C’est bien connu, quand les chats ne sont pas là, les souris dansent. Mais attention : on ne parle pas ici de mignons minous YouTube croquignolets ou de félins paresseux sur canapés. Non. Les “chats” du WRC2, ce sont des félins affamés, des tueurs de chronos, qui répondent aux doux noms de Solberg, Rossel, Greensmith ou encore Daprà. Et ces fauves-là ont décidé de snober le Rallye d’Estonie. Trop rapide ? Trop sablonneux ? Trop “rollercoaster balte” ? Allez savoir. Toujours est-il qu’en leur absence, la meute de prétendants jusqu’alors relégués à l’ombre va se battre pour griffer son nom dans le marbre – ou plutôt dans la poussière. Et autant dire que la poussière va voler.
Solberg s’envole, Rossel s’endort, Greensmith jardine

Oliver Solberg, en leader du championnat WRC2, avait coché l’Estonie dans son agenda… jusqu’à ce que Toyota ne lui fasse les yeux doux pour l’aligner en Rally1. Exit donc le Rally2 pour le blondinet suédois, qui va devoir apprendre à dompter la bête plus grosse. Voilà qui laisse un trône temporairement vacant, et un peloton de seconds couteaux (mais bien aiguisés) prêts à le revendiquer. Rossel ? Il se réserve pour la suite. Greensmith ? Absent, sans doute trop occupé à chercher sa prochaine épreuve sur une carte. Et Roberto Daprà ? Mystère et boule de gravier.
Résultat : l’Estonie se transforme en terrain de jeu pour les ambitieux, les opportunistes, les futurs grands. Et ça risque d’être spectaculaire, voire totalement chaotique.
Korhonen, Gryazin et la bande des affamés

Roope Korhonen, 7e du championnat mais première option sérieuse parmi les engagés, débarque avec des références en gravier et une Toyota GR Yaris Rally2 bien affûtée. Il a déjà gagné en ERC cette année, en Hongrie, et son rythme en Scandinavie était plus que respectable. Mais entre être rapide sur les routes lisses et survivre à l’Estonie, il y a un monde – et quelques bosses.

Celui qui attire les regards, c’est surtout Nikolay Gryazin. Seulement sa deuxième sortie en WRC2 cette saison, mais quelle opportunité ! Sans les gros bras autour, le Russe peut envoyer tout ce qu’il a – et il a beaucoup. Vitesse ? Oui. Expérience ? Également. Tact ? Pas toujours, mais qui en a besoin en Estonie ? Troisième du championnat l’an passé, Gryazin connaît bien le terrain. Et quand il ne sort pas de la route ou n’engueule pas son copilote, il reste une sacrée menace.
| Pos | Pilote | Monture | Total |
| 1 | 85 | ||
| 2 | 82 | ||
| 3 | 57 | ||
| 4 | 49 | ||
| 5 | 39 | ||
| 6 | 38 | ||
| 7 | 29 | ||
| 8 | 27 | ||
| 9 | 23 | ||
| 10 | 23 |
L’Estonie pour les Estoniens : patriotisme et bitume à domicile

Et que serait un rallye local sans les héros du cru ? La meute des pilotes estoniens va évidemment tenter de transformer cette manche en feu d’artifice national. On ne parle pas de pilotes du dimanche. Non. Des gars comme Romet Jürgenson, champion du monde junior en titre, auteur de victoires ici même en Rally3 et Rally4, qui grimpe les échelons à une vitesse qui ferait pâlir un ascenseur de gratte-ciel. Il sort d’un top 5 en WRC2 en Sardaigne et pourrait bien électriser les foules locales.

Ajoutez à cela Georg Linnamäe, victorieux en 2024 en ERC sur ce terrain après un duel dantesque avec Robert Virves, deux Estoniens qui se connaissent comme deux frères ennemis. Leur affrontement s’est terminé pour 2,2 secondes l’an dernier. Une éternité dans ce rallye. La revanche est dans l’air, et les spectateurs ne manqueront pas une miette. Retenez également que Georg s’était payé le luxe de signer le scratch toutes catégories en Suède sur l’ES5 en dévorant les Rally1.
Et tant qu’on y est, glissons aussi les noms d’Egon Kaur et de Joosep Ralf Nõgene. Moins clinquants, certes, mais en Estonie, il ne faut jamais sous-estimer un pilote local. Un saut mal négocié, une ornière un peu vicieuse, et paf, vous perdez 15 secondes à fixer un sapin en espérant ne pas finir dans son tronc.
L’invasion finlandaise

Comme si cela ne suffisait pas, les voisins du nord – ces Finlandais qu’on croirait tous nés avec un volant dans une main et une glacière dans l’autre – débarquent aussi. Lauri Joona (très solide en Sardaigne 2025), Mikko Heikkilä, Tuukka Kauppinen : trois noms à suivre, trois missiles sol-sol montés sur Fabia ou Yaris Rally2, qui n’ont pas l’intention de jouer les figurants. L’Estonie, c’est un peu leur cour de récréation bis. C’est rapide, c’est piégeux, ça saute dans tous les sens, bref : c’est tout ce qu’ils aiment.
Rally3 : quand Pelamourgues sort de sa coquille

Et pendant que les grands s’entredéchirent, dans l’antichambre du WRC, un petit coq français commence à faire du bruit. Arthur Pelamourgues, au nom de mousquetaire et à la Clio Rally3 bien accrochée au sol, pointe à la 4e place du championnat. Son palmarès est encore en construction, mais ses performances laissent entrevoir un certain potentiel. Vainqueur au Monte-Carlo dans sa catégorie, solide sur asphalte, il découvre la terre avec enthousiasme et ténacité. Et si le Portugal lui a laissé un goût amer, son rallye en Estonie pourrait bien faire du bruit. Il a découvert cette surface l’an passé dans l’hexagone et emportait les lauriers au Terre de Vaucluse. Il s’élancera en chef de file de la série WRC3. Il est jeune, il est talentueux, et surtout, il est affamé. Comme tous les autres ici.
| Pos | Pilote | Monture | Total |
| 1 | 67 | ||
| 2 | 59 | ||
| 3 | 49 | ||
| 4 | 42 | ||
| 5 | 42 |
Conclusion : pas de stars, mais un sacré casting
Le Rallye d’Estonie version WRC2 et WRC3 n’a peut-être pas les têtes d’affiche qu’on attendait. Mais il a des couteaux entre les dents, de la revanche à vendre, et des pilotes prêts à tout pour exister. Les absents ont peut-être toujours tort, mais ici, leur absence est surtout une bénédiction pour ceux qui n’ont jamais eu voix au chapitre en totalité. Et si ce week-end devenait celui des outsiders ? Celui où la hiérarchie s’effrite, où les oubliés claquent la porte du fond ?
Dans ce rallye qui va à toute vitesse, une chose est sûre : ce ne sont pas les chats qui vont danser. Ce sont les rongeurs. Et ils ont sorti les crocs.
| Intitulé | Longueur | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Jeudi 17 Juillet | |||||
| ES1 Tartu vald1 | 1,760km | 20h05 | 21h05 | 19h05 | 00h05 |
| Vendredi 18 Juillet | |||||
| ES2 Peipsiääre1 | 24,350km | 09h16 | 10h16 | 08h16 | 13h16 |
| ES3 Mustvee1 | 11,370km | 10h09 | 11h09 | 09h09 | 14h09 |
| ES4 Peipsiääre2 | 24,350km | 11h53 | 12h53 | 10h53 | 15h53 |
| ES5 Mustvee2 | 11,370km | 12h46 | 13h46 | 11h46 | 16h46 |
| ES6 Kambja1 | 23,740km | 15h44 | 16h44 | 14h44 | 19h44 |
| ES7 Kambja2 | 23,740km | 18h04 | 19h04 | 17h04 | 22h04 |
| ES8 Elva Linn | 1,720km | 19h15 | 20h15 | 19h15 | 23h15 |
| Samedi 19 Juillet | |||||
| ES9 Raanitsa1 | 21,450km | 08h23 | 09h23 | 07h23 | 12h23 |
| ES10 Kanepi1 | 17,430km | 09h16 | 10h16 | 08h16 | 13h16 |
| ES11 Raanitsa2 | 21,450km | 10h54 | 11h54 | 09h54 | 14h54 |
| ES12 Kanepi2 | 17,430km | 11h47 | 12h47 | 10h47 | 15h47 |
| ES13 Otepää1 | 11,150km | 15h05 | 16h05 | 14h05 | 19h05 |
| ES14 Karaski1 | 11,970km | 16h00 | 17h00 | 15h00 | 20h00 |
| ES15 Otepää2 | 11,150km | 17h35 | 18h35 | 16h35 | 21h35 |
| ES16 Karaski2 | 11,970km | 18h30 | 19h30 | 17h30 | 22h30 |
| ES17 Tartu vald2 | 1,760km | 19h51 | 20h51 | 18h51 | 23h51 |
| Dimanche 20 Juillet | |||||
| ES18 Hellenurme | 11,790km | 09h39 | 10h39 | 08h39 | 13h39 |
| ES19 Kääriku1 | 24,200km | 10h35 | 11h35 | 09h35 | 14h35 |
| ES20 Kääriku2 PS | 24,200km | 13h15 | 14h15 | 12h15 | 17h15 |