Il y a des circuits qui suscitent la passion. Et puis, il y a Brno. Ce serpent de 5,4 km niché dans les collines tchèques, avec ses 14 virages (huit à droite, six à gauche, pour les compteurs obsessionnels), son dénivelé façon montagnes russes et sa capacité inouïe à mettre les nerfs des pilotes en charpie avant même la première séance libre. Après cinq ans d’absence, MotoGP y revient enfin en 2025. Comme un ex toxique qu’on sait dangereux, mais dont on ne peut s’empêcher de relancer les messages.

Car Brno, c’est du classique, du pur, de l’authentique, mais aussi du diabolique. Les anciens parlent avec des trémolos dans la voix de Valentino Rossi, roi des lieux avec ses cinq victoires. D’autres évoquent Marquez, dont le tour de qualif mythique de 2019, sur slicks sous la pluie, est désormais étudié dans les séminaires d’exorcisme. Pourtant, derrière cette façade historique, Brno est tout sauf un musée : c’est un test de courage en 14 étapes, sans ligne droite pour souffler, et avec suffisamment de pièges pour faire pleurer un régiment de mécaniciens.
Le retour des gladiateurs… ou des recalés de l’infirmerie ?

Cette année, c’est le retour de Jorge Martin en piste avec le #1. Après une convalescence façon « moto-gymnastique » sur la RS-GP25, le champion en titre revient encore une fois en espérant que cette fois, son os fémoral et la gravité terrestre aient signé une trêve. Ses fans retiennent leur souffle ; son équipe, elle, garde les pansements à portée de main.

Et pendant ce temps, Marc Marquez continue son hold-up sur le championnat. Le #93 plane littéralement au classement et pourrait bien envoyer ses adversaires en pause estivale avec un petit message signé “Marquez Industries™ : domination en cours”. Alex Marquez, de son côté, roule sur une jambe, deux vertèbres et un peu de miracle, mais continue d’étonner.
Brno : terrain de jeu pour crash-tests en direct

Le tracé, lui, n’a pas changé : large, vallonné, sans jamais vous laisser respirer. Un enchaînement de sections techniques et de courbes rapides où le simple fait de ne pas sortir en highside est déjà une performance. L’endroit ne pardonne rien : ni les erreurs de pilotage, ni les motos capricieuses, ni les genoux fragiles. C’est un circuit de rythme, de trajectoire, et de douleur maîtrisée.
Bezzecchi, Quartararo, Di Giannantonio, Zarco : tous veulent y briller. Tous ont le potentiel. Et tous ont prouvé, récemment, qu’ils sont aussi capables de se vautrer en beauté. Chez Yamaha, Quartararo continue de faire illusion en qualif avant de fondre comme un Magnum au soleil. Zarco, lui, reste le seul pilote capable d’électriser tout un week-end… avant de l’exploser en mille morceaux dans le bac à gravier le dimanche.
Binder et les souvenirs qui font mal

Brad Binder revient là où tout a commencé pour lui : Brno 2020, victoire mythique, rookie en feu, KTM en transe. Depuis ? Un long tunnel de frustration, de machines caractérielles et de coéquipiers disparus. Mais s’il y a bien un endroit où Binder peut se relancer, c’est ici. À condition de ne pas confondre souvenir glorieux et surpilotage suicidaire.
Le bal des éclopés
Et que serait un retour à Brno sans une infirmerie pleine comme un buffet d’hôtel ? Viñales, Bastianini, Morbidelli, Chantra… tous forfaits, tous remplacés (ou pas), et tous candidats au titre de « pilote de papier mâché de l’année ». Mention spéciale à Enea Bastianini, victime d’une attaque sournoise de son appendice. On a connu des DNF plus glorieux.
Pol Espargaro fait donc son grand retour en remplaçant Viñales chez KTM, et Augusto Fernandez ajoute une cinquième Yamaha sur la grille. Comme si en rajouter une améliorait la situation.
Qui pour dominer la Marmite Tchèque ?

La vraie question est là : qui va réussir à dompter le monstre Brno cette année ? Marquez semble favori sur le papier. Mais Bagnaia est en embuscade. Bezzecchi a la vitesse, Quartararo a l’orgueil, Di Giannantonio a… un casque bien peint. Et derrière eux, toute une meute de jeunes loups (Acosta, Aldeguer, Fernandez) rêve de transformer leur première fois à Brno en uppercut géant.
On guettera aussi les surprises du samedi, où la pluie pourrait bien s’inviter, comme toujours à Brno, histoire de transformer les qualifications en loterie déguisée. Parce que rien n’est jamais simple ici. Et surtout pas gagner.
En résumé : Brno, c’est pas pour les touristes

Brno, c’est un monument. Pas un de ceux qu’on visite en claquettes. Un circuit qui transpire l’histoire, mais qui, comme un vieux prof sadique, continue de coller des baffes à ceux qui le sous-estiment. Ce n’est pas le plus rapide. Ce n’est pas le plus moderne. Mais c’est un des plus impitoyables.
Alors oui, on est de retour. Et non, ce ne sera pas tendre. Car Brno ne se court pas. Il se combat. Et à la fin ? Il se peut que ce soit encore Marquez qui mette tout le monde échec … et mat.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Vendredi 18 Juillet | ||||
| FP1 | 45′ | 10h45 | 12h45 | 15h45 |
| FP | 60′ | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| Samedi 19 Juillet | ||||
| FP2 | 30′ | 10h10 | 12h10 | 15h10 |
| Qualifs | 40′ | 10h50 | 12h50 | 15h50 |
| Sprint | 10 tours | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| Dimanche 20 Juillet | ||||
| Warm up | 10′ | 09h40 | 11h40 | 14h40 |
| Course | 21 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |