Portimão ! Son bitume ondulant comme une mer déchaînée, son soleil de plomb et, surtout, ses jugements sans appel. En cette deuxième étape de la saison, les pilotes du WorldSBK sont venus vérifier si leur ego était prêt à affronter la réalité brutale du chrono. Et devinez quoi ? Toprak Razgatlioglu, alias « El Turco », n’était pas venu pour faire de la figuration.
Matinée : le record en apéritif, l’humiliation en plat principal
Déjà, en FP3, le champion en titre avait décidé de poser les bases : 1’39″446. Nouveau record du circuit. Histoire de bien faire comprendre que la première journée, passée à contempler une BMW capricieuse en FP1, était de l’histoire ancienne. Un simple réveil musculaire avant la vraie mise à mort.
Arrive la Superpole. Moment de vérité. Évidemment, Razgatlioglu s’offre un premier tour en 1’39″133, détruisant son propre record du matin. Puis, pour être sûr que tout le monde ait bien compris le message, il améliore encore en 1’39″081. Les adversaires ? Témoins impuissants d’une exécution en règle.

Nicolo Bulega, leader du championnat et meilleure chance de la Ducati pour exister dans cette course, réalise un très bon 1’39″326. Sauf que voilà : en dehors de Toprak, personne ne courait dans la même catégorie. Danilo Petrucci, en embuscade, complète la première ligne avec un 1’39″483.
Derrière, Andrea Locatelli est le meilleur des autres en P4, tandis que Sam Lowes et Xavi Vierge ferment la seconde ligne. Le grand perdant de la matinée s’appelle Alex Lowes : un crash, un tour annulé, et une dernière place en Superpole. Une journée de rêve.
Course 1 : la vérification des faits

S’il fallait encore un doute sur la domination de Toprak, la course allait s’en charger. Départ chaotique pour le Turc, qui chute en septième position. Pendant ce temps, Bulega s’installe en patron et semble parti pour réciter son discours de leader du championnat.
Erreur. Razgatlioglu ne fait pas partie de ces pilotes qui paniquent au premier virage. Quatre tours plus tard, le revoilà dans les roues de Bulega, prêt à en découdre. S’ensuit un mano a mano époustouflant : neuf dépassements entre les deux hommes, un duel au couteau digne des plus belles années du WorldSBK.
Tour 19 : dernier assaut de Bulega dans la ligne droite, le Transalpin passe. Tour 20 : Toprak répond immédiatement au virage 3 et referme la porte à double tour. Au final, victoire du Turc pour 0″067. Une boucherie précisément exécutée. L’écart au championnat ? Bulega garde la tête avec 82 points, mais Toprak se replace avec 69. La saison est lancée.
Derrière, Locatelli assure un podium solide en P3, tandis que Petrucci se contente de la quatrième place. Vierge récupère la cinquième place, un bon résultat pour Honda. Van der Mark (P6) sauve les meubles pour BMW après son week-end australien catastrophique.
Les survivants et les naufragés
Andrea Iannone, parti 16e après une pénalité, parvient à arracher la P7. Dominique Aegerter (Yamaha) se classe 8e, tandis qu’Axel Bassani sauve l’honneur de Bimota-Kawasaki avec une P9. Remy Gardner (Yamaha) boucle le top 10.
Iker Lecuona (P11) profite de sa première course depuis son retour de blessure, tandis que Bahattin Sofuoglu (P13) signe la meilleure performance des rookies. Tito Rabat, lui, arrache le dernier point en P15, ce qui est une manière comme une autre de justifier sa présence sur la grille.

Mais la vraie tragédie, c’est la première ligne de la feuille de classement : Alvaro Bautista et Scott Redding, crash ensemble au virage 4, dehors dès le premier tour. Une performance qui fera plaisir à Ducati, qui comptait sur Bautista pour aller chercher des points. Sam Lowes, lui, partait bien, mais a eu la bonne idée de tester la gravité au virage 11. Bilan : une PLS mécanique.
Quant à Alex Lowes, décidément maudit ce week-end, il rejoint son frère en tribune dès le 10e tour après une chute spectaculaire à haute vitesse.
Verdict : Toprak en mode rouleau-compresseur
La morale de l’histoire ? Razgatlioglu est venu, il a vu, il a détruit. La BMW est peut-être encore perfectible, mais le Turc prouve que c’est bien le pilote qui fait la différence. Bulega, lui, commence à comprendre que le WorldSBK n’est pas le Supersport : le leadership ne se garde pas à coups de statistiques.
Portimão a rendu son verdict : le champion en titre est toujours le patron. Et ce n’est que le début. Reste la course Superpole et la course 2 demain.
| Intitulé | Durée | Local | Europe | Réunion | Vietnam |
| Dimanche 30 Mars | |||||
| Warmup | 10′ | 09h00 | 10h00 | 12h00 | 15h00 |
| Superpole race | 10 tours | 11h00 | 12h00 | 14h00 | 17h00 |
| Course 2 | 20 tours | 14h00 | 15h00 | 17h00 | 19h00 |