samedi, octobre 17, 2026
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Rallye Autonexx : ce que raconte la nuit mauricienne

Au terme de la première étape de l’Autonexx Trophy, faisons parler les chronos. Pour les explications, nous reviendrons plus avant. La quatrième manche du Championnat MRC a commencé samedi soir par six passages entre Plaine Champagne et Chamarel, trois dans chaque sens. Trente kilomètres chronométrés intégralement disputés de nuit, sur un tracé globalement sec mais avec encore quelques zones d’humidité résiduelle. 

Après six spéciales, Ritesh Ramdarshan et Julien Froget ont installé leur Škoda Fabia Rally2 en tête en 26’20”1. Thierry Duvivier et Frédéric Nokiah suivent à 18”5, Xavier Lachkar et Cedric Froget à 53”9. Derrière, Shayan Ramdenee, David Koenig, Gregory Toulet et Rayhan Alladeen occupent les quatre places suivantes en seulement 20”1. Voilà pour la photographie. Le film est plus intéressant.

Ramdarshan : trois scratches et aucun trou d’air

Ritesh Ramdarshan n’a pas dominé chacune des six spéciales. Il n’en remporte même « que » trois. Mais sa succession de classements raconte assez bien pourquoi il passe la nuit en tête : P2, P1, P1, P1, P3, P2. Dans le sens Chamarel vers Plaine Champagne, ses trois passages sont même presque posés au papier millimétré : 4’17”9, 4’19”7 puis 4’19”1. Seulement 1”8 sépare le meilleur du moins bon. Son avance de 18”5 sur Duvivier n’est donc pas née d’une spéciale dans laquelle il aurait envoyé tout le monde chercher une calculatrice. Son plus gros gain sur l’Alpine n’est que de 8”2, dans l’ES2. Ramdarshan a surtout empilé six chronos rapides sans véritable accident chronométrique.

Duvivier : le métronome

Thierry Duvivier fait encore mieux lorsqu’il s’agit de régularité. Ses six chronos tiennent entre 4’23”9 et 4’28”7. 4”8 seulement séparent son meilleur temps de son moins bon sur l’ensemble de la Leg 1. Dans le sens Plaine Champagne vers Chamarel : 4’28”7, 4’25”1, 4’28”2. Dans l’autre : 4’26”1, 4’23”9, 4’26”6.

Autrement dit, entre son premier et son dernier passage dans chacun des deux sens, l’écart est exactement d’une demi-seconde. Une fois dans un sens, une fois dans l’autre. L’Alpine finit pourtant à 18”5 de la Škoda. Voilà toute la nuance entre régularité et vitesse moyenne : Duvivier varie encore moins que Ramdarshan, mais Ramdarshan va globalement plus vite. L’équipage de l’Alpine décroche néanmoins le scratch de l’ES5 en 4’28”2. Pas besoin d’une transformation spectaculaire de son rythme pour y parvenir. Il était déjà là.

Lachkar : premier, dernier… et troisième

Voilà probablement la courbe la plus étonnante de la nuit. Xavier Lachkar commence le rallye en remportant l’ES1 en 4’24”5. Cinq spéciales plus tard, il termine le Leg 1 en remportant également l’ES6, cette fois en 4’17”1, meilleur chrono absolu de la soirée. Entre les deux, l’histoire racontée par le chronomètre est nettement moins linéaire.

Le cas du sens Chamarel vers Plaine Champagne est spectaculaire : 4’41”7 en ES2, 4’33”5 en ES4, puis 4’17”1 en ES6. Lachkar gagne ainsi 24”6 entre son premier et son troisième passage dans le même sens. Et pourtant, il termine la nuit à 53”9 de Ramdarshan. Il faut immédiatement apporter une nuance : ce retard comprend les 12 secondes de pénalité enregistrées en ES5. Sans elles, l’écart chronométrique brut serait de 41”9.  Cela ne change pas le paradoxe. Lachkar a été capable d’être le plus rapide au début et à la fin de la Leg 1 sans parvenir à transformer cette vitesse en lutte directe avec les deux premiers au cumul. Pourquoi ? Nous verrons celà plus tard à l’arrivée. Pour l’instant, le chrono dit seulement cela. Et c’est déjà beaucoup.

Derrière, vingt secondes pour quatre

La bagarre suivante est beaucoup plus compacte. Shayan Ramdenee occupe la quatrième place à 1’05”2 du leader. David Koenig est seulement 3”7 derrière lui. Gregory Toulet suit à 12”6, puis Rayhan Alladeen à 3”8. De la quatrième à la septième place, 20”1 seulement séparent quatre équipages après trente kilomètres. Là encore, quelques chronos méritent qu’on s’y attarde. Ramdenee réalise exactement 4’27”5 en ES2 et 4’27”5 en ES6, avec entre les deux un 4’23”3 en ES4. David Koenig passe de 4’30”3 à 4’26”7 puis 4’30”1 sur ces mêmes passages. Mais d’autres améliorent sensiblement leur dernier passage par rapport au premier : Toulet gagne 7”8 entre ES2 et ES6, Alladeen 5”6, Reaz Gopee 6”3 et Riaz Noursing 9”3.

Et maintenant, on change presque tout

Ce dimanche, l’Autonexx Trophy change de décor. Le Leg 2 abandonne Plaine Champagne et Chamarel pour La Pipe et Pavé Citron. Six nouvelles spéciales, trois dans chaque sens, pour 25,8 kilomètres chronométrés. Le rallye en compte 55,8 au total. 

La nuit laisse également place au jour. Au départ de cette seconde étape, les conditions sont sèches et le beau temps est au rendez-vous. Un autre détail pourrait venir se mêler aux chronos : une chicane est installée sur la spéciale dominicale, dans les deux sens, avec 15 secondes de pénalité par contact. Sur seulement 4,3 kilomètres, cela commence à faire cher le morceau déplacé. 

Ramdarshan aborde donc cette deuxième moitié avec 18”5 sur Duvivier et 53”9 sur Lachkar. Mais le championnat ajoute une autre couche à la lecture : avant cette quatrième manche, Ramdarshan menait déjà avec 84 points devant Lachkar, 69, et Ramdenee, 59. Duvivier n’occupait que la sixième place avec 41 points, tout en arrivant à l’Autonexx Trophy après avoir inscrit 30 points lors de M3. Samedi soir, la nuit a donc commencé à séparer vitesse pure, régularité et capacité à les réunir pendant six spéciales.

Aujourd’hui, autre route, autre lumière, autres conditions. Les causes viendront plus tard. Pour l’instant, le chronomètre a parlé.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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