samedi, octobre 17, 2026
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Quand Bastianini déclenche la fête et Ducati frôle l’orgasme mécanique

Ah, l’Émilie-Romagne, cette région où la bonne bouffe, le bon vin et les bolides à deux roues cohabitent dans une symphonie parfaite. Mais ce week-end, les moteurs ont crié plus fort que les pasta al ragù, car le Grand Prix de MotoGP d’Émilie-Romagne s’est transformé en un festival Ducati, orchestré par le maestro local, Enea Bastianini, qui a offert à la foule la victoire tant espérée. Et si vous aimez les retournements de situation, les block-pass à la limite du fair-play, et les abandons aussi inattendus qu’un faux filet mal cuit, vous avez eu droit à un spectacle digne d’un opéra italien.

Ce qu’on retiendra ? La centième victoire de Ducati (oui, vous avez bien lu), une autre couronne au palmarès des constructeurs pour la marque de Bologne qui rejoint ainsi Honda et Yamaha auteurs de 100 victoires ou plus, et un certain Pecco Bagnaia qui a prouvé que, malgré ses talents de champion du monde, il n’est pas à l’abri d’un abandon malvenu. Bienvenue dans ce cirque sur deux roues qui s’est déroulé à Misano.

Bastianini : Le héros local qui respecte (presque) ses adversaires

Commençons par l’homme du jour, Enea “The Beast” Bastianini, le guerrier de Misano, qui, avec un sourire en coin et un coup d’accélérateur bien senti, a décidé de transformer cette course en son moment de gloire personnel. Après tout, que serait un GP à domicile sans une victoire ? Et surtout, sans un block pass bien musclé sur un certain Jorge Martin pour sceller l’affaire ?

Revenons sur cette manœuvre savamment exécutée. Le block pass, ce geste élégant où un pilote s’invite à l’intérieur d’un virage, juste au moment où son rival pense que tout va bien, pour lui fermer la porte au nez. Une sorte de « coucou, je suis là, dégage ». Et Bastianini l’a fait avec une précision chirurgicale dans le dernier tour, envoyant Martin admirer de plus près la beauté du vibreur et des échapatoires de Misano. Peut-on vraiment blâmer Martin d’avoir été pris au dépourvu en fin de course avec des gommes à la limite sur le flanc droit? Probablement pas. Après tout, la vitesse de Bastianini semblait nourrie à la sauce bolognaise maison, et rien ne pouvait l’arrêter.

Mais soyons clairs : Bastianini ne s’est pas contenté de passer Martin. Il l’a littéralement expédié dans le décor stratégique de la course. Un geste autoritaire, pour ne pas dire cavalier, qui a fait hurler les fans italiens de joie. La victoire à domicile est, après tout, la cerise sur le tiramisu pour ce public assoiffé de drapeaux rouges et de victoires Ducati.

Jorge Martin : Le sacrifié du jour

Jorge Martin, quant à lui, peut légitimement se sentir comme un personnage secondaire dans un film où le protagoniste principal est destiné à triompher coûte que coûte. Il a passé l’immense majorité de la course à croire qu’il pouvait tenir tête à Bastianini, seulement pour se faire dégager à la façon d’un meuble gênant dans un déménagement précipité.

Ce block pass n’était pas juste une simple tentative de dépassement, non. C’était une déclaration d’intention. « Cette victoire est mienne », semblait dire Bastianini, tandis que Martin voyait ses espoirs de victoire s’évaporer plus vite qu’un expresso avalé à la hâte. Et soyons honnêtes : Martin n’avait aucune chance de répliquer. Sur ce coup-là, il a simplement dû se contenter d’un modeste podium, en serrant les dents et en se disant qu’il y aurait d’autres jours… Peut-être pas à Misano, mais ailleurs. En tout cas, pas de rancune apparente sur le podium après un bras d’honneur bien senti sur la ligne, juste un sourire un peu crispé et un regard qui disait tout : « Bien joué, mais je te retiens. » Ainsi le toujours leader de la série affirmait:”J’étais le plus rapide mais bon, la victoire m’échappe…“

Bagnaia : Un Abandon qui Fait Tache

Ah, Pecco Bagnaia, le champion du monde en titre, l’enfant chéri de Ducati. On s’attendait à ce qu’il continue de creuser son propre sillon vers la légende ce week-end. Mais non, Misano avait d’autres plans pour lui, et ils n’impliquaient pas une fin glorieuse.

Alors qu’on le voyait déjà se battre pour les honneurs, Bagnaia a été victime de la pire chose qui puisse arriver à un pilote de MotoGP en pleine course : l’abandon. Alors qu’il était sur le podium provisoire, il perdait l’avant dans son 21e tour et restait dans les gravillons pour le compte sans toutefois se blesser (hormis une fâcheuse blessure de l’orgueil). Même les machines italiennes les plus fières peuvent encore se comporter comme une Fiat Panda en fin de vie. L’ironie est à son comble lorsque le pilote vedette de la marque se voit contraint de rentrer aux stands, visière baissée, tandis que chez Ducati on se gratte la tête, se demandant ce qui a bien pu clocher.

Ce genre d’abandon a un goût particulièrement amer, surtout quand on sait que Bagnaia avait la possibilité de briller à domicile. Au lieu de cela, il est reparti les mains vides concédant 20 points supplémentaires au Martinator, et son coéquipier Bastianini en a profité pour lui voler la vedette. On imagine les discussions à l’usine Ducati cette semaine : « Désolé Pecco, mais c’était le jour de gloire de Bastianini. »

Ducati : La centième victoire, ou comment frôler l’orgasme collectif

Malgré l’abandon de Bagnaia, Ducati n’avait aucune raison de se plaindre. Ce Grand Prix a marqué la centième victoire de la marque en MotoGP et grâce à un pilote officiel. Oui, 100 victoires ! Une performance qui mérite d’être célébrée avec un festin digne des plus grandes trattorias. Et pour couronner le tout, cette victoire leur a permis de remporter le titre des constructeurs. En résumé, ce week-end était un gigantesque « et toc » envoyé à toutes les autres écuries qui n’ont pas encore compris comment rivaliser avec l’armada rouge.

On pourrait penser que Ducati est déjà habituée à gagner – après tout, ils dominent depuis un bon moment – mais non, cette victoire avait un goût tout particulier. Une victoire sur le sol italien, avec un pilote italien, au sein d’une équipe italienne… Si ce n’est pas une ode au nationalisme mécanique, je ne sais pas ce que c’est. Les ingénieurs et mécaniciens de Ducati ont dû pleurer de joie en arrosant le garage de champagne (ou peut-être de prosecco, parce que c’est plus italien).

Misano, c’était la fête Ducati. Les tifosi étaient en transe, le paddock vibrait de l’énergie typiquement italienne, et tout le monde se félicitait d’avoir créé une machine imbattable. Enfin, presque imbattable, sauf quand elle lâche en pleine course… Aujourd’hui, c’était le jour de la gloire, du bruit, et des records battus.

Conclusion : Un récital italien, et un clin d’oeil au destin

En somme, le Grand Prix d’Émilie-Romagne 2024 a été un véritable récital italien, avec Bastianini dans le rôle de l’artiste qui termine son solo en beauté. Martin a joué le partenaire malchanceux, tandis que Bagnaia, malgré son statut de star, a dû tirer sa révérence prématurément. Ducati a ajouté une nouvelle page dorée à son histoire, et on a assisté à l’une des plus grandes fêtes de la saison.

Pos.PtsPiloteTeamChrono
125E. BastianiniDucati Team41:14.653
220J. MartinPramac Racing+5.002
316M. MarquezGresini Racing+7.848
413M. BezzecchiVR46+9.200
511F. MorbidelliPramac Racing+13.601
610M. ViñalesAprilia Racing+15.484
79F. QuartararoYamaha+20.922
88A. EspargaroAprilia Racing+22.795
97A. MarquezGresini Racing+27.704
106M. OliveiraTrackhouse+31.891
Classement Emilia Romagna 24
Pos.RiderTeamPoints
1J. MartinPramac Racing341
2F. BagnaiaDucati Team317
3E. BastianiniDucati Team282
4M. MarquezGresini Racing281
5B. BinderRed Bull KTM165
Classement Championnat MotoGP après Emilia Romagna 24

Entre les block-passes, les abandons et les records, ce Grand Prix a offert tout ce qu’un fan de MotoGP pouvait espérer… Sauf, peut-être, une victoire de Bagnaia. Mais ne vous inquiétez pas pour lui : avec une machine aussi performante que la Ducati Desmosedici sous les fesses, Pecco aura bien d’autres occasions de briller.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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