Le Grand Prix de Bahreïn 2025, ou plutôt son prologue du vendredi, s’est ouvert sur une ambiance mi-caniculaire, mi-soporifique, où les seules choses à briller plus que le bitume fondu de Sakhir furent les McLaren, resplendissantes dans leur livrée papaye… et dans les chronos. Norris le matin, Piastri le soir, un doublé au goût de sirop d’orange pour une écurie qui semble avoir décidé de mettre fin à l’ère Red Bull par KO technique – ou au moins par uppercut psychologique.
Mais comme souvent en F1, quand quelque chose va trop bien, les intéressés commencent aussitôt à faire du tricot verbal pour éviter de se prendre les pieds dans la hype. Ainsi, Lando Norris, pourtant P1 en FP1 et P2 en FP2, a tenu à rappeler à tout le monde que “c’était horriblement compliqué”. Traduction : « On est devant, mais on le vit très mal. »Une souffrance visiblement insupportable qui consiste à coller une demi-seconde à George Russell en Mercedes, tout en se plaignant de la dégradation des pneus et du vent. Oui, du vent.
Norris, toujours dans sa volonté de baisser les attentes avec la subtilité d’un éléphant sur un trampoline, a également suggéré que les rivaux n’avaient simplement pas daigné « se pointer » lors de cette première journée. Ferrari, Mercedes, Red Bull ? Tous en train de jouer à cache-cache stratégique, apparemment. Une stratégie classique, certes, mais qui commence à ressembler à une mauvaise excuse quand on prend une rouste de cinq dixièmes par tour.
Piastri sur son nuage (de sable)

Oscar Piastri, pour sa part, a préféré un style plus poli, mais tout aussi clair : “Je suis content, la voiture est dans une bonne fenêtre”. Traduction : “On est rapides, et on sait pourquoi.” Lui aussi admet que l’écart avec le reste du peloton est un peu “surprenant”, mais pas trop. Parce qu’en Australie, on n’est jamais complètement surpris d’être les meilleurs, n’est-ce pas ?
Piastri confirme également que le rythme sur un tour est là, et que le rythme en course est “raisonnable”. En langage F1, cela signifie : “Si la voiture ne fond pas sur place, on devrait pouvoir gagner.”
Derrière, c’est Beyrouth… ou presque
Pendant que les McLaren s’amusent à faire la course avec elles-mêmes, les autres écuries semblent coincées dans un escape game sans solution. Mercedes ? George Russell est le premier non-papaye en FP2, à plus de cinq dixièmes. Un gouffre à ce niveau. Red Bull ? Invisible. Max Verstappen a visiblement confondu les essais libres avec une session de méditation transcendantale : P8 en FP2, derrière un certain Isack Hadjar, rookie français chez Racing Bulls (ex-AlphaTauri, ex-Minardi, ex-n’importe quoi à fond bleu). Oui, vous avez bien lu. Hadjar devant Verstappen.

Et puisqu’on en parle, cocorico, messieurs-dames ! Le p’tit gars d’Épinay-sous-Sénart a claqué un P6 en FP2, à seulement 7 dixièmes de Piastri. Alors oui, c’est une éternité en F1. Mais quand on pilote une voiture dont le mode par défaut est “limite Q2”, c’est un exploit à inscrire dans les annales. L’objectif est clair : “Grimper en Q3 et faire un truc.” Ce “truc” n’étant pas défini, on peut espérer tout : un dépassement improbable, un accrochage spectaculaire, ou même un point. Un vrai.
Ferrari ? On cherche encore
Quant à Ferrari, la discrétion est telle qu’on se demande si Maranello a envoyé des voitures ou juste deux hologrammes en combinaison rouge. Aucun signe d’alerte, pas même un petit blocage de roue de Leclerc pour signaler sa présence. On murmure dans les paddocks que les Rouges préparent quelque chose. La question est : quoi ?
Peut-être une stratégie à trois arrêts, ou un arrêt aux stands de 9 secondes. Peut-être une nouvelle invention comme l’undercut inversé (rentrer aux stands après tout le monde, pour voir). En tout cas, leur absence en haut de la feuille des temps est une tradition qui se respecte, à défaut d’être rassurante.
Dimanche : coucher de soleil, mais pas des ambitions

La course se déroulera à l’heure où le soleil se couche sur le désert et où les stratèges perdent la raison. La température va chuter, la gomme va pleurer, et les ingénieurs vont sortir leurs tableaux Excel comme des joueurs de poker dégainant un bluff. Mais à moins d’un miracle sauce Bahreïnite, les McLaren semblent avoir déjà placé une main ferme sur le week-end. Norris parle de souffrance, Piastri parle de surprise, mais tous deux parlent depuis un sommet que les autres n’ont même pas encore commencé à gravir.
| Pos | Pilote | Ecurie | Chronos FP2 |
|---|---|---|---|
| 1 | Oscar Piastri | McLaren | 1’30,505 |
| 2 | Lando Norris | McLaren | +0.154s |
| 3 | George Russell | Mercedes | +0.527s |
| 4 | Charles Leclerc | Ferrari | +0.540s |
| 5 | Kimi Antonelli | Mercedes | +0.722s |
| 6 | Isack Hadjar | Racing Bulls | +0.733s |
| 7 | Max Verstappen | Red Bull Racing | +0.825s |
| 8 | Lewis Hamilton | Ferrari | +1.071s |
| 9 | Oliver Bearman | Haas Ferrari | +1.079s |
| 10 | Carlos Sainz | Williams | +1.118s |
Bien sûr, tout peut encore changer. Les Red Bull peuvent se réveiller, les Ferrari peuvent arrêter de dormir, et Lewis Hamilton peut sortir un tour magique au moment opportun. Mais pour l’instant, c’est une démonstration orangée. Une démonstration dont tout le monde espère qu’elle ne sera pas un feu de paille… sauf Red Bull, qui commence peut-être à comprendre ce que tous les autres ont vécu ces dernières années face à Max Verstappen.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Samedi 12 Avril | |||||
| FP3 | 60′ | 15h30 | 16h30 | 14h30 | 19h30 |
| Qualifs | 60′ | 19h00 | 20h00 | 18h00 | 23h00 |
| Dimanche 13 Avril | |||||
| Course | 57 tours | 18h00 | 19h00 | 17h00 | 22h00 |