir car ce terrain de jeux relativement neuf pour la caravane WRC devrait permettre au pilote de la pourtant peu performante Puma WRC de faire un truc…Ne pas négliger non plus Sébastien Ogier qui, à l’occasion d’une nouvelle saison intermittente fera parler son orgueil (légendaire!) pour tenter de bousculer les cadres réguliers avec encore une possibilité mathématique de tenter d’arracher une nouvelle couronne mondiale s’il lui prenait l’idée (farfelue pour certains) de s’aligner sur les 2 courses post Chili: Europe et Japon…

Mais ici, au Chili, ce n’est pas qu’une question de vitesse. C’est une question de gestion, de flair, et d’un peu de magie. Les pilotes devront jongler avec les réglages de suspension, les choix de pneus et les caprices de la météo. Un orage soudain ? Une route devenue boueuse ? C’est juste un jour normal en WRC.

Hyundai : La maison de la fête ?

Kalle Rovanperä (FIN) Jonne Halttunen (FIN) Of team TOYOTA GAZOO RACING WRT are seen performing during the World Rally Championship Chile in Conception, Chile on 29,September, 2023 // Jaanus Ree / Red Bull Content Pool // SI202309300016 // Usage for editorial use only //

Cette année, Hyundai semble vouloir s’imposer comme le grand manitou du rallye. Avec Tanak et Neuville dans leurs rangs, ils ont deux solides cartes à jouer. Mais rien n’est jamais gravé dans le marbre. Les autres constructeurs ne sont pas là pour admirer les paysages. Toyota, par exemple, ne compte pas rester à l’arrière-plan. Entre les stratégies, les améliorations technologiques et quelques secrets bien gardés sous le capot, chaque équipe aura son mot à dire. Et n’oublions pas Ford, toujours en embuscade, qui rêve de récupérer sa couronne après la “trahison” de Tanak.

Ce qui est certain, c’est que les fans chiliens auront droit à un spectacle incroyable. Entre les voitures rugissantes, les virages serrés et les panoramas à couper le souffle, le Rallye du Chili 2024 s’annonce comme un rendez-vous incontournable.

Alors, qui soulèvera le trophée cette année ? Ott Tanak réussira-t-il à écrire un nouveau chapitre de sa saga chilienne avec Hyundai, ou Neuville lui volera-t-il la vedette ? La seule chose que l’on sait avec certitude, c’est que d’ici la fin du week-end, il y aura plus de poussière sur les voitures que dans les placards d’un archéologue. Et que, quels que soient les résultats, les pilotes auront droit à une bonne rasade de… rehydratation.

¡Que comience la fiesta, amigos!

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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