mercredi, septembre 9, 2026

Palou emporte le plus mythique des ovales…(vidéo)

Le mois de mai s’est donc terminé comme une fête foraine sous Xanax à Indianapolis : des crashes, des larmes, un Espagnol qui découvre le goût du lait entier et une fois encore, un vétéran qui repart avec un ego cabossé. L’énième édition des 500 Miles d’Indianapolis, appelée aussi The Greatest Spectacle in Racing par ceux qui aiment les superlatifs vides et les corn dogs trop gras, a accouché d’un roi inattendu : Alex Palou, vainqueur IndyCar à répétition, mais jusqu’ici vierge sur ovale. Plus maintenant.

Car oui, l’Ibère stoïque à l’accent bien rangé vient de cocher LA case. Celle qui change la case de l’histoire. Le voilà donc premier Espagnol à graver son sourire sur le Borg-Warner Trophy – à côté d’Américains en combi ignifugée, de Suédois frustrés et d’autres gloires aux favoris grisonnants.

Et il fallait bien que ça arrive : après avoir remporté tout sauf un ovale dans sa carrière IndyCar, Palou a mis fin à ce non-sens existentiel en s’offrant la course la plus imprévisible, périlleuse et surestimée du calendrier. Pas mal pour un type dont le principal danger à Barcelone est de se faire doubler par une trottinette électrique.

Gagner sous drapeau jaune : c’est pas noble, mais ça compte

La course a été interrompue par une dernière pirouette de Nolan Siegel, rookie chez Arrow McLaren, qui s’est offert un dernier tour dans le mur, façon feu d’artifice involontaire. Palou, en tête à ce moment-là, n’a eu qu’à lever le pied pour gagner sous drapeau jaune. Ce qui, dans une épreuve aussi célèbre, équivaut à épouser Miss Univers lors d’un blackout : ce n’est pas romantique, mais c’est dans les livres.

Et comme si cela ne suffisait pas, Palou nous gratifiait sur le podium d’un commentaire lacté : « Best milk I’ve ever tasted ». Traduction : le marketing du lait américain vient de vivre son heure de gloire, pendant que les vaches catalanes pleurent de jalousie.

Marcus Ericsson : deuxième, encore… et toujours pas remboursé par le karma

Marcus Ericsson, lui, continue d’aligner les places de dauphin avec la même passion qu’un dentiste collectionne les caries. Deuxième en 2021, gagnant en 2022, deuxième encore en 2023, et cette année ? Devinez. Il a pourtant tout donné, y compris une ligne intérieure non défendue qui a permis à Palou de s’engouffrer comme un étudiant Erasmus dans une soirée open bar.

« Je n’aurais jamais dû laisser l’intérieur ouvert », admet-il. Ah bon ? Sans blague. C’est justement pour ça qu’il y a des rétros et des années d’expérience. Ericsson, le seul pilote à réussir l’exploit d’être plus souvent deuxième que le bouton “Skip Ad” sur YouTube.

Newgarden : le rêve de triplé transformé en panne sèche de dignité

Jacob Abel – Dale Coyne Racing

Josef Newgarden, double tenant du titre, visait un triplé historique. L’histoire retiendra surtout qu’il a terminé 25e, avec une voiture qui a décidé que 135 tours, c’était déjà bien assez. Une casse mécanique, probablement provoquée par l’accumulation de trophées dans le cockpit. Newgarden aura donc passé le reste de la course à mâchonner sa frustration, pendant que Palou sabrait le lait.

David Malukas : l’éclaircie dans l’écurie de papy Foyt

Derrière le duo de tête, on saluera la performance ébouriffante de David Malukas, le seul type à qui les fans n’avaient rien demandé, mais qui a décidé de s’inviter sur le podium quand même. Troisième au volant d’une AJ Foyt, c’est un peu comme faire le Tour de France en Vélib’ et finir avec un maillot à pois. Chapeau.

Pato O’Ward : encore un top 4, encore un lundi déprimant

Pato O’Ward, lui, continue de collectionner les places d’honneur comme si c’était le loto du samedi soir. Quatrième pour la quatrième fois en cinq ans. À ce rythme, le Mexicain va finir par penser que le podium est une légende urbaine inventée par les sponsors.

Robert Shwartzman : de la pole au mur en 87 tours

Autre grand moment de solitude, la prestation express de Robert Shwartzman. Le premier rookie à décrocher la pole depuis 1983. Et aussi le premier à faire un strike dans son propre stand, percutant son crew et ruinant son après-midi en beauté. Une trajectoire aussi brève qu’intense, à l’image de sa carrière chez PREMA.

Et pendant ce temps-là, Kyle Larson jouait au kamikaze inter-disciplinaire

Mention spéciale à Kyle Larson, champion NASCAR, qui tentait de doubler Indy500 + Coca-Cola 600 dans la même journée. Résultat ? Il a planté sa Dallara dès le début, puis s’est envolé vers Charlotte pour manger de la gomme au barbecue. L’Amérique adore ce genre de cascade. Le timing, lui, un peu moins.

Palou : leader du championnat, vainqueur à Indy, et cauchemar des bookmakers

Cette victoire est la cinquième en six courses pour Palou cette saison. Son avance au championnat dépasse désormais les 100 points, ce qui, en IndyCar, est l’équivalent d’un panneau “Game Over” pour les autres. À ce rythme, il pourrait remporter le titre sans disputer la dernière course, pendant qu’Arrow McLaren tentera toujours de comprendre comment fonctionne une stratégie de ravitaillement.

PosPiloteTeamPts
1Á. PalouCHIP GANASSI306
2P. O’WardARROW MCLAREN191
3K. KirkwoodANDRETTI180
4C. LundgaardARROW MCLAREN177
5F. RosenqvistSHANK RACING163

Conclusion : un Espagnol, du lait, une légende – et des miettes pour les autres

Alex Palou vient donc d’entrer dans le panthéon d’Indy avec un mélange de sobriété, de maîtrise et d’absence totale de drama. Ce qui, dans une course aussi folle, est une performance en soi. Pendant que le public cherche encore la photo où il sourit, Palou lève la bouteille et grimpe l’Histoire. Sans bruit. Sans miracle. Juste du talent.

Les autres n’ont qu’à bien se tenir. Ou alors apprendre à fermer la ligne intérieure.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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