lundi, septembre 7, 2026

Palou claque la pole…surprise ?!

Barber Motorsports Park, Alabama. Un circuit aux courbes suaves, aux reliefs bien plus taquins qu’il n’y paraît, et un cadre verdoyant qui donnerait presque envie de troquer le volant pour une nappe de pique-nique. Mais ne vous y trompez pas : ce samedi, pendant que les cerisiers en fleur jouaient les figurants bucoliques, la meute de l’IndyCar a livré une bataille qualifiée par les plus sobres d’« intense » et par les plus lucides d’« orgie de frustration », notamment pour ceux dont les ambitions sont restées dans le bac à gravier. A l’instar de Scott Dixon…

Car oui, pendant que certains fignolaient leur setup comme on repeint une œuvre d’art, d’autres jouaient aux tondeuses à gazon … dans le sable. Au sommet de cette pyramide de chaos millimétré, un seul homme a gardé la tête froide, les pneus chauds et le chrono impitoyablement à son service : Alex Palou, alias « L’Inévitable ». L’Espagnol a attendu les toutes dernières secondes de la séance pour crucifier ses adversaires, décrochant la pole avec un tour en 1:07.2918. Résultat : septième pole en carrière, première cette saison, et une série de soupirs désabusés dans tous les box sauf celui du 10 HRC Ganassi.

Palou, qui pilote comme s’il était payé à la seconde de domination, a d’ailleurs résumé sa journée avec la nonchalance du type qui a déjà gagné deux des trois premières courses de l’année : « Le premier tour n’était pas terrible, mais j’ai claqué le deuxième. Hâte de voir ce que ça donne demain. » Oui, Alex, nous aussi. Mais pour d’autres, la journée a plutôt ressemblé à un mauvais karaoké où tout le monde chante faux sur du Metallica (et j’en connais !).

Scott Mc Laughlin

Derrière lui, Scott McLaughlin s’est contenté de la deuxième place, à 0.14 seconde. Le Néo-Zélandais, double vainqueur ici, aurait bien aimé faire la passe de trois. Manqué. Mais le garçon est tenace, et on sait qu’il a la fâcheuse tendance à être plus performant en course qu’en conférence de presse. Colton Herta, toujours en quête d’un week-end sans pépin ni bug stratégique signé Andretti, complète le trio de tête. Une troisième place propre, rapide, efficace. Ce qui est un progrès pour Andretti en 2025.

Will Power, pour une fois, s’est souvenu qu’il sait encore piloter vite sur un tour. Le double champion, souvent aussi discret qu’un sponsor secondaire sur une combinaison, a signé son meilleur résultat en qualifs cette saison avec une P4. Peut-être qu’on lui a enfin donné une voiture réglée pour autre chose que la pluie en Arizona.

Et puis vient la zone grise du classement, celle où les ambitions sont encore tièdes et les autos un peu trop sous-vireuses pour espérer mieux. Rinus VeeKay, cinquième, a sorti un joli tour et un rare sourire dans le box Dale Coyne Racing. Pour un type qui n’avait plus vu le Fast Six depuis sa pole ici-même en 2022, on aurait presque cru à une résurrection. Derrière lui, Nolan Siegel a fait sensation en claquant une P6. Le jeune rookie d’Arrow McLaren n’a peut-être pas le CV de ses aînés, mais il a montré qu’il n’était pas là pour jouer les figurants. Premier Fast Six de sa (courte) carrière, et un pied ferme posé dans la cour des grands. Reste à confirmer dimanche, ce qui est toujours la partie la plus pénible du programme.

Mais évidemment, un samedi d’IndyCar ne serait pas complet sans son lot de naufrages stratégiques et de drames personnels. En tête de liste : Kyle Kirkwood, le héros de Long Beach devenu touriste de fond de grille en Alabama. Le poleman et vainqueur de la dernière course partira 18e, soit un peu loin pour un mec qui devait menacer Palou au championnat. Si vous tendez l’oreille, vous pouvez entendre le hurlement silencieux des ingénieurs Andretti, quelque part entre le désespoir et la panique.

Et puis, le coup de grâce : Scott Dixon, sextuple champion, dont l’expérience n’a pas suffi à éviter une sortie dans le bac à gravier dès le premier segment. Résultat ? 26e sur 27. Autant dire que pour le Néo-Zélandais, la course de dimanche s’annonce comme une randonnée infernale entre stratégie alambiquée, dépassements suicidaires, et supplications radiophoniques à son ingénieur. En résumé : un dimanche normal chez Dixon.

Le tout dans un contexte où, soyons honnêtes, Barber est surtout vu comme le prélude gênant avant le vrai mois de mai. Celui d’Indianapolis. Le Grand Prix de demain ? Un prélude. Les qualifs ? Un test grandeur nature pour Indy. C’est cruel, mais c’est ainsi : Barber est la mise en bouche que personne ne savoure vraiment. Une course importante sur le papier, mais vite oubliée une fois les projecteurs braqués sur le Brickyard.

Et pourtant, chaque point compte. Palou, avec sa régularité glaçante, l’a bien compris. Le reste du paddock ferait bien de s’en souvenir, sous peine de passer le mois de mai à se demander comment contenir un type qui ne rate jamais son rendez-vous avec l’excellence. En attendant, l’Espagnol partira devant, avec dans son sillage un peloton prêt à tout pour ne pas lui laisser creuser un sillon vers un troisième titre aussi inéluctable qu’une panne de stratégie chez Andretti.

Le rendez-vous est pris pour dimanche. Et spoiler : si Palou part bien, on risque de passer plus de temps à commenter la bataille pour la cinquième place qu’à regarder l’avant de la course.

IntituléLocalRéunionEuropeVietnam
Dimanche 4 Mai
Warm up10h0019h0017h0023h00
Course 90 tours13h3022h3020h3001h30(J+1)
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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