vendredi, octobre 16, 2026
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RBR porte réclamation, Mercedes rigole…

George Russell a remporté le Grand Prix du Canada 2025 avec la fraîcheur d’un type qui sort d’un brunch au Ritz. Max Verstappen est arrivé deuxième, visiblement plus occupé à jouer au professeur de morale qu’à conduire. Quant à Red Bull, vexée comme un ado recalé au bac, l’équipe autrichienne a choisi de déposer une réclamation post-course pour contester la victoire de Russell, sur la base d’un événement digne d’un feuilleton Netflix : un lever de pied sous voiture de sécurité.

L’art de pleurnicher, by Red Bull

L’objet du scandale ? Un moment sous Safety Car en fin de course, déclenchée après l’auto-sabordage de McLaren, où Norris et Piastri ont rejoué une scène de Fast & Furious : divorce entre potes. Sur la ligne droite entre les virages 12 et 13, Russell aurait freiné un peu trop. Verstappen, collé à l’arrière, aurait alors involontairement dépassé la Mercedes avant de rendre sa place.

Et là, tout part en vrille. Russell dégaine sa radio pour signaler que le Néerlandais l’a dépassé sous Safety Car. Verstappen, choqué, indigné, accuse Russell de freiner “de façon erratique”. Et Red Bull, en pleine crise de nerfs, saisit l’occasion de transformer cet échange de courtoisies radio en procès d’intention : ils protestent officiellement auprès des commissaires.

Les chefs d’accusation ?

  1. Conduite erratique : Russell aurait “freiné inutilement”, provoquant l’erreur de Verstappen.
  2. Comportement antisportif : il aurait utilisé sa radio comme une arme psychologique pour faire sanctionner Maxou.

On vous le confirme : on n’est pas loin du sketch judiciaire, ou d’un spin-off raté de Suits.

Russell, roi du freinage diplomatique

Heureusement pour la cohérence du sport, les commissaires n’ont pas eu besoin d’une thèse en analyse comportementale pour trancher. Russell a simplement expliqué qu’il faisait ce que TOUS les pilotes font sous Safety Car : freiner et accélérer de manière irrégulière pour garder de la température dans les pneus et les freins. Une pratique aussi vieille que la F1 elle-même, et d’ailleurs tolérée — voire attendue — par la FIA.

Mercedes, sans trembler, ajoute que son pilote a agi pour maintenir un écart raisonnable avec la Safety Car (pas question d’arriver à son aileron comme Verstappen dans un buffet de podiums), et que sa déclaration à la radio n’était rien d’autre qu’un fact-checking en direct.

La FIA, lucide pour une fois

Dans un moment rare de clarté bureaucratique, la FIA – par la voix de Tim Malyon – a calmé tout le monde : non, Russell n’a pas freiné de façon déraisonnable, et non, signaler une potentielle infraction à la radio n’est pas un crime de lèse-majesté. Résultat : réclamation rejetée. Retour à l’envoyeur. On peut toutefois trouver cette action, certes réglementaire, mais sportivement discutable !

Quant à Verstappen, il devra se contenter d’une deuxième place, d’un soupçon de mauvaise foi en prime, et d’un moral visiblement affecté par l’idée de ne pas avoir gagné alors que Lando et Oscar lui avaient déroulé le tapis rouge en s’auto-éliminant.

Et Red Bull dans tout ça ?

Le plus savoureux dans cette histoire, c’est l’échec cinglant de Red Bull à vouloir réécrire la fin d’un GP par la voie administrative. Visiblement désorientés de ne plus survoler le championnat avec 45 secondes d’avance et deux moteurs en sous-régime, ils ont tenté le coup du recours désespéré.

Mais quand on en est réduit à accuser un concurrent de freiner un poil trop sous voiture de sécurité, c’est qu’on a peut-être épuisé toutes ses autres cartes. L’ère de l’hégémonie rouge et bleue semble bien entamée, et la panique dans les bureaux de Milton Keynes commence à sentir la sueur froide.

Conclusion : Red Bull proteste, mais Mercedes reste impassible

Russell, qui n’en demandait pas tant, conserve donc une victoire parfaitement légitime. Et si l’on en croit sa déclaration d’après-course — un mélange d’ironie anglaise et de satisfaction contenue —, il aurait bien aimé que la réclamation aille jusqu’au bout, juste pour en rire.

Mercedes, de son côté, peut savourer cette petite vengeance douce sur Red Bull. Non seulement ils gagnent en piste, mais ils gagnent aussi au tribunal. Pendant ce temps, chez McLaren, on recolle les morceaux de carbone de Norris et Piastri, et chez Red Bull, on rouvre les vieux classeurs “stratégies désespérées”.

Moralité : quand on n’a plus la voiture pour dominer, on en vient à pinailler sur des freinages (discutables). Red Bull ferait peut-être mieux de bosser sur ses réglages plutôt que de jouer les juristes frustrés. Le monde de la F1 n’a jamais été tendre avec les empereurs déchus — et Russell, lui, savoure déjà sa montée (provisoire) en puissance.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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