vendredi, septembre 11, 2026

Pato “Arsène Lupin” O’Ward…(vidéo)

Dans un monde juste, Josef Newgarden aurait gagné cette première course à l’Iowa Speedway les yeux fermés, une main sur le volant et l’autre en train de signer des autographes. Il a mené 232 des 250 tours. Deux-cents-trente-deux. C’est à peu près le niveau de domination auquel on s’attend quand Newgarden pose une roue sur un short track ovale : un rouleau compresseur sponsorisé par Penske, implacable, méthodique, inarrêtable.

Sauf qu’aujourd’hui, dans la plus pure tradition des tragédies grecques de l’IndyCar, c’est Pato O’Ward, flamboyant, insolent et terriblement efficace, qui lui a chipé la victoire sous le nez, à grands coups de sang-froid et d’opportunisme.

Mener 232 tours pour finir 2e… t’es Newgarden en Iowa

Josef Newgarden doit commencer à développer un léger syndrome post-traumatique chaque fois qu’il voit le casque orange fluo de Pato dans ses rétros. Après s’être fait déposséder de l’Indy 500 à la photo finish en mai, voilà qu’il se fait de nouveau battre par son meilleur ennemi dans une configuration qui, en théorie, lui était promise comme un plateau d’huîtres à Noël.

Ce samedi, Newgarden avait tout fait correctement. Meilleur départ, meilleur rythme, stratégie au cordeau, pit stops parfaits. Mais dans l’univers IndyCar, la logique est aussi stable que la carrière de Romain Grosjean : tout peut basculer en un tour.

Il aura suffi dans l’ordre d’un pit stop un soupçon plus lent, d’une neutralisation imprévue suite au crash de Nolan Siegel (ironie : son propre coéquipier chez McLaren) et de deux restarts fatals où O’Ward a sauté sur l’occasion comme un chat sur un laser…pour que Josef perde la course la plus “gagnée d’avance” de la saison.

Newgarden, magnanime mais visiblement au bord de l’explosion émotionnelle, lâchait cette phrase post-course avec le ton d’un homme qui vient de se faire voler son goûter à la récré : “O’Ward a eu la position en piste et c’était fini. Aussi simple que ça…

Oui, Josef. Aussi simple. Et aussi cruel.

Pato : le voleur de joyaux

Pato O’Ward, c’est ce type qui arrive à une soirée déjà bien entamée, renverse un verre sur la nappe, embrasse la fille du patron, et repart avec le trophée. Il a mené… 16 tours. Mais c’étaient les bons.

Déjà victorieux à l’Iowa en 2022 (tiens donc, pour son 50e départ, alors que celui-ci était son 100e — ça commence à faire beaucoup de coïncidences pour être innocent), il a une nouvelle fois brisé l’hégémonie Penske sur le short oval maudit.

Cette fois, il a joué les pickpockets. Le pit stop crucial, la relance parfaite, et surtout une défense chirurgicale contre Newgarden, pourtant enragé sur le dernier restart.

« On devait être parfaits, et j’ai été très précis sur mon in-lap », fanfaronne-t-il. Entendez : “Je l’ai battu à son propre jeu, et je vais le rappeler à chaque repas pendant six mois.” Et comme si ça ne suffisait pas, O’Ward a entraîné toute la bande Penske dans son sillage, tel un gamin qui pique la première place à Mario Kart mais laisse la carapace bleue frapper tout le monde derrière : Newgarden, Power, McLaughlin. Trois fusées, mais lui, il a gardé l’étoile d’invincibilité jusqu’au drapeau à damier.

Penske : à un restart près du cataclysme

Imaginez : Penske n’a pas gagné UNE SEULE course cette saison. Avant l’Iowa. Et même là, malgré avoir verrouillé les 2e, 3e et 4e places, ils repartent encore bredouilles.

Will Power continue sa saison “je suis là mais personne ne me voit”. Scott McLaughlin, qui a pris le départ depuis la 27e position après avoir plié la voiture contre le mur en qualifications (chapeau, Scott), est revenu en 4e position. Une remontée héroïque… mais qui ne rapporte que des miettes.

On pourrait dire que c’est un bon week-end pour Penske. On pourrait. Si on n’avait pas vu Josef Newgarden se faire détrousser comme un touriste en goguette à Paname.

Les autres : Palou gère, Kirkwood explose, Abel apprend

Derrière la comédie dramatique des deux géants, le reste du peloton faisait de son mieux pour rester pertinent :

Alex Palou termine cinquième. Solide, invisible, efficace. Un vrai comptable du championnat. Il perd sept points, mais garde 106 unités d’avance avec six courses à disputer. Autant dire que sauf tempête, il peut déjà commencer à sortir le champagne.

Kyle Kirkwood, lui, a vécu un cauchemar. Deux crashs, deux murs, zéro point, et une descente au classement vertigineuse. La Honda n°27 s’est conduite comme une savonnette un jour d’orage.

Jacob Abel, rookie courageux, a goûté le béton de l’Iowa avec appétit et détermination. À sa décharge, l’Iowa Speedway est un short track qui ne pardonne rien — sauf à Pato, manifestement.

Conclusion : un larcin parfait

Il y a des courses qu’on gagne à la sueur, d’autres qu’on vole à la malice. Celle-ci est un vol d’anthologie signé O’Ward. Et ce n’est pas la dernière. Le deuxième acte du double-header arrive Dimanche. Si Newgarden veut se venger, il va falloir être plus qu’irréprochable. Il va falloir prier que Pato soit distrait. Ou puni. Ou frappé par une soudaine panne de talent — peu probable. En attendant, Rivalry Week tient ses promesses. À l’IndyCar, le drama est aussi serré que les écarts à l’arrivée.

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
Dimanche 13 Juillet
Course 2275 tours13h0022h0020h0001h00(J+1)
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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