Sakhir: où le sable ne pardonne rien aux pilotes de Formule 1. Pour la quatrième manche de 2025, le Grand Prix de Bahreïn a offert une séance de qualifications sous des températures presque clémentes – 26°C dans l’air, 31°C au sol, loin des 40°C qui font fondre le bitume en journée. Un vent sournois s’est invité dans le paddock, histoire de pimenter une séance déjà électrique. Pirelli, dans un élan de générosité, a réduit la pression mini des pneus à de 21 à 20 psi (1,44 à 1,37bar), comme si ça allait bouleverser la hiérarchie. Spoiler : ça n’a rien changé, sauf pour Oscar Piastri, qui a décidé de transformer le désert en son terrain de jeu personnel, pendant que Mercedes se tire une balle dans le pied.
Piastri, le gamin qui met tout le monde d’accord

Oscar Piastri, avec son sourire de gendre idéal et son talent insolent, a claqué la pole position, devenant le premier à récidiver en 2025. Deuxième pole de sa carrière après la Chine, et première fois qu’une McLaren s’élance en tête à Bahreïn depuis 2004 – une éternité dans ce sport. Avec 0,168 seconde d’avance sur George Russell (avant que ce dernier ne soit déclassé), Piastri a envoyé un message clair : il est là pour faire mal, et il s’en fiche de savoir qui est champion ou pas. Pendant ce temps, Lando Norris, leader du championnat et coéquipier supposément star, s’est vautré à une P6 pathétique. Meilleure qualif de sa vie à Sakhir, dit-on, mais pour un mec qui vise la couronne, c’est une insulte à l’ambition.
Mercedes, ou l’art de se saboter

Mercedes, parlons-en. George Russell et Kimi Antonelli avaient de quoi pavoiser après avoir décroché P2 et P4 en qualifs – un miracle pour les Flèches d’Argent, qui semblaient enfin retrouver des couleurs. Mais c’était sans compter sur leur génie pour tout gâcher. Les deux pilotes ont été pénalisés d’une place pour une bourde grotesque : envoyés trop tôt dans la voie rapide des stands après le crash d’Esteban Ocon en Q2, avant que la session ne soit officiellement relancée. Résultat ? Russell chute à P3, Antonelli à P5, et l’équipe doit expliquer pourquoi elle a transformé une belle journée en fiasco administratif. Antonelli, rookie au culot monstre, continue quand même d’impressionner, grimpant à chaque course (16e, 8e, 6e, et maintenant 5e malgré la sanction). Russell, lui, doit se demander s’il n’a pas signé pour une saison maudite.
Leclerc et Gasly, les miraculés du jour

Charles Leclerc, souvent abonné aux désillusions, a sauvé l’honneur de Ferrari avec une P2 – la meilleure qualif de la Scuderia cette saison. Pas de quoi danser la tarentelle, mais au moins, ça évite les gros titres assassins dans la presse italienne. Chez Alpine, Pierre Gasly a sorti un lapin de son casque avec une P4 sensationnelle. Lui qui croupissait en fond de grille ces deux dernières années à Bahreïn signe la meilleure position pour Enstone depuis la victoire de Fernando Alonso en 2006. Joyeux anniversaire à Flavio Briatore, 75 ans, qui doit se dire que son ombre plane encore sur l’équipe. Esteban Ocon, en revanche, a joué les cascadeurs en plantant sa Haas en Q2 à la sortie du virage 3, mais sauve une P14, devant son coéquipier Oliver Bearman, qui ferme la marche comme un écolier puni.

Verstappen et Hamilton, les rois déchus
Max Verstappen, le triple champion du monde, a passé la séance à pester contre ses freins, finissant à une P7 humiliante – son pire résultat à Bahreïn depuis 2018. Inquiétant ? Pas trop, vu qu’il a déjà transformé une 17e place en victoire à São Paulo l’an dernier. Ce mec est une machine, même quand elle grince. Lewis Hamilton, lui, continue de s’enfoncer dans sa crise existentielle chez Ferrari. P9, comme l’an dernier chez Mercedes, et la pire qualif de sa saison 2025. À ce rythme, il va bientôt demander à Toto Wolff s’il peut reprendre son ancien baquet.
Les losers du désert : Alonso, Lawson, Bearman

Fernando Alonso doit maudire chaque grain de sable de Sakhir. P14, son pire résultat ici depuis 2017, et une qualif qui donne envie de jeter son Aston Martin dans une dune. Il avait déjà été confronté à un soucis ressemblant à un gag avec son volant qui se décrochait tout seul la veille en pleine séance d’essais… Liam Lawson, chez Racing Bulls, n’a pas fait mieux : P17, plombé par un DRS capricieux qui se ferme automatiquement à peine ouvert. Troisième élimination en Q1 en quatre courses, le Kiwi doit se demander s’il n’a pas signé pour un stage de galère. Oliver Bearman, lui, est passé de l’euphorie d’un Q3 au Japon à la honte d’être le dernier à Bahreïn. Haas doit se demander s’ils n’ont pas engagé un yoyo.
Quelques miettes de bonheur
Tout n’était pas noir à Sakhir. Carlos Sainz, chez Williams, a offert à l’équipe son premier top 10 (P8) à Bahreïn depuis 2017 – et un beau cadeau d’anniversaire à son père, Carlos Sr, 63 ans. Yuki Tsunoda, P10, a enfin atteint Q3 ici, et les deux Red Bull (oui, même Verstappen) ont passé Q2, une première cette saison. Jack Doohan, à 0,017 seconde de Q3, signe un P11 prometteur pour Alpine, pendant qu’Isack Hadjar (P12) et Gabriel Bortoleto (encore en Q1) continuent de prendre des claques pour apprendre.
| Pos | Pilote | Voiture | Q3 |
|---|---|---|---|
| 1 | Oscar Piastri | McLaren | 1:29.841 |
| 2 | George Russell | Mercedes | 1:30.009 |
| 3 | Charles Leclerc | Ferrari | 1:30.175 |
| 4 | Kimi Antonelli | Mercedes | 1:30.213 |
| 5 | Pierre Gasly | Alpine | 1:30.216 |
| 6 | Lando Norris | McLaren | 1:30.267 |
| 7 | Max Verstappen | Red Bull | 1:30.423 |
| 8 | Carlos Sainz | Williams | 1:30.680 |
| 9 | Lewis Hamilton | Ferrari | 1:30.772 |
| 10 | Yuki Tsunoda | Red Bull | 1:31.303 |
Le verdict : un cirque sous le vent
Que retenir de ce samedi à Sakhir ? Piastri joue les patrons, Leclerc et Gasly sauvent les meubles, et Mercedes transforme l’or en plomb avec une bourde digne d’une comédie. Verstappen et Hamilton ruminent, Norris déçoit, et les rookies oscillent entre promesses et désastres. Le vent a soufflé, les pneus ont tenu, mais les illusions de grandeur de certains se sont perdues dans le désert. Dimanche, la course promet du spectacle, mais si Piastri garde ce rythme, il risque de transformer Bahreïn en son jardin personnel. En attendant, le paddock peut toujours compter sur le sable pour cacher ses misères – jusqu’à ce que le prochain coup de vent les expose.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Dimanche 13 Avril | |||||
| Course | 57 tours | 18h00 | 19h00 | 17h00 | 22h00 |