Le week-end des 5 et 6 avril 2025 marquera le lancement de la saison du Championnat de la Réunion des Rallyes avec le Rallye de Petite Île (RPI), qui retrouve son appellation d’origine après une période où les épreuves parcouraient un sud de l’île plus étendu. Si ce retour à la nomenclature historique évoque quelques souvenirs du défunt Rallye du Sud Sauvage, les débuts de cette édition 2025 s’annoncent plus difficiles que les années précédentes, avec seulement 71 engagés recensés à la clôture des inscriptions le 24 mars au soir. Ce chiffre inclut les rares participants en VMRS (4 ou 5 équipages) qui accompagnent le rallye moderne. Un démarrage en douceur, donc, qui soulève des questions sur l’attractivité de cette ouverture de saison. Nombre d’habitués manquent à l’appel !
Un plateau modeste mais des nouveautés prometteuses

Avec un total cumulé de 71 engagés, le Rallye de Petite Île 2025 fait mieux que le coup d’envoi de la saison précédente à Saint-Leu, organisé par ASAPromo, qui n’avait réuni que 57 équipages. Cependant, cette comparaison mérite nuance : le Rallye de Saint-Leu 2024, en format régional, n’intégrait pas les VMRS et avait subi des ajustements de dernière minute, tant sur la date que sur le parcours. À Petite Île, le tracé reste identique à celui de l’édition 2024, un programme simplissime à reconnaître pour les équipages, ce qui aurait pu encourager une participation plus massive. Pourtant, le compte n’y est pas tout à fait. Le Rallye de Petite 2024 avait réuni 83 engagés moderne + 13 VMRS, le Sud Sauvage 2023: 73 modernes + 10 VMRS et le Sud Sauvage 2022: 78 modernes + 7 VMRS.
Malgré ce constat, le plateau réserve quelques belles surprises. Cette saison voit l’arrivée de nouveaux châssis en provenance de l’Europe : deux Škoda Fabia Rally2, deux Citroën C3 Rally2 et deux Peugeot 208 Rally4, bien que seule une de ces dernières soit engagée pour ce rallye inaugural. Ces bolides modernes, fleurons des catégories Rally2 et Rally4, témoignent d’un renouveau dans le parc automobile local et d’une volonté d’élever le niveau de compétition. Cependant, cet élan est tempéré par des difficultés logistiques : l’approvisionnement en pièces détachées pour plusieurs équipages s’est finalement révélé assez compliqué. Une raison valable, mais qui n’explique pas tout. A cet effet, chaque année les concurrents sont confrontés à la même problématique alors pourquoi cette année serait plus difficile ? Un retard à l’allumage plus marqué du fait de Garance ? Un amorçage de la saison tardif du fait d’une remise des trophées 2024 qui s’est déroulée fin Février 2025 ? Concernant l’approvisionnement par voie maritime qui est désormais plus long du fait des soubresauts liés à la géopolitique, on va vous rassurer tout de suite: l’essentiel des pièces arrive par avion !
Le VMRS en perte de vitesse : une surprise inattendue

Si le rallye moderne affiche une participation modeste (67 engagés au dernier pointage), la catégorie VMRS, qui sert de doublure en régularité, connaît une désaffection encore plus marquée. Sous réserve de la publication de la liste officielle des engagés, attendue au plus tard ce jeudi, seuls 4 ou 5 équipages seulement se seraient inscrits dans cette série initiée en 2021 par l’ASA Réunion lors de la reprise post-Covid au Tour Auto. Ce faible engouement surprend, d’autant que le VMRS se veut accessible : pas d’arceau, pas d’ingénieur, pas de lourde logistique – juste un extincteur, deux casques et une voiture de série, celle de « Monsieur ou Madame Tout-le-Monde ». Avec un pic à 22 participants lors du Tour Auto 2022, cette formule semblait promise à un bel avenir, notamment comme tremplin vers le rallye moderne. D’autres clubs (ASA Sud puis ASA 974 et ASASmer) avaient emboité le pas au club dionysien en accueillant à leur tour le VMRS au fil des ans.
Plusieurs exemples concrets illustrent ce rôle de passerelle : les frères Ulrich et Thomy Miranville ont fait leurs armes en VMRS avant de passer au rallye moderne, tout comme Romain Sautron, qui troque cette saison son Audi RS3 de régularité pour une Renault Clio Rally5 en moderne. Alors, pourquoi ce désintérêt soudain ? Les contraintes financières, souvent invoquées en ces temps difficiles, ne suffisent pas à tout justifier. Le VMRS, par sa simplicité et son coût réduit, devrait logiquement séduire davantage de pilotes amateurs ou en devenir. Une interrogation légitime est donc de mise.
Une dynamique réelle malgré les apparences

À première vue, le plateau du Rallye de Petite Île 2025 pourrait laisser penser à un essoufflement du rallye réunionnais. Pourtant, plusieurs signaux contredisent cette impression. L’arrivée de nouveaux châssis dans les catégories phares, combinée à la présence de nombreux rookies, traduit une dynamique encourageante. Les débutants, attirés par l’adrénaline et la compétition, semblent prêts à prendre la relève, tandis que les investissements dans des voitures modernes montrent que nombre d’équipages croient encore en l’avenir de ce sport sur l’île.
Alors, où se situe le problème ? Le passage du cyclone Garance a certes compliqué la donne, mais son impact ne peut pas tout porter à lui tout seul. Les raisons de cette participation en demi-teinte sont sans doute plus profondes. Pour trouver des réponses, il faudra d’abord se poser les bonnes questions et pour le moins se poser des questions. Comment redonner un souffle nouveau à cette ouverture de saison ? Et surtout, comment capitaliser sur les atouts indéniables de ce rallye – un cadre unique et une communauté passionnée – pour en faire un rendez-vous incontournable ?
Une saison à suivre
Le Rallye de Petite Île 2025, malgré ses débuts timides, pose les bases d’une saison qui s’annonce riche en rebondissements. Entre un nouveau duo Champion (Bardeur/Naigon) qui devient la cible de tous les topguns, le rapprochement de l’élite de plusieurs équipages habitués du deuxième wagon, l’émergence de nouveaux talents, l’arrivée de machines performantes et les interrogations sur l’avenir du VMRS, les 5 et 6 avril prochains offriront bien plus qu’une simple course : ils seront le reflet d’un sport en quête de renouveau. Aux organisateurs, aux pilotes et aux passionnés de relever le défi pour faire de cette édition un tremplin vers une année mémorable.