Spa-Francorchamps ! Rien que le nom sent l’huile chaude, la pluie traîtresse, et les rêves carbonisés dans les bacs à gravier de Blanchimont ou en haut du Raidillon. Et ce week-end, le championnat du monde de Formule 1 revient s’encanailler dans les Ardennes belges pour attaquer la seconde moitié d’une saison 2025 plus instable que la météo locale. Et c’est dire.
Ce tracé, chéri des puristes et redouté des ingénieurs à cheveux gris, n’a rien perdu de son âme malgré les décennies de rabotage sécuritaire. Eau Rouge est toujours là, aussi verticale que fatale. Pouhon vous broie les vertèbres si vous avez le malheur d’hésiter. La pluie… à Spa, elle ne tombe pas, elle surgit, souvent dans un seul virage, pendant que le reste du circuit vous donne de faux espoirs en plein soleil. Un piège permanent. Comme une appli’ de rencontre, mais en plus humide.
Red Bull sans Horner : l’aile cassée du taureau

La vraie grosse secousse de ce GP ne vient pourtant pas des nuages belges mais bien de l’épicentre sismique de Milton Keynes. Christian Horner, le papounet autoritaire de Red Bull depuis deux décennies, a été remercié sans fleurs ni conférence de presse, trois jours seulement après Silverstone. Remplacé par Laurent Mekies, transfuge des Racing Bulls (feu AlphaTauri pour les nostalgiques), dont la mission est simple : éteindre l’incendie avec un seau percé.
L’équipe, autrefois impériale, est désormais quatrième au championnat constructeurs. Oui, quatrième, derrière Ferrari, Mercedes et McLaren. À ce rythme, ils seront bientôt talonnés par… Sauber qui vient de sortir d’une léthargie de treize ans pour coller un Hülkenberg sur le podium. Le monde à l’envers, comme souvent en F1.
Max Verstappen, quant à lui, continue de sourire jaune tout en traînant ses rumeurs de transfert chez Mercedes comme un boulet en carbone tressé. Stress apparent effacé lors de son incursion au mythique Tomorrowland le week end passé. Les fans, plus investigateurs que le FBI, suivent les jets privés et les yachts de Toto Wolff et Max jusque dans les criques sardes. Si une table de restaurant à Porto Cervo a été réservée pour deux, vous pouvez être sûr que la Maxosphère le sait déjà. Le feuilleton est lancé. Et ce week-end, il y aura autant de caméras pointées sur la Red Bull que sur les paddocks de Toto, guettant le moindre regard appuyé.
Ferrari monte en température…un peu.

Du côté de Maranello, l’heure est à l’optimisme prudent. Oui, toujours pas de victoire en 2025, mais ça grapille. Trois podiums sur les cinq dernières courses, des suspensions revues, une voiture qui arrête (parfois) de se battre avec ses pilotes… La SF-25 n’est pas encore une bête de course, mais elle commence à ressembler à autre chose qu’un aspirateur rouge à plus de 300 km/h. Celà dit, le pack actuel de Ferrari laisse dubitatif en vue de Spa. Et en cas de pluie, l’équation se compléxifie encore davantage…
Le filming day à Mugello ? Officiellement pour la promo. Officieusement pour tester sans trop en dire. Résultat ? Si Spa leur réussit, ils pourraient bien s’incruster dans la discussion pour une victoire surprise. Sinon ? Retour à la case simul’ chez Charles et psy pour Lewis.
Sauber : les zombies ont bougé. Et ils tapent !

Oui, on en parle encore, et non ce n’est pas un rêve : Hülkenberg a eu son podium. Il a même eu droit à une fête chez Sauber. Une VRAIE fête. Avec champagne, banderoles et probablement une playlist douteuse. Treize ans sans podium, c’est long, même pour une équipe suisse. Depuis, ils ont marqué 35 points en quatre courses, ce qui les met au niveau de Mercedes. Vous voyez le genre.
Mais attention : Spa est un tueur d’élans. Une mauvaise qualif’, une averse surprise au mauvais moment, un freinage raté aux Combes… et c’est retour à la réalité glacée. La F1 n’a pas de pitié pour les feel-good stories.
Le Sprint du chaos : deuxième édition

Et parce qu’un circuit instable ne suffisait pas, Spa s’offre aussi un Sprint. Rappel : le dernier, c’était pluie le samedi, sec le dimanche. Autant dire que tout le monde avait les pneus d’humeur et les nerfs à vif. Ce week-end ? Même recette probable. Et dans ce contexte, les rookies vont adorer.Pour les briscards et les singés, casse-tête supplémentaire. Un GP avec Sprint signifie moins d’essais et une entrée dans le bain réel des points plus rapides !
On pense ici à Oliver Bearman, Logan Sargeant, et même Oscar Piastri qui, malgré son talent, n’a pas encore totalement dompté la bête belge. Entre la gestion du parc fermé, la météo, le Sprint et le Grand Prix, les stratèges ont de quoi perdre leurs cheveux. Encore.
Et si c’était Russell ou Norris ?

À Spa, les outsiders deviennent parfois des rois. George Russell et Lando Norris le savent. Mercedes revient lentement dans le match, et Russell commence à lever la main. Norris, lui, veut sa revanche après un début de saison plein de “presque”. Le britannique des papaye est en forme et sur une très bonne dynamique. Ce tracé peut récompenser l’audace et punir l’arrogance. Et ni l’un ni l’autre n’a l’intention de lever le pied. Attendez-vous à du sport.
Tout peut, tout VA arriver, surtout le pire !
Spa, c’est le genre de Grand Prix où les prévisions sont bonnes uniquement pour allumer le barbecue. La météo ? Une roulette russe. La hiérarchie ? Écrite au crayon d’une main, la gomme dans l’autre. L’ambiance ? Électrique.
Alors, pour ce Grand Prix de Belgique, attendez-vous à tout. Une Red Bull au tapis, une Ferrari triomphante, un Sauber à nouveau sur le podium, ou un drapeau rouge sorti pour une vache égarée dans la ligne droite de Kemmel. Rien n’est impossible à Spa. Surtout le chaos.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Vendredi 25 Juillet | ||||
| FP1 | 60′ | 12h30 | 14h30 | 17h30 |
| Quali Sprint | 45′ | 16h30 | 18h30 | 21h30 |
| Samedi 26 Juillet | ||||
| Sprint Race | 15 tours | 12h00 | 14h00 | 17h00 |
| Qualifs | 60′ | 16h00 | 18h00 | 21h00 |
| Dimanche 27 Juillet | ||||
| Course | 44 tours | 15h00 | 17h00 | 20h00 |