vendredi, octobre 9, 2026
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Place à la Sprint à Spielberg…15h00 local

On savait déjà depuis vendredi que le Red Bull Ring n’avait pas vraiment l’intention de respecter une hiérarchie bien ordonnée. La qualification vient d’en rajouter une couche.

Jorge Martín partira en pole de la Sprint du Grand Prix d’Autriche.

Et derrière l’Aprilia, la première ligne réunit trois constructeurs différents. Voilà qui tombe plutôt bien avant de lâcher tout ce petit monde pour seulement 14 tours autour de Spielberg. Parce qu’une Sprint est déjà une course dans laquelle il n’est pas franchement conseillé de perdre du temps à réfléchir. Au Red Bull Ring, avec ses énormes freinages et ses accélérations qui remettent immédiatement les motos en paquet, la première ligne vient de nous préparer quelque chose qui ressemble davantage à une explication immédiate qu’à une longue partie d’échecs.

Martín répond présent

La pole de Jorge Martín possède évidemment une valeur particulière. Il est arrivé en Autriche à égalité de points avec Marc Márquez, 274 partout, après avoir vu son rival revenir sur lui à Misano. Vendredi, il n’avait pourtant pas occupé le devant de la scène. Pedro Acosta avait terminé P1 en FP1 puis P1 en Practice, pendant que Martín se classait troisième le matin puis cinquième l’après-midi. Il était là, mais le projecteur éclairait surtout la KTM. 

Samedi matin, l’Espagnol vient donc remettre l’Aprilia exactement là où elle devait être pour répondre au championnat : devant. Et sur un circuit où il détient déjà le record absolu en 1’27”748 depuis 2024, le résultat n’a rien d’une apparition sortie d’un chapeau. Reste maintenant à transformer une pole en quatorze tours en veillant au syndrome des loges qui l’avait handicapé à Misano le dimanche, il y a moins d’une semaine.

Côté Ducati, ne pas partir de la pole n’avait visiblement pas spécialement handicapé Marc Marquez. En passant, la fourmi Marquez en a remis une couche en FP à Spielberg avec un angle affiché à 63° pour la Ducati dans le T10. Insane !

Trois motos, trois façons de fabriquer de la vitesse

C’est probablement ce que cette première ligne raconte de plus intéressant. Trois marques différentes devant signifient que Spielberg n’a pas produit une solution technique unique. Vendredi nous en avions déjà aperçu les prémices. Acosta dominait sans posséder la meilleure vitesse de pointe. Ogura pouvait placer son Aprilia P3 en combinant notamment le meilleur T2 et le meilleur T4. Quartararo arrachait son passage direct en Q2 malgré une Yamaha très loin des meilleures Vmax.  Autrement dit, les quelque 4,3 kilomètres autrichiens ne se résument pas à poser le cerveau dans la boîte à outils et ouvrir les gaz.

Heureusement.

Il faut freiner. Très fort. Remettre la moto en ligne. Trouver de la motricité. Recommencer. Et parfois faire tout cela avec quelqu’un qui considère exactement le même morceau d’asphalte comme sa propriété privée. Sur quatorze tours, cela pourrait devenir assez intéressant.

Spielberg, accélérer ne suffit pas

Le Red Bull Ring ne mesure que 4,348 km, mais il concentre beaucoup de choses dans très peu d’espace. Il grimpe, redescend, accumule 65 mètres de dénivelé, offre une ligne droite atteignant 810 mètres et impose surtout une succession de très grosses accélérations suivies de freinages particulièrement violents, certains dans des phases où le relief vient encore compliquer le travail du train avant. Même avec la chicane introduite spécifiquement pour les motos, on y dépasse allègrement les 300 km/h et Ai Ogura y avait atteint 318,5 km/h en 2025. Mais Spielberg n’est justement pas un concours de vitesse de pointe. Vendredi l’avait déjà démontré : Acosta dominait les deux séances sans posséder la meilleure Vmax, tandis que Bastianini atteignait 318,5 km/h et Zarco 317,1. Il faut être capable d’arrêter la moto, conserver un avant suffisamment stable pour entrer dans le virage, la relever rapidement puis retrouver de la motricité pour la catapulter vers le freinage suivant. Et il faut recommencer. Encore et encore. Sur 14 tours de Sprint, avec trois machines différentes au premier rang, ce ne sera donc pas seulement une bataille de chevaux : freinage, stabilité et capacité à remettre les gaz pourraient décider de l’endroit où chacun pourra attaquer l’autre.

Et maintenant, le premier freinage

C’est probablement là que la pole de Martín prendra immédiatement tout son sens. Le Red Bull Ring offre peu de temps pour installer tranquillement sa course. Les longues accélérations et les gros freinages multiplient les possibilités de remettre une moto dans le jeu, mais aussi celles de perdre plusieurs positions lorsque le paquet se présente. Et avec trois constructeurs différents aux trois premières places, personne ne pourra simplement compter sur un voisin de garage pour faire tampon.

Quatorze tours.

Martin a été le plus rapide, Marquez le plus incisif et Acosta joue à domicile !

Pas le temps de cuire doucement. La grille est prête, Martín a choisi la meilleure chaise et trois marques se sont installées au premier rang. Reste maintenant à savoir qui renversera la table…ou pas !

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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