samedi, octobre 17, 2026
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Record de Rally2 !

Le Rallye de Petite Île, c’est dans une semaine, et déjà, on a l’impression d’assister à un défilé de mode pour voitures de rallye haut de gamme…sur la liste des engagés à paraitre ce jour. Douze Rally2 au départ ! Oui, vous avez bien lu : 12 bagnoles taillées pour la gagne sur un plateau d’environ 70 engagés. Faites le calcul – ou plutôt, laissez-moi le faire pour vous, bande de flemmards : ça représente 17 % du contingent. Dix-sept pour cent de machines qui coûtent un rein (voire deux, si vous négociez mal) dans un rallye qui, soyons honnêtes, n’a jamais prétendu être le Monte-Carlo. Bravo, on a touché le jackpot !

Commençons par les Škoda Fabia Rally2, qui semblent se reproduire plus vite que des lapins sous amphétamines. Quatre unités au départ : Giani Barret, Farouk Moullan, Olivier Boyer et Joël Boyer dont deux nouvelles (Farouk Moullan, Joël Boyer)qui viennent rejoindre la fête. On frôle l’invasion. À ce rythme, ils vont bientôt exiger un quota officiel et un stand dédié pour leurs pièces détachées hors de prix. En face, les Citroën C3 Rally2 ne se laissent pas faire avec quatre représentants elles aussi : Damien Dorseuil, Sébastien Lafuteur, Shayan Ramdenee et Morgane Partal. Là encore, deux nouveaux châssis pour 2025 (Ramdenee/Partal), histoire de montrer que chez Citroën, on ne plaisante pas avec la surenchère. On imagine déjà les pilotes se toiser dans le paddock…

Et puis il y a les autres, ceux qui refusent de se plier à la dictature franco-tchèque. Deux Volkswagen Polo Rally2, pilotées par Thierry Law Long et Meddy Gerville, semblent bien décidées à jouer les trouble-fêtes. Pendant ce temps, Olivier Bardeur, champion en titre, reste fidèle à sa Ford Fiesta MKII, malgré ses souhaits d’inter-saison de passer à la Toyota Yaris Rally2. Quant à Gregory Portet, il engage sa Fiesta MKI sous son nom, histoire de rappeler qu’il y a encore des nostalgiques dans ce monde de surconsommation mécanique. Douze Rally2, donc, pour un rallye qui risque de ressembler à une foire aux bolides où les spectateurs compteront plus de logos de sponsors que de virages.

Dupuy/Omarjee Porsche GT3 TARR24 credit Paul Turpin Photographie

Mais attention, ces seigneurs de la Rally2 ne seront pas seuls à se disputer les honneurs. Parce que oui, dans cette partouze à 12, il y a aussi les autres catégories qui refusent de plier. Prenez Maxime Dupuy et sa Porsche, par exemple. Une Porsche dans un rallye chasse gardée de rally2, c’est un peu comme apporter un bazooka à un concours de fléchettes : ça impressionne, mais ça ne garantit pas la victoire. Et puis il y a Mannix Hoareau, qui joue à domicile avec sa Subaru A8. À Petite Île, il connaît chaque bosse, chaque nid-de-poule, chaque spectateur un peu trop éméché qui traverse sans regarder. Quand Mannix Hoareau passe, les cannes le saluent. Ces deux-là pourraient bien venir chatouiller les ego des pilotes de Rally2, et on ne va pas s’en plaindre.

Avec une telle meute – et encore, selon les rumeurs distillées par Ernestine, d’autres unités pourraient débarquer en cours de saison –, le championnat 2025 s’annonce comme une boucherie. Le podium ? Un mirage. Le top 8 ? Une guerre ouverte. Intégrer le top 10 à chaque épreuve ? Un exploit digne d’un numéro d’équilibriste sur un fil barbelé. Conséquemment la victoire sera réellement un véritable plus sur un CV. Parce que soyons sérieux deux minutes : avec 12 Rally2 alignées dès le départ, plus les trouble-fêtes en Porsche et Subaru, les places d’honneur vont coûter plus cher qu’un plein d’essence. Les pilotes ne disposant pas des mêmes armes peuvent déjà commencer à rédiger leurs excuses : « Désolé coach, j’ai fait ce que j’ai pu, mais devant, c’était un défilé de Rally2. »

Alors, qu’est-ce qu’on en pense, de ce Rallye de Petite Île version luxe ? D’un côté, c’est impressionnant. Voir autant de machines de pointe sur une île où les routes sont parfois plus adaptées aux charrettes qu’aux bolides, ça force le respect. Mais d’un autre, ça peut paraitre too much aux non résidents ou aux bobo-pastèques (bien souvent les mêmes d’ailleurs). Douze Rally2 pour 70 engagés, c’est comme organiser un banquet gastronomique dans une cantine scolaire : ça en jette, mais ça sent l’excès. Et pendant ce temps, les petits poucets du rallye, ceux qui triment avec des voitures d’un autre âge et un budget rikiki, doivent se demander s’ils n’ont pas atterri dans un épisode de Top Gear par erreur.

Bref, le Rallye de Petite Île s’annonce explosif. Entre les Škoda qui se clonent, les Citroën qui jouent les divas, les Ford qui résistent, les VW revanchardes et les outsiders qui veulent leur part du gâteau, on risque de passer plus de temps à s’y retrouver qu’à admirer les chronos. Une chose est sûre : le top 10 va être un champ de bataille, et les spectateurs, eux, auront de quoi se rincer l’œil. À vos paris, m’ssieurs-dames, et que le meilleur gagne !

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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