vendredi, septembre 11, 2026

Qualifs: Cadillac qui rit, Ferrari qui pleure…(vidéo)

Le circuit d’Interlagos à Sao Paulo au Brésil est indéniablement un temple mythique, virages serrés, asphalte bosselé, ambiance survoltée, et cette année, une Cadillac qui vole pendant que Ferrari s’enlise. Si vous vous attendiez à des qualifications de routine, détrompez-vous. Les séances ont été aussi prévisibles qu’un épisode de Dexter : du drame, des têtes d’affiche en chute libre, et des outsiders en pleine lumière. Bref, un joyeux bordel organisé comme seul le WEC sait les faire.

Cadillac : quand la brique se prend pour une fusée

Alex Lynn continue de briller comme un phare dans la brume. Après avoir déjà claqué une pole au Mans – exploit que l’on pensait aussi rare qu’un compliment désintéressé entre pilotes – le Britannique remet le couvert à São Paulo avec un tour en 1’22’’570. Pendant que les autres se battent avec leurs réglages comme des gamins avec un Rubik’s Cube, Lynn enchaîne les chronos et sourit en conférence de presse, sûr de lui et de son bolide.

Et que dire de la Cadillac ? Cette V-Series.R, qu’on pourrait croire sortie tout droit d’un rêve humide d’ingénieur américain sous excitant, s’est imposée sans discussion. L’auto n°12 de Lynn colle un dixième à la sœur n°38 de Sébastien Bourdais, qui, lui, s’est pris une pénalité pour avoir bloqué Paul di Resta. Un classique Bourdais : rapide, brillant, mais un brin trop pressé. Résultat : rétrogradé, sanctionné, et prié d’applaudir Lynn depuis la deuxième ligne.

Porsche, Peugeot : les suiveurs appliqués

Derrière le missile Cadillac, la Porsche n°5 de Julien Andlauer s’est glissée discrètement sur la première ligne, en embuscade, comme le bon élève un peu trop silencieux qui finit quand même major de promo. Pendant ce temps, Peugeot, qu’on pensait bon dernier à l’apéro il y a quelques mois, sort de nulle part avec une 4e et 6e place. Malthe Jakobsen, rookie à peine sorti de l’œuf, claque un quatrième temps avec l’assurance d’un vétéran. La 9X8, toujours aussi laide que l’année dernière (sans aileron, sans grâce), prouve qu’elle n’est pas totalement bonne à recycler.

Mais bon, tout le monde garde les pieds sur terre : être rapide sur un tour, c’est bien. Tenir six heures sans que la voiture prenne feu ou que les ingénieurs s’emmêlent les pinceaux, c’est autre chose.

Ferrari : le Titanic aux couleurs de Maranello

Et là, au fond du classement, se noient les rouges. Ferrari, que l’on croyait relancée après Le Mans, offre un spectacle affligeant. La 499P n°51, en tête du championnat, s’élancera de l’avant-dernière place. Oui, vous avez bien lu. Seule la Toyota n°7 a réussi l’exploit de faire pire. Même la n°83, censée sauver l’honneur, ne fait pas mieux qu’un timide neuvième temps.

Que s’est-il passé chez Ferrari ? Mystère. Mauvais choix de réglages ? Pneus sous-gonflés ? Ou bien, comme souvent, une forme d’arrogance mécanique couplée à un optimisme stratégique digne d’un parieur compulsif ? Quoi qu’il en soit, si leur avance au championnat fond aussi vite que leurs espoirs à Interlagos, on risque d’assister à un effondrement aussi spectaculaire qu’un soufflé mal cuit.

LMGT3 : Barrichello Junior sort de l’ombre

10 BARRICHELLO Eduardo (bra), McINTOSH Anthony (usa), HASSE-CLOT Valentin (fra), Racing Spirit of Léman, Aston Martin Vantage AMR GT3 Evo #10, Photo Julien Delfosse / DPPI

Pendant que les Hypercars faisaient leur numéro de diva, une autre histoire se jouait dans l’ombre : celle d’un fils qui marche (enfin) dans les traces de son père. Eduardo Barrichello, le rejeton de Rubens, claque une pole d’anthologie devant son public, sur le circuit même où son paternel pleurait des larmes de légende en F1.

L’Aston Martin Vantage n°10 du team Racing Spirit of Leman, pilotée avec brio par Eduardo, devance la Lexus RC F de Schmid de 24 millièmes. Une paille. Une respiration. Mais un écart suffisant pour écrire un petit morceau d’histoire et surtout offrir à la foule brésilienne un vrai moment d’orgueil local. McIntosh, son coéquipier, s’était déjà fait remarquer en qualifs, et voilà que le duo devient la nouvelle hype du WEC. Comme quoi, il y a une vie après Ferrari (ou avant, selon le point de vue).

PosVoitureNumTeamChrono
1#12#12CADILLAC1’22,570
2#38#38CADILLAC+0.100
3#5#5PORSCHE+0.264
4#94#94PEUGEOT+0.378
5#20#20BMW+0.492
6#93#93PEUGEOT+0.531
7#6#6PORSCHE+0.589
8#15#15BMW+0.689
9#83#83AF CORSE+0.816
10#8#8TOYOTA+0.926

Bref, les qualifications à Interlagos ont eu tout ce qu’on attendait – sauf peut-être une logique sportive. Mais est-ce vraiment ce qu’on veut dans le WEC ? Pas sûr. Entre les pénalités étranges, les écarts de performance incohérents et les montagnes russes émotionnelles de certaines équipes, le spectacle est total. Et après tout, n’est-ce pas là le vrai sens du mot “endurance” ? Endurer l’absurde, la surprise, et parfois… les Ferrari à la traîne.

Rendez-vous dimanche pour voir si Cadillac confirme, si Ferrari s’en sort miraculeusement, ou si une Peugeot nous fait une Toyota 2023. Avec un peu de chance, il pleuvra.

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
Dimanche 13 Juillet
Course6h11h3018h3016h3021h30
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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