Le Rallye d’Europe Centrale 2024 (#CERWRC24), ou comment passer d’un futur champion du monde à un « presque » vainqueur en l’espace de quelques virages glissants et de fossés malicieux. Thierry Neuville, le talentueux Belge de Hyundai, s’est retrouvé dans une de ces situations où l’on se dit : « Bon, c’était quoi l’idée déjà ? Ah oui, gagner ! » Et bien, spoiler alert, ça ne s’est pas exactement passé comme prévu.
Vendredi : Un début en fanfare (presque)

Le vendredi commence comme dans un rêve pour Neuville. Il est en tête après une journée d’asphalte particulièrement vicieuse. Les routes tchèques et allemandes lui donnent du fil à retordre, mais pas assez pour perturber ses ambitions. Sébastien Ogier, l’octuple champion du monde qui aime bien rappeler à tout le monde qu’il n’est pas là pour distribuer des points, tente bien de garder le rythme. Mais voilà, même le meilleur peut avoir un ou deux moments de largesse, et Ogier s’en tire avec des trajectoires larges et des feuilles mortes qui jouent les trouble-fêtes.
Ogier, qui a fait du « Je suis pas assez rapide » son slogan de la journée, se fait doucement distancer par un Neuville bien déterminé. Alors que l’on aurait pu imaginer un vendredi tranquille pour le Belge, Andreas Mikkelsen, son coéquipier chez Hyundai, décide que ce serait bien de tester la solidité de quelques poteaux de clôture dans une virage glissant. Résultat des courses : Hyundai perd une voiture mais garde le moral. Enfin, presque.

La journée se termine donc avec Neuville en tête, Ogier juste derrière à 6.4 secondes et un Ott Tänak, ancien champion et aujourd’hui coéquipier rival, qui traîne à moins de 8 secondes. Tout semble sourire à Hyundai, n’est-ce pas ?
Samedi : Quand tout s’effondre

Ah, le samedi, cette journée où Thierry Neuville a découvert que le rallye, c’est comme une vieille blague : on pense connaître la chute, mais on se retrouve à rire jaune. Alors qu’il aurait pu rouler vers la gloire, le Belge a fait une petite pause… dans un fossé. Et pas qu’une fois. Deux erreurs successives en l’espace d’une minute, comme si la route était soudainement devenue un parcours de skate. Bon, il arrive à s’en sortir tant bien que mal, mais son petit séjour dans l’herbe lui coûte près de 40 secondes.
Adieu la première place, bonjour la quatrième. Les rêves de titre mondial qui semblaient si proches la veille s’éloignent aussi vite qu’un i20 N HYBRID en plein turbo. À ce moment-là, on imagine les ingénieurs Hyundai se demander pourquoi ils ne se sont pas contentés de vendre des SUV en Allemagne.

Pendant ce temps, Ogier reprend la tête. Oui, vous avez bien lu, le vétéran aux huit couronnes est de retour en tête, bien que légèrement perturbé par un Tänak qui a décidé que ce n’était pas encore le moment de laisser la victoire à un autre. Le duel entre les deux se poursuit tout au long de la journée, avec des écarts si serrés qu’on pourrait croire que ces deux-là jouent au chat et à la souris.
Neuville, quant à lui, tente de limiter les dégâts. Il parvient à garder sa quatrième place, mais voit son avance au championnat fondre plus vite que la neige en hiver. Pire encore, il perd cinq précieux points face à son rival Tänak, réduisant ses chances de boucler le championnat ici en Europe. Ah, la vie d’un pilote de rallye.
Dimanche : Le retour de la malédiction d’Ogier

Dimanche matin, tout le monde se réveille avec une seule idée en tête : qui va gagner ce foutu rallye ? Ogier, avec son calme habituel, semble en bonne position. Mais Ott Tänak n’a pas dit son dernier mot. Le scénario est parfait pour un final haletant, et les fans de rallye sont prêts pour une bataille épique.
Et puis… Sébastien Ogier décide qu’il était temps d’ajouter un peu de drame. Lors de l’avant-dernière spéciale, le Français part à la faute, emportant avec lui non seulement ses espoirs de victoire, mais aussi quelques panneaux de signalisation sur le bord de la route. Une sortie de route coûteuse qui le relègue dans le classement et offre à Tänak une victoire sur un plateau en argent.
Tänak, qui avait déjà goûté à la victoire cette saison, saisit l’opportunité et s’offre une belle victoire. Une victoire qui ne fait pas seulement plaisir à Hyundai, mais qui laisse aussi planer un grand suspense pour le championnat, lequel se jouera finalement au Japon lors de la dernière manche. Bref, le suspens est total, et les fans n’en demandaient pas tant.
Un championnat relancé

Neuville termine le rallye à une respectable troisième place, bien que ce résultat soit loin d’être suffisant pour conclure le championnat. Le titre qu’il espérait tant devra attendre, et il ne peut s’empêcher de se dire que cette erreur de samedi matin pourrait bien le hanter pendant encore quelques semaines. Il ne perd que quatre points dans la course au titre, mais ces points pourraient bien faire la différence au Japon.
Du côté des constructeurs, la bataille fait également rage. Malgré la victoire de Tänak, Toyota a réussi à réduire l’écart avec Hyundai grâce aux performances solides d’Elfyn Evans et de Takamoto Katsuta. Ces derniers ont fait ce qu’on attendait d’eux : assurer les points, même si Katsuta a bien failli compromettre sa course en accumulant une pénalité de 16 secondes pour excès de vitesse. Oui, vous avez bien entendu, excès de vitesse… dans une zone de chicane virtuelle. Le comble du rallye moderne.
Et maintenant, direction le Japon
Le Rallye d’Europe Centrale n’aura donc pas couronné Thierry Neuville. À la place, il nous a offert un des rebondissements les plus croustillants de la saison, repoussant la décision finale au Japon. Pour Neuville, la mission est claire : éviter de se planter dans des fossés japonais. Pour Tänak, il s’agira de maintenir la pression et de jouer le tout pour le tout. Quant à Ogier, on peut supposer qu’il va méditer sur cette sortie de route et peut-être envisager une reconversion en consultant en gestion des risques.
| Pos | Equipage | Voiture | Chrono |
| 1. | Tänak Ott/ Järveoja Martin | Hyundai i20 N Rally1 Hybrid | 2h37’34.6 |
| 2. | Evans Elfyn/ Martin Scott | Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid | +7.0 |
| 3. | Neuville Thierry/ Wydaeghe Martijn | Hyundai i20 N Rally1 Hybrid | +39.8 +32.8 |
| 4. | Katsuta Takamoto/ Johnston Aaron | Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid | +1:21.0 +41.2 |
| 5. | Munster Grégoire/ Louka Louis | Ford Puma Rally1 | +3:41.9 +2:20.9 |
| 6. | Gryazin Nikolay/ Aleksandrov K. | Citroën C3 Rally2 | +9:17.6 +5:35.7 |
| 7. | Solberg Oliver/ Edmondson Elliott | Škoda Fabia RS Rally2 | +9:34.1 +16.5 |
| 8. | Mareš Filip/ Bucha Radovan | Toyota GR Yaris Rally2 | +11:41.5 +2:07.4 |
| 9. | Marczyk Mikołaj/ Gospodarczyk S. | Škoda Fabia RS Rally2 | +12:10.6 +29.1 |
| 10. | Kajetanowicz K./ Szczepaniak M. | Škoda Fabia RS Rally2 | +12:20.3 +9.7 |
Bref, le rallye, c’est parfois comme la météo : on pense savoir à quoi s’attendre, mais au final, il pleut toujours là où on ne l’attendait pas.
| Pos | Pilote | Voiture | Total |
| 1 | Thierry Neuville | Hyundai i20 N Rally1 Hybrid | 225 |
| 2 | Ott Tanak | Hyundai i20 N Rally1 Hybrid | 200 |
| 3 | Elfyn Evans | Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid | 185 |
| 4 | Sébastien Ogier | Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid | 166 |
| 5 | Adrien Fourmaux | Ford Puma Rally1 Hybrid | 146 |